HISTOIPiE GÉNÉRALE DE PARIS
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LES
ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES
DE PARIS
ÉGLISES, MONASTÈRES, COLLÈGES, ETC.
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ALFRED FRANKLî^
D E L A K I B L 10 T II È Q II E M A Z A li I N E
TOME DEUXIÈME
PARIS
IMPRIMERIE IMPÉRIALE
M DCr,C LXX
HISTOIRE GÉNÉRALE DE PARIS
COLLECTION DE DOCUMENTS
FONDÉE
AVEC L'APPROBATION DE L'EMPEREUR PAR M. LE liARON HAUSSMANN, SENATEUR
PRÉFET DE LA SEL\E
ET PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES DU CONSEIL MUNICIPAL
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES
DES
ÉGLISES, MONASTÈRES, COLLÈGES, ETC.
HISTOIHK GÉNÉRALE DE PARIS
LES
ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES
DE PARIS
ÉGLISES, MONASTÈRES, COLLÈGES, ETC.
PAR
ALFUED FRANKLIN
DE LA BIBLIOTHÈQUE M A Z A B I ÎV E
TOME DEUXIÈME
PARIS
IMPRIMERIE IMPÉRIALE
M DCCC LXX
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SOMMAIRES.
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in 2013
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SOMMAIHKS.
CARMES DE LA l'LACE iMAUHEirr. — Ori^ri,,,. ,|,. l'ordie: son inslallation à Paris.
— Commencements de la bibliolhèf|ue; lej^s de Michel du Bec. — Bienfaiteurs divers : Mathieu de Paris, Nicohis de Saint-Marcel, Jean Goulen, Jean de Vernon. — Laurent Bureau. — La famille Corrozet. — Collection du baron de Boves. — Décadence de la bibliothèque. — Jean Cuiville. — Jean Trucbet. — Beproches adressés aux (iarmes.
— Etat de la bibliothèque au moment de la Bévolution. — Estampilles et inscriptions manuscrites sur les volumes qui en^'proviennent i
FACULTÉ DE MÉDECINE. — Enseignement de la médecine à Paris au moyen âge. — Etablissement de l'école dans la rue delaBûcherio. — Commencements delà bibliothèque.
— Inventaire dressé lors de l'élection de cha(jue doyen. — Liste des volumes qui com- posaient la bibliothèque en i3()5. — Règlement de la bil)liothè(pie, — Livres donnés en garantie de sommes prêtées à la Faculté. -- Legs inqjortant fait à la bibliothèque par le doyen Jacques Despars. — Prêt d'un ouvrage à Louis XL — Livres jjrovenant de donations et d'acquisitions. — Vols commis à la bibliothèijue. — Agrandissement des bâtiments de la Faculté. — Etat actuel des anciens bâtiments dans la rue de l'Hôlel- Colbert. — Offre de Bonnet-Bourdelot à la Faculté. — Picoté de Belestre, fondaleui- de la bibliothèque actuelle. — Don fait à la bibliothèque par la veuve d'Amclot de Beaulieu, et augmenté par des legs de Philippe Hecquet et de H. -T. Baron. — Rédac- tion d'un catalogue. — Ouverture de la bibliothè(|ue au public. — La Faculté fait rechercher les ouvrages qui composaient l'ancienne bibliothèque; énuméralion de ces ouvrages. — Dispositions des statuts relatives à la bibliothèque. — Nomination de (ilaude Bourru connue bibliothécaire. — Installation de la Faculté dans les bâtiments de la rue Saint-Jean-de-Bcauvais, puis dans le local qu'elle occupe aujourd'hui. — Liste des bibliothécaires, de lyM) à la Bévolution. — Commentaires de la Faculté. — Thèses de diverses catégories soutenues devant la Faculté. — Comptes des recettes et des dépenses. — Manuscrit de Pajon. — Manuscrit de Bertrand. — Synopsis anonyme.
— Insignes et estampilles de la Faculté. — Préface du catalogue dressé par Claude Bourru i o
COLLÈGE DE TOUBS. — Sa fondation. — Sa bibliothèque 67
nn LES ANCIENNES BIBLIOTIIEQUES DE PAHIS.
(iOLLKGK D'AUTUN. — Son origine. — Pierre Berlrancl. — Dispositions relatives à la l)il)lio(liè(iue (le l'établissement. — Legs de Pierre du Colondiior et du président Ou- (lard (le Moulins. — Liste des ouvrages dont se composait la bibliothèque en lAGs. — Quittances constatant des acquisitions de livres faites par la bibliothèque. — Anéan- tissement presque complet de la bibliothèque par suite de vols: |)ièce de vers latins écrite à ce sujet par Pierre de Montchal fi<)
COLLÉGIi DE CHANAC OU DE SAINT-MICHEL. — Sa fondation. — Origine de sa bibliothèque. — Inscription placée sur les livres H y
(;KLESTI\S. — Introduction de leur ordre en France. — Charles V fondateur de leur église à Paris. — Don de livres précieux par Louis d'Orléans. — Libéralités de Phi- lippe de Maizières. — Autres bienfaiteurs. — Règlement de la bibliothèque. — Nou- veaux dons. — La bibliothèque s'enrichit de la confiscation des livres hétérodoxes. — Testament de Charles de Hénaul en faveur de la bibliolhècpie. — Ouvrages rares que renfermait cette collection. — Son catalogue. — Estampilles et inscriptions manuscrites sur les livres. — Vente de la majeure partie de la bibliothèque 8()
(iOLLEtiE DE JUSTICE. — Son origine. — Disposition des statuts relative à la biblio- lliè(pi('. — Libéralités du pn^sident Lizet, — Énumération des principaux ouvrages compris dans l'inventaire de la bibliothèque loi
(COLLEGE DE BOISSY. — Son orignne. — Condition de sa fondation. — Gervais Le- noir, son principal. — Sa bibliothèque io5
niBLIOTHÈQUE DU ROI. — Pépin le Bref et Charlemagne. — Bibliothèques d'Aix-la- Cliapelle, du monastère de Saint-Gall et de l'île Barbe. — Louis le Débonnaire et (iharles le Chauve. — Bible de ce dernier prince. — Louis IX et ses premiers suc- cesseurs. — Jean II, protecteur des lettres; ses livres. — Agrandissement de celle collection sous Charles V. — Traductions exécutées par l'ordre de ce prince. — Ins- lallalion de la bibliothèque au château du Louvre. — Gilles Malet, bibliothécaire.
— Eloge (pie Christine de Pisan fait de la bibliothèque. — Inventaire dressé par (iilles Malet. — Uécolement de cet inventaire après la mort de Charles V. — La l)djliolhè(|ue s'enrichit de livres appartenant aux Juifs. — Antoine des Essarts succède à Gilles Malet comme bibliothécaire. — Garnier de Saint-Yon et Jean Maulin. — La ivliiirc sous Charles V. — Le duc de Bedford s'empare de la bibliothècjue. — Rétablis- sement de cette collection par Louis XI. — Charles VIII. — Charles d'Orléans et le comte d'Angoulème. — Translation de la bibliothèque à Blois. — Acquisition de la collection de Louis de Bruges. — Essor que prend la bibliothèque sous le règne de François P'. — Adam Laigre. — Guillaïune Budé. — Manuscrits grecs recherchés en Orient. — Obstacles que rencontre Pierre Gilles dans cette mission. l>ierre Duchâtel.
— Translation .h' la bibliothèque ù Fontainebleau. — Lefèvre d'Étaples, Jean de La Banv cl Melliii de Saiut-Gelais. — Inventaire rédigé à l'occasion du transport de la
SOMMAIRES. IX
bibliothèque. — Majjnificence de la nouvelle collection. — Modifications apportées à la reliure au temps de François \" et de Henri II; blasons sur les plats. — Pierre de Mon- doré et Gosselin. — La reliure sous François II. — Translation de la bibliothèque à Paris sous Charles IX. — Jacques Arnyol, maître de la librairie. — La reliure sous Charles IX et Henri III. — Dangers que court la bibliothèque {)endant la Ligue. — Guil- laume Rose, Pigenat, le président de Neuilly, le président Brisson, Jacques- Auguste de Xhou. — Translation dans la rue Saint-Jacques. — Manuscrits de Catherine de Mé- (licis. — Nouvelle translation. — Ornements des livres sous Henri IV. — Casaubon.
— Projet de Louis XIII. — Abel de Sainte-Marthe. — Manuscrits de Philippe Hurault.
— La bibliothèque est transférée dans la rue de la Har[)e. — Jérôme Bignon. — Cata- logue sous Louis XHl. — Mouvement dans le personnel au commencement du règne de Louis XIV. — Bibliothèque de Bélhune offerte au roi. — Carcavi. — Translation dans la rue Vivienne. — Cabinet des médailles. — Cabinet des estampes. — La bibliothèque sous Colbert. — Acquisitions importantes. — Piecherche de documents en France et à l'étranger en vue de la bibliothèque. — La reliure sous Colbert. — La reliure pendant la régence d'Anne d'Autriche. — Estampille des livres. — Acquisition de manuscrits.
— L'abbé de Louvois. — Nouvelles acquisitions. — Nicolas Clément; catalogues de 1688.
— Manuscrits dérobés par J. Aymont. — L'abbé Bignon. — Manuscrits de Baluze. — Installation de la bibliothèque à l'hôtel de Nevers. — Manuscrits du président de Mesme.
— Médaille frappée en l'honneur de Louis XV. — Collection de Colbert. — Armand- Jérôme Bignon. — Ouverture de la bibliothèque au public. — Collections du maréchal d'Uxelles et du médecin Falconet. — Ouvrages provenant des bibliothèques des Jésuites.
— Changement dans l'organisation de la bibliothèque à l'époque de la Révolution. — Liste du personnel depuis le règne de Charles V. — Notice contenant un résumé de l'histoire de la bibliothèque lo-j
COLLEGE DE LA MARCHE. — Sa fondation. — Legs de Beuvin de Winville en faveur de cet établissement. — Inventaire de ses biens. — - Legs de Nicolas Warin. — Marque d'un des volumes de la bibliothèque 9 1 g
COLLEGE DE MAÎTRE GERVAIS. — Son origine. — Charles V le protège et lui donne des livres. — Bulle d'Urbain V en faveur de l'établissement. — Donation de Robert de la Porte. — Gosselin, principal 226
COLLÈGE DE FORTET. — Testament de Pierre Fortet. — Document relatif à la biblio- thèque de l'établissement. — Liste des ouvrages dont elle se composait à l'origine. — Ouvrages dont elle s'enrichit 229
COLLEGE DE SËEZ. — Grégoire Langlois; inventaire des livres laissés par lui à l'éta- blissement. — Dispositions des statuts relatives à la bibliothèque 233
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — Installation de l'ordre en France. — Sa bibliothèque à Paris. — Donation de Jean Dubois. — Les PP. Athanase de Mégrigny
II. B
X LES AiNClENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
ol Hcliodore. — Richesse de la hi])liolhèque. — Inscriptions sur les volumes. — Extrait (lu cnfalorfue ^35
COLLÈGE DE LOUIS-LE-GRAÎ\D. — Installation des Jésuites en France. — Guillaume Duj,,.;,!. — Bibliothèque à Paris. — Legs de Varade et de Pierre de Saint-André. — Règlement. — Expulsion des Pères et pillage de leur bibliothèque. — Rétablissement de l'ordre et reconstitution de la bibliothèque; legs du cardinal de Joyeuse, de Cra- moisy et de la dame Diez. — Collection de Desportes. — Portrait de Fouquet sur les livres. — Louis XIV protège le collège. — Prospérité de l'établissement. — Achille de Ilarlay. — I^e P. Garnier. — Description de la bibliothèque. — Bibliothécaires. — Nouvelle expulsion de l'ordre et vente de la bibliothèque. — La bibliothèque du nou- veau collège se confond avec celle de l'Université. — Estampilles et marques. — Etat de la vente des livres, médailles et curiosités appartenant au collège 2/i5
COLLÈGE DES GRASSINS. — Sa fondation. — Commencement de sa bibliothèque. — Décadence de cette collection. — Marque des livres 2(37
.MAISON PROFESSE DES JÉSUITES. — Son origine. — Le cardinal de Bourbon. — Etablissement d'une bibliothèque dans la maison. — Daniel Huet, bienfaiteur de la bibliothèfiue; ca: Jibis de sa collection. — Personnel de la bibliothèque. — Elle est vendue aux enchères. — Marques des livres. — Contrat de donation entre Daniel Huet et les Pères de la m;iison aGç)
FEUILLANTS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — Jean de la Barrière. — Installation de l'ordre à Paris. — Commencement de la bibliothèque. — Augmentation de cette ('ollection. — Jacques le Bossu, de Vassan. — Catalogue. — Marques, estampilles et ins(ri|)tions manuscrites. — Installation d'une partie des bureaux de l'Assemblée natio- nale dans les bâtiments du couvent 981
PÉNITENTS DE PICPUS. — Leur origine. — Leur bibliothèque, due à la libéralité du cardinal Duperron. — Dispositions du règlement relatives à la bibliothèque, — Legs du P. J. IlélynI. — Catalogue. — Marques et inscriptions sur les livres 287
FRERES DE LA CHARITE. — Installation de l'ordre à Paris par Marie de Médicis. — Ril)liothè(pie. — Inscriptions manuscrites et marque des livres 298
RÉCOLLETS. — Installation de l'ordre à Paris. — La bibliothèque. — Le P. Jean Da- niascène Lebrel. — Enumération des pièces du mobilier de la bibliothèque. — Forma- lités relatives au prêt des livres. — Principaux ouvrages de la collection. — Inscriptions manuscrites sur les livres 097
AUGI STINS DECHAUSSES. — Leur introduction à Paris par Marguerite de Valois. — Le P. Amet. — (Commencements de la bibliothèque. — Le P. Bonaventure. — Les
SOMMAIRES. XI
PP. Germain el Léonard de Sainle-Catherine. — Le P. Eustache de Sainte-Agnès. — Formalités relatives au prêt des livres. — Description du local de la bibliothèque. — Cabinet d'antiquités. — Description des médailles. — Nombre des volumes. — Faci- lité d'accès. — Inscriptions manuscrites sur les livres 3oi
CARMES DECHAUSSES. — Leur origine et leur installation à Paris. — Leur biblio- thèque. — Devoirs du bibliothécaire. — Catalogue. — Estampilles et inscriptions ma- nuscrites 3 1 1
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — Leur ordre à Paris. — Commencements de leur bibliothèque. — Legs de Bruslé de Montplainchamp, de F. de Bosquet, de Dufour et de Louis Piques. — Description du local de la bibliothèque; curieux tableau qu'elle renfermait, — Cabinet de médailles et d'histoire naturelle. — Bibliothécaires. — Estampilles et inscriptions manuscrites. — Installation d'un club dans le local. 3 1 5
MINIMES DE LA PLACE ROYALE. — Établissement de l'ordre à Paris. — Formation de la bibliothèque. — Cette collection s'enrichit des donations de quelques membres de la communauté. — Legs de Letenneur, de Decombes, du célestin de Goussencourt, de Jean de Launoy et de l'abbé de Montigny. — Nombre des volumes. — Mauvais état du local à l'époque de la Révolution. — Catalogue. — Inscriptions manuscrites et marques 3^3
ORATOIRE. — Origine de la congrégation. — De BéruUe. — Bibliothèque. — Achille de Harlay, bienfaiteur. — Autres donateurs. — Le P. Lelong. — Le P. Desmolets. — Le P. Adry. — Nombre des volumes. — Richesse de la bibliothèque en manuscrits orientaux. — Catalogues. — Inscriptions manuscrites et marques 337
PETITS AUGUSTINS. — Installation de leur ordre à Paris par Marguerite de Valois. — Anne d'Autriche. — Leur bibliothèque. — Legs de Gilbert Mauguin et de Jean Pontas.
— Catalogues. — Visite du Provincial à la maison de Paris. — Nombre des volumes.
— Raretés possédées par la bibliothèque. — Inscriptions manuscrites sur les livres 3A5
CONGRÉGATION DE LA MERCI. — Situation du couvent. — Bibliothèque; devoirs des bibliothécaires. — Inventaire officiel du mobilier de la bibliothèque. — Marques et inscriptions manuscrites 35 1
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-JACQUES. — Fondation de leur maison. — Biblio- thèque. — Extrait de l'inventaire du mobilier 35y
BLANCS-MANTEAUX. — Etablissement de l'ordre des Serfs de la Vierge et son remplace- ment par l'ordre des Guillelmites. — Bibliothèque des Guillelmites. — Bue des Blancs- Manteaux. — Maxence Favre, bienfaiteur de la bibliothèque. — Remplacement des
B .
x„ LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Guillelmites par des Bénédictins de Saint-Maur. — Augmentation de la bibliothèque. — Résistance opposée })ar la communauté à la saisie de la bibliothèque. — Catalogues.
— Inscriptions sur les volumes ^Bg
SÉMINAIRE DE L'ORATOIRE. — Les Frères Pontifes. — Établissement du séminaire. Bibliothèque. — Pierre Delaplanche. — Legs du P. Thomassin. — Autres bien- faiteurs. — Inscriptions sur les volumes , 365
BÉNÉDK^TINS ANGLAIS. — Leur installation à Paris. — Formation de leur biblio- tlj^.quc. — Catalogue. — Inventaires partiels. — Estampille et inscriptions manus- crites
CAPUCINS DU MARAIS. — Le P. Athanase Molé. — Commencements de la biblio- tl],\q,x,i.. — Bienfaiteurs. — Enumération des principaux ouvrages de la bibliothèque.
— Catalogues. — Inscriptions sur les volumes 378
SÉMINAIRE SAINT-FIRMIN. — Son origine. — Dispositions du règlement relatives à la bibliothèque, — Lectures recommandées aux élèves. — Etat de la bibliothèque au moment de la Révolution. — Ex libris et inscriptions manuscrites 877
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE. — Son origine. — Jean-Baptiste Goy. — Les deux bi- bliothèques. — Nombre des volumes de la grande bibliothèque. — Inscriptions manus- crites sur les volumes. — Testament de Jean-Baptiste Goy. — Délibération prise par la Fabrique au sujet du testament de Goy 38 1
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE. — Son institution; son installa- tion à Paris. — Bibliothèque. — Catalogue. — Legs de Jean Miron. — Interprétation des conditions du legs de Jean Miron par ses exécuteurs testamentaires. — Ouverture de la bibliothèque au public. — Frais de l'inauguration. — Legs de Jacques Pinson- nat. — Le P. Baizé, bibliothécaire. — Dépenses d'organisation et d'entretien de la bi- bliothèque. — Catalogue. — Estampille, marque et inscriptions sur les volumes. — Extrait du testament de Jean Miron 3g t
ORIGINE
DES
SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER.
CARMES DE L/V PLACE MAUBERT.
I. Le couvent et ses environs. — Fac-simile hclwgraphique.
Plan de Vassalieu (ifiog) i
II. Inscription extraite d'un volume légué au couvent par Mathieu de Paris. — Bots.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 5i26 .3
m. Note extraite d'un volume relié sur les fonds légués au couvent par Laurent Bureau. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 4o8 /i
IV. Marque birliographique de B. Bernard, iuron de Boves. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, sciences et arts, in-/r, n° 281 ti
V. Inscription collée dans les volumes légués au couvent par I>. Bernard , baron de Boves. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, sciences et arts, in-i", ri° 281 7
VI. Inscription collée dans les volumes légués au couvent par J. Cuiville. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, 11° 34833 8
VII. Première estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 1/160 A 10
VIII. Seconde estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 2079 10
IX. Marque bibliographique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, 11° i46o A 11
FACULTÉ DE MIÎDECINE.
X. La Faculté et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (1739) i3
XI. Fac-similé de la première page des Commentaires. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 18
XII. Lettre de la Faculté au roi Louis XI. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 22
XIII. Marque d'Amelot de Beadlieu. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 5897 B 32
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
\IV. Ex LISRIS MANUSCRIT DE Ph. HeCQDET. BotS.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Philosophie, in-8°, n° 1 728 •«
XV. Estampille de H.-Th. Baron. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Philosophie, in-8°, n" 1 43o -^a
XVI. MÉDAILLE FRAPPÉE LORS DE LOUVERTURE DE L\ BIBLIOTHEQUE EN lyÛG. — BoUI.
Bibliothèque impériale, cabinet des médailles '^^
XVII. Note écrite par Gui Patin en tête du premier volume des CoMME^TAIliEs. — Bots.
Bibliothèque de la Faculté de médecine , manuscrits
WIII. Note écrite par Gui Patin en tête du second volume des Commentaires. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 5o
XIX. Grande estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 6897 B 6°
XX. Petite estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n° 887 60
XXI. El LiBRis de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits 61
XXII. Estampille ovale de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine , imprimés 61
XXIII. Estampille actuelle de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque de la Faculté de médecine 62
COLLEGE DE TOURS.
XXIV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (1714) ^7
COLLEGE D'AUTUN.
XXV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouvin de Bochefort (1690) 69
XXVI. Titre de l'inventaire dressé en lûGa. — Bois.
Archives de TEmpire, série M, carton n" 80 7"
XXVII. Quittance DE 1/167. — Bois.
Archives de TEmpire, série M , carton 11° 80 83
COLLEGE DE CHANAC.
XXVIII. Le collège i;t ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plande B. Jaillot(i7i7) 87
CÉLESTINS.
XXIX. I^E couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Vassalieu (1609) 89
XXX. El LIBRIS MANUSCRIT DE ChARLES V. Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits in-folio, n" TL 4' 90
XXXI. El LIBRIS MANUSCRIT DE PhILIPPE DE MaIZIÈRES. Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits fonds latin, n° 17830 91
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER. w
Pages.
XXXll. El LIBIIIS MANUSCRIT DE ClIARLES DE HÉNALT. Bois.
Bibliothèque Mazariiie, nouveau fonds, Littérature, n° ()7
XXXIII. El LiBnis MAiNUscRiT d'Antoine Becquet. — Dois.
• Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-lx°, n° 3553 yy
XXXIV. Marque birliograpiuque du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles, n° 78/1 99
COLLEGE DE JUSTICE.
X XXV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliogrnpkifjue.
Plan de Jouvin de Rochefort (i6go) 101
COLLEGE DE BOISSY.
XXXVI. Le collège et ses environs. — Fac-simik héliograpitique.
Pian de Lacaille (1 7 1 '1 ) 1 o5
BIBLIOTHÈQUE DU ROI.
XXXVII. La bibliothîîque et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (lySg) 107
XXXVIII. Ex LlBIilS MANUSCRIT DU ROI JeAN. Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n" 67 109
XXXIX. Signature et note autographe de Charles V. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 487 111
XL. Ex LiBnis MANUSCRIT DE Jean Corbechon. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n°3i3 112
XLL Titre du catalogue rédigé en 1873 par Gilles Malet. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 3700 1 li
XLII. Premier feuillet du catalogue rédigé par Gilles Malet. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 3700 1 15
XLIII . Catalogue des livres donnés en 1^109 par le duc de Guyenne. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 9700 121
XLI\ . Titre de l'inventaire dressé en 1610. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français , n° 9700 122
XLV. Reçu donné en i4i 1 par Ant. des Essarts. — Bois.
Bibliothèque impériale , manuscrits, fonds français, n° 2700 128
XLVI. Premier feuillet de l'inventaire dressé en i4i3. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 9/180 laS
XL VII. Reçu donné le 10 janvier i4i5 par Jean Maulin. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 9680 127
XLVIII. Ex LiBBis manuscrit de Jean, comte d'Angoulême. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 687 18a
XLIX. Inscription placée sur les volumes provenant de la bibliothèque de Pavie. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° jSS 182
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
L. Inscription extraite d'un volume provenant de la bibliothèque de Blois. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 970 187
LI. Titre de l'inventaire de la bibliothèque de Blois en i5Mi. — Dois.
Bihiiothècpie impériale, manuscrits, fonds français, n° 566o 1 38
LU. Reliure aux armes de Louis XII et d'Anne de Bretagne. — Planche sur acier gravée par E. Taveriiier.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 11578 iho
LUI. Beliure aux chiffres de Henri II et de Diane de Poitiers. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque Mazarine, Buffets ilit
lilV. Reliure aux armes de François I". — Bois.
Bibliothèque impériale , manuscrits , fonds français , n° 2 2 6 1 161
LV. Reliure au\ armes de Diane de Poitiers. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, manuscrits in-folio, n° TF g8 ilii
LVI. Beliure au chiffre de François II. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 1 186 1 4/i
LVII. F couronnée pris sur un volume relié pour François II. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 1186 i/ii
LVIII. Fleur de lis couronnée prise sur un volume relié pour François II. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 1 1 86 1 /i5
LIX. Deux C entrelacés pris sur un volume relié pour Charles IK. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 868 1/16
LX. Reliure au chiffre de Charles IX. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 780 1^7
LXI. Reliure portant la devise de Charles IX. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal 1/18
LXII. Reliure exécutée pour Henri III. — Planche sur acier gravée par E. Tavernier.
Bibliothèque Mazarine, Buffets 1/19
LXIIl. Beliure au chiffre de Henri III. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds , Jurisprudence , in-8°, n° 56 1/19
LXIV. Beliure au chiffre de Henri IV. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 286 i56
LXV. Inscription frappée sur les volumes reliés pour Henri IV . — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 286 i56
LXVI. H COURONNÉE prise SUR UN VOLUME RELIÉ POUR IIenRI IV. Bois .
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 286 i5G
LXVII. M COURONNÉE PRISE SUR UN VOLUME RELIE POUR MaRIE DE MÉDICIS. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal , manuscrits , in-8°, n° TL 3 1 2 1 58
LXVIII. Reliure aux armes de Marie de Médicis. — Bois.
Bibliothèque de TArsenal, manuscrits, in-8°, n" TL 812 i58
LXIX. Marque bibliographique de Hurault. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 976 169
LXX. Situation de la bibliothèque dans la rue de la Harpe. — Fac-similé héliographique. Plan de J. Goniboust (iGSa)
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER. xvit
Pages.
liXXI. Situation dk i,\ iniiLioTiiiiQiiE dans la rue de la Harpe. — Fdc-simile héliograplwiite.
Plan (le Joiivin de Uoclief'orl ( lOgo) 1 63
LXXII. Reliure aux akjies de Louis XllI. — Bois.
Bibliothèque iMnzarine, imprimés. n° 3oi55 i64
LXXIII. A^CIE^'iyE estampille de la BiULioTiiiiQUE. — Dois.
Bibliothèque impériale, imprimés i65
LXXIV. Autre estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 187/19
LXXV. Marque bibliographique de P. et de J. Dupuv. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° GaiS 167
LXXVI. M0N0GR\MME DE P. ET DE J. DuPUY. Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° (jaiS 167
LXXVII. Marque bibliographique de Pu. de Béthune. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, londs français, n° 'jgoo 170
LXXVIII. Chiffre de I*h. de Béthune. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français , ir 2900 170
LXXIX. Situation de la bibliothèque dans la rue Vivienne. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (1714) 17J
LXXX. Monogramme de Gaston d'Orléans. — Bois,
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 17554 175
LXXXI. Autre monogramme de Gaston d'Orléans. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 17816 175
LXXXII. Monogramme de J.-A. de Thou. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 583 1 E 177
LXXXIII. Marque bibliographique de J.-A. de Thou. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 583i E 177
LXXXIV. Monogramme de Louis XIV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des estampes 182
LXXXV. Plats d'une reliure exécutée pour Louis XIV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des estampes tSû
LXXXVI. Reliure exécutée sous Louis XIV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des estampes i83
LXXXVII. Marque bibliographique d'Anne d'Autriche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 39o88 i84
LXXXVin. Monogramme d'Anne d'Autriche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-V, n" -299* i84
LXXXIX. Estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés i85
XC. Autre estampille de la bibliothèque. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés i85
XCI. Estampille des doubles vendus. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés i85
,„ LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
MaBQI E BIBLIOGRAI'IIIQI E DE Cil. DE MoMCIlAL. BoiS.
Bibliothèque Mazaiine , doubles 187
XCIIl. SlUNATlRE u'Em. Bk.OT. Boïs.
BiblioUièque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n" Ai^8 188
\CIV. MmIOI E BIllMOCiHAl'IlIQLE DE L.-E. BlGOT. Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Théologie, in-4°, n" 89 188
XCV. MaBOLE BinLIOGRAPHIQlE DE BiGNOX. Bois.
Bibliothèque Je l'Arsenal, in-A", n" 17809 H i9'J
XCV 1. MONOGBAMME DE BlG.\0\. Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal, in-4', n° 17809 H 19-2
XCVII. Signature d'Etienne Baluze. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n" 19/1 193
XCVIII. Plan de i-a BiBLiOTiiiiQUE en 175/1. — Planche sur acier gravée par E. Tavernicr.
Blondel, Arclùleclure française , t. III, |). 80 195
XCIX. MaRQI E BlBMOGRAPHIQrE DE DE MeSME. Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles ... 1 96
C. Croissants entrelacés qui figurent sur les reliures provenant de de Mesme. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 196
CL Monogramme de de Mesme. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 197
CIL Médaille frappée en l'honneur de Louis XV. — Bois.
Bibliothèque impériale, cabinet des médailles 197
cm. Petite marque bibliographique de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-4°, n" 36--2 198
CIV. Monogramme de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-4°, n" 36-? 198
CV. Grande maiique bibliographique de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 5ooo A 199
CVI. Autre monogramme de Colbert. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 5o3o A 900
CVII. Ex i.iBnis MANUSCRIT DE C. Falconet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-8°. n° 1/483 9o3
CVIII. LSTVMPILLE DE LA BIBLIOTnliQUE. Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés 208
CIX. Marque monogrammatique. — Bois.
Bibliothèque impériale, imprimés .209
COLLEGE DE LA MARCHE.
C\. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Tiirgol (1739) .^jf^
CXI. Début de l'inventaire des biens de Beuvin de Winville. — Bois.
Archives (le l'Empire, série M, carton n" 171 220
OlUGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR RO[S ET SUR ACIER. mx
P„,;es.
CXII. Titre de l inventaire des riens de IJeuvin de Winville. — Bois.
Archives de l'Empire, série M, carton n° 171 •2-21
CXni. Première partie de la marque du collège. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, 11° 050 -a-aA
TAIV. Seconde partie de la marque du collège. — Bois.
Hibliolhèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n" 050 2^4
COLLEGE DE MAITRE GEKVAIS.
(',\V. liE COLLEGE ET SES ENVIRONS. — lùic-simik hcliographiquc .
Flan de Ducerceau ( 1 5 0 0 ) 22 5
COLLEGE DE FOUTET.
CX\ I. Le collège et ses environs. — Fuc-simile héliographique.
Plan dit de Tapisserie (i5/io) 229
CXVII. Titre de l'inventaire des livres de Pierre Fortet. — Bois.
Bibliothèque impériale, manuscrits, fonds français, n° 863o 280
COLLEGE DE SEEZ.
CXVIII. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliograpliique.
Plan de Lacaille (1714) 233
CAPUCINS DE LA RUE SAINT-HONORE.
CXIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille. (171/1) 235
CXX. Marque bidliographique du codvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine 939
COLLEGE LOUIS-LE-GRAXD.
CXXL Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Bullet et Blondel (1O7G) 2^5
CXXII. Inscription placée dans les volumes légués au collège par la mère de Fr. Diez. — Bois.
Bibliothèque Mazarine , doubles , n° 1 3 i 0 2 5 1
CXXIH. Signature latine de Desportes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables , n° 2o5i 281
CXXIV. Signature française de Desportes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, incunables, n° 2o54. 25 1
CXXV. Monogramme de Desportes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n° 1575 261
CXXVi. .Marque bibliographique de F. Fouquet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 6453 253
CXXVIL Aotre marque de F. Fouquet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-4", n" 2670 254
CXXVIIL Marque bibliographique d'A. de Harlav. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 2 55
V, LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
CXXIX. Monogramme d'A. de Harlav. — Bots.
Bibliothèque Mazarinc , doubles 266
GXXX. Inscription placée dans les volumes légués au collège par A. de Hablay. — Bots.
Bibliothèque Mazarine, doubles 286
CXXXI. Estampille du collège. — Bots.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-k", n" 367.5 16-2
CXXXII. MaRQI E lilRLIOGRAPIlIQDE. BoiS.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 899 A 262
CXXXIII. Estampille du Prytanée. — Bois.
Bibliothèque de l'Université, imprimés, n° HF.a.u. 89 269
COLLIÎGE DES GRASSINS.
CXXXIV. Le collège et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouvin de Bochefort (1690) 267
CXXXV. Marque birliographique du collège. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal , imprimés, in-Zi°, n° 1875O 368
MAISOiN PROFESSE DES JÉSUITES.
CXXXVI. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Vassalieu (1609) 269
CXXXVII. Marque birliographique de D. Huet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 6798 B 271
CXXXVIII. Ex LiBRis de D. Huet. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal 979
(iXXXIX. Incrii'tion collée dans les volumes donnés par d. Huet. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° 1117 G 979
C\Ij. Autre e.\ libris de U. Huet. — Bois.
Bibliothèque de l'Institut, imprimés, 11° M 342 278
CXLI. Marque bibliographique de la maison professe. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n° i83'!i9 B 276
GXLII. Autre marque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 182/12 B 976
FEUILLANTS DE LA RUE SAINT-HONORE.
CXLIII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Vassalieu (1 609) a8i
GXLIV. Marque bibliographique des Feuillants. — Bois.
Bibliollièque Mazarine, nouveau fonds. Histoire, in-/i', n" 23Go 284
GXLV. Autre marque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine , mniuiscrits, n" 3i56 985
GXLVL Estampille des Feuillants. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 2789 a85
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR ROIS ET SUR ACIER. vxi
PÉMTENTS DB PICPIJS.
Pages.
GXLVII. Lk co^IVE^T et ses einvirons. — Fac-similé héliographique.
Plan (le Lacaillc (lyi'i) '^87
GXLVin. Maroue BinLior.RAPiiiQiJE des pénitents de Picpus. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimes, 11° G17 L 291
FRÈRES DE LA CHARITE.
CXLIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Gomboust (1662) .. 298
CL. L hôpital au xvn" siècle. — Fac-similé héliographique.
Plan de Mërian (t 6 1 5 ) -j 98
GLI. Marque bibliographique de l'hôpital. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n" 2978 996
RÉCOLLETS.
CLII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (171 4) 297
AllGUSTINS DÉCHAUSSÉS.
GLIII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (1 789 ) 3oi
CARMES DÉCHAUSSÉS.
CLIV. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacaille (171 811
GLV. Estampille des Carmes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 3 1.8
CLVI. Autre estampille. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Jurisprudence, in-8°, n" 338 3i3
JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORE.
GLVII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de B. Jaillot (1717) 3i5
CLVIII. Estampille des Jacobins. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Jurisprudence, in-4°, n°522 820
GLIX. Indications qui figurent sur les volumes provenant des Jacobins. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n° 728 820
CLX. La bibliothèque des Jacobins en 1792. — Planche sur hois gravée par E. Deschamps.
Millin, Antiquités nationales , t. 1", p. 5^ 820
MINIMES DE LA PLACE ROYALE.
CLXI. Le COUVENT ET SES ENVIRONS. — Fac-similc héliographique.
Plan de J. Gomboust (1 652) 828
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Pages.
CIAH. Inscription placée dans les volujies légués par Alex. Letenneur. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-4°, n° 927 3>3/i
(lIAlIi. Inscription placée dans les volumes légués par Decombes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 4
CLXIV. Marque primitive du couvent. — Bois.
Bibliothèque de l'Arsenal 333
CLW. Marque destinée au\ volumes in-folio. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 33/i
CLXVI. Marque destinée aux volumes in-quarto. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Histoire, in-/i°, n° 2388 33/i
(ILXVII. Marque destinée aux volumes in-octavo. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds , Litte'rature , n" 1290 335
(dAVlII. Marque frappée sur le dos des volumes. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Histoire, in-4°, n° 2388 335
ORATOIRE.
(jLXIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Lacailie (171/1) 337
CLXX. Note autographe d'A. de Harlav. — Bois,
Bibliothèque Mazarine, manuscrits, n° 1075 338
CLXXL Lnscription placée dans les volumes légués par Païen de Montmor. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Jurisprudence, in-8% n° 617 SSg
CLXXn. Inscription placée dans les volumes légués par A. de Bardonenche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Littérature, n° igg 339
(iLXXIIl. Marque riiîliographique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 3^3
PETITS-ÂUGUSTINS.
CLXXIV . Le coun ent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouviii de Piochefort (1690) 345
COiVGRÉGATION DE LA MERCI.
(ilAXV. Le couvent et ses environs. — Fae-simile héliographique.
Plan do Goniboust (iGSa) 35i
CLXXVI. Ma rque bibliographique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Jurisprudence, in-li", n° 'à-j5 354
(ILXXVIi. Autre marque. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, imprimés, n" 10870 B 355
CAPUCIINS DE LA RUE SAINT-JACQUES.
(.LXXVIU. I>E couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
I*l;m (le J. (lomboust (1 G52 ) 35^
ORIGINE DES SUJETS GRAVÉS SUR BOIS ET SUR ACIER.
XMll
BLANCS-MANTEAUX.
l'ogcs.
CLXXIX. Le couvent et ses environs. — Fac-similé hêlioffrapliique.
Plan de Jouvin (leRocbefort (1690) •559
GLXXX. Ex Linnis manuscrit des Gmillelmites. — Bois.
Ribliolhèque Mazariue, manuscrils , n" 1 335 36o
CLXXXI. Ex I.IBRIS MANUSCRIT DES BlANCS-AIaNTEAUX. Bois.
Bibliotlièque Mazarine, incunables, n" 9o3o B* 359
CLXXXII. Vue du couvent en 1706. — Fac-similé hèliographique.
Icônes monasteriorum congregationis Sancti Mauri 369,
SÉMINAIRE DE L'ORATOIRE.
CLXXXIII. Le séminaire et ses environs. — Fac-similé héliograpliique.
Plan de J. Goniboust (lôSa) 365
CLXXXIV. Signature de Delaplanche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-4°, n° 38o 366
CLXXXV. Ex LiBBis DE Delaplanche. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds, Philosophie, in-4°, n° 38o 366
BÉNÉDICTINS ANGLAIS.
GLXXXVl. Le couvent et ses environs. — Fac-similé hèliographique.
Plan de B. Jaillot (1717) 369
GLXXXVII. Estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine , nouveau fonds, Théologie, in-4°, n° i3 371
CAPUCINS DU MARAIS.
GLXXXVllI. Le couvent et ses environs. — Fac-similé hèliographique.
Plan de Jouvin de Rochefort (1690) 373
CLXXXIX. Marque bibliographique des Capucins. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Littérature, n°55o 376
SÉMINAIRE SAINT-FIRMIN.
GXG. Le séminaire et ses environs. — Fac-similé hèliographique.
Plan de B. Jaillot (1717) 377
GXCI. Ex LiBRis DU séminaire. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-8°, n" 307 379
ÉGLISE SAINTE-MARGUERITE.
GXGII. L'Eglise et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan de Jouvin de Rochefort (1 690) 38 1
CONGRÉGATION DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
CXCIII. Le couvent et ses environs. — Fac-similé héliographique.
Plan dit de Turgot (1739) 391
iv LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Pages.
GXCIV. Ex LiailIS DE J. PlNSONNAT. Bois.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds. Théologie, in-^°, n° io3o SgS
GXdV. SiGINATlIRE DU P. BaIZÉ. BotS.
Bibliothèque Mazarine, nouveau fonds , Philosophie, in- 8°, n° 369 3g6
GXCVl. Estampille du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine, doubles 898
GXCVII. Marque [iibliograpiiique du couvent. — Bois.
Bibliothèque Mazarine . doubles 898
LES
ANCIENNES BIBLI0THÈ()11ES
DE PARIS.
Fac-similé heliographique. Plan de Vassalieu (1609).
CARMES DE LA PLACE MAUBERT.
On sait que les Carmes regardaient comme leur fondateur le prophète Elie, rrpour autant, dit Aubert Lemire, qu'il a été le premier qui a mené vie solitaire frau mont Carmel'^'.Ti Ce qui est moins douteux, c'est que, quelques ermites s étant réfugiés sur cette montagne pour se dérober aux attaques des Sarrasins, Albert, patriarche de Jérusalem, leur donna, en 1112, une Règle qui fut approu- vée en 1171 par Honoré III Saint Louis, pendant son séjour en Palestine, eut l'occasion de visiter ce couvent: il emmena avec lui six des religieux; puis, aussitôt de retour à Paris (1259), rr il leur aciieta une place sur Seinne devers ffCharenton, fist fere leur méson, et leur acheta vestemens, calices, etc'^'n L'en- droit qu'avait choisi le roi pour installer ses protégés était situé au port Saint- Paul, sur l'emplacement qu'occupèrent plus tard les Célestins. Les Carmes se
Aub. Lemire. Histoire de l'origine et institu- de la ville de Paris et de ses environs, t. V, p. ihj. tion de divers ordi-es , y 11 lecteur, p. ix. Joinvitle, Vie de saint Louis, édit. Micliaud,
Piganiol de la Force, Description historique p. 82 9.
II.
1
2 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
plaignirent bientôt des inconvénients que leur causait le voisinage de la Seine; il paraît qu'elle débordait cbaque hiver, et que l'eau s'avançait alors jusqu'à la porte du couvent, d'où l'on ne pouvait plus sortir qu'en bateau. Philippe V écouta ces doléances; il acquit de Gui de Livriac, l'un de ses secrétaires, une maison qui était située au bas de la grande rue Sainte-Geneviève, et, par lettres patentes de décembre 1817, en fit don aux Carmes : rrDomum nostram, dit-il, crquœ luit dilecti magistri Guidonis de Livriaco, clerici nostri, et quam ab eodem
rrcomparavimus, sitan in magno vico Sanctse Genovefœ, perpétua dona-
rrtione largimur^''. Il Ce changement de résidence fut autorisé par une bulle de Boniface VII c^'.
De nombreuses libéralités permirent aux Carmes d'augmenter leurs bâtiments et d'élever une vaste église. Ils eurent aussi de très-bonne heure une biblio- thèque.
En août i3i8 mourut à Avignon Michel du Bec, cardinal-prêtre du titre de Saint-Etienne in Celio-Monte, qui voulut être enterré chez eux, et qui, pour obtenir cette faveur, leur légua mille livres parisis et tous les volumes qu'il pos- sédait'^l Un extrait, sur vélin, du testament de Michel du Bec est conservé aux Archives de l'Empire, et l'on y trouve énumérés les ouvrages, au nombre de vingt- cinq environ, qui composaient la bibliothèque du prélat. On y remarque : une bible en deux volumes, valde pulcra, dit le texte; une bible en dix volumes, com- mentée; une autre bible, de format plus portatif; plusieurs ouvrages de saint Augustin, entre autres la Cité de Dieu et les Commentaires sur la Genèse; le traité De casu diaboli d'Anselme de Cantorbéry; la Somme des vertus cl des vices; les Médi- tations de saint Bernard; le Decretum de Gratien et les Décrélales; les Œuvres de Pierre de Tarantaise (Innocent V), en deux volumes; \ Histoire ecclésiastique de Pierre Comestor; les Lettres de Pierre de Blois; la Somme de saint Jean-de-Dicu ; un
r
Commentaire sur les Epîtres canoniques et sur le Cantique des cantiques '"l Tous ces ouvrages furent déposés et enchaînés dans la bibliothèque du couvent^^'.
Vin'jt ans après, le sous-prieur Mathieu de Pai'is donna aux religieux une
J. Dubreul, Tlieatre des antiquitez de Paris, p. li^8.
Celle bulle esl reproduite duns Fëlibien, His- toire de Paris, t. III, p. 219.
Exlrail du testament : rrReverendi patris do- 'rniini Michaclis, bone memorie, lituli sancti Ste- fphani in Gelio Monte prcsbiteri cardinalis,. . . . f [quij in sua ultima voluntate elegit sepuiluram in rrecclesia nostra nova. . ., suosque iibros. . . pro <f communi libraria et usu Iralrum nostri ordinis Pari- irsius sludencium , necnon et mille libras parisienses (f pro edilicatione ecclesie nostre novc . . . legavit. . . « (Archives do l'Empire, série L, carton n° (jïîS.)
cBiblia in duobus voluminibus valde pulcra; irbiblia in decem vokuninibus glossala; alia biblia trnianualis; Augustinus super Genèses, cum aliis cmultis in eodem volumine ; Augustinus de (jivitate . "Cum multis aliis; Anselmus de Casu; de Viliis et fr Virtutibus ; Meditationes Bernardi ; Decretum; rfDecrelales; Scripta Pétri Tarentasiensis, in duobus ff voluminibus ; Ystorie scolastice ; Epistole Pétri rrBlesensis; Summa magistri Johannis de Deo; Pos- rrlilla super Epistolas canonicas et Canticum Ganti- ffcorum.î)
ffLibri(jue omnes predicti in comnmni libra- rrria deponantur et incalcnentur. n
CARMES DE LA PLACE MAUBERT. 3
table des matières du Spéculum historiale de Vincent de Beauvais; on lit en effet à la (in de ce manuscrit'^' :
11 faut encore mettre au nombre des bienfaiteurs de la bibliothèque, pendant celte période : Nicolas de Saint- Marcel, qui lui donna le Commentaire d'Oj'igène swr la Genèse^-^; et Jean de la Charité, religieux du couvent de Pont-Audemer
Plusieurs volumes furent encore laissés à la bibliothèque de la place Maubert par Jean Goulen, Goulein ou Goulain, provincial des Carmes en France, person- nage considérable sous Charles V, et qui traduisit pour ce prince quelques ou- vrages Les inscriptions que portent les manuscrits provenant de Jean Goulen sont longues et détaillées
Le prieur Jean de Vernon fit au même couvent des libéralités assez importantes. Suivant le Bibliotlieca Carmelitana, il l'enrichit à la fois des ouvrages qu'il achetait et de ceux qu'il composait ^""^ Le seul de ces volumes que nous connaissions est un commentaire de saint Augustin sur les psaumes, en tête duquel on lit : rrlstud psalterium, de dono domini Stephani de Breban, procuravit huic con- rr ventui famosus in sacra pagina professer magister Johannes de Vernone n
rristarn tabulam dédit huic librarie Parisiensi (fvenerabilis pater noster frater Matheus de Pari- rrsius, tune proprior provincialis per Franciani. ffAnno Domini m" ccc" xxx vuj. Qui eam fiiratus ffuerit, anathema sil. « (Bibliothèque Mazarine, Manuscrits, n° H 626.)
On ht à la fin: ce Hune libruni Origenis dédit rrhbrarie conventus Parisiensis frater Nicholaus de ffSancto Marcello, ordinis fratrum béate Marie de ffCarmelo, lectorin sacra pagina." (Biblioth. inip. Manuscrits, fonds latin, n° lySiS.) Une note placée au verso du feuillet suivant nous apprend que, en 1 389 , ce volume appartenait au frère Nicolas Saoul.
On lit sur le second feuillet d'un manuscrit du xiv' siècle: tr Frater Johannes Caritatis, lector in "theologia, conventus Pontisaudomarei , dédit hune fflibrum communi librarie conventus Parisiensis ffCarmehtaruni.n (Bibliothèque impériale, Manus- crits, fonds latin, n° 10695.)
Voyez plus bas notre notice sur la biblio- thèque du roi.
rristum librum dédit librarie conventus Pari- ftsiensis ordinis fratrum béate Dei genitricis Ma- (trie de Monte Carmeli, reverendus niagisler bone frmemorie, magister Johannes Goulen, conventus iT Rothomagensis , ac in regno Francie legatus, cu- rrjus sepultura habetur magnifiée elevata in isto ffconventu, infra capellam Sancte Anne. Cujus ani- ffuia quiescat in pace.51 (Bibliothèque impériale, Manuscrits, fonds latin, n° 17978.) — trReve- irrendns in Christo pater dominus ac dominus Jo- rr bannes Goulen, summi Ponlificis in FVancia le- ffgatus, alumnus et filius conventus CarmeUtarum rrRothomagensium, dédit istum Johannis Ilalensis. ff Franciscani, librum librariœ Garmelitarum Pari- frsiensium.n (Bibliothèque impériale, Manuscrits, fonds lalin, n" 17273.)
rrPostquam bibliolhecam Garmeli Parisiensis ffampliasset, ubi et plurinia comparata volumina rrvel a se scripla reposuerat. . . . « (^Bibliotlieca Car- melilana, t. II, p. i38.)
Bibl. imp. Manuscrits, fonds latin, n° 1996.
CARMES DE LA PLACE MAUBEUÏ. 5
Laurent Bureau, qui fut évè(|ue de Sisteroii, provincial do Narbonne et con- fesseur de Louis XII, était entré fort jeune dans l'ordre des Carmes, auquel il portait une vive affection, comme le prouve le poëme (ju'il a composé à la louange d'Elie'''. En 1/196, il donna quelques volumes au couvent de la place Maubertt'^'; puis, en 1/198, il lui fournit l'argent nécessaire à la reliure de plu- sieurs manuscrits. Les religieux, pour perpétuer le souvenir de sa générosité, inscrivirent sur quel(jucs-uns de ces volumes la note suivante : crOrate pro fratre ffLaurentio Burelli, Divioncnsi, Carmelitarum doctore, tlieologo Parisiensi, pro- crvinciali Narbone, et cliristianissimi Francornm régis Ludovici XII coiilessore, qui rr hoc volumen et complura alia religari fecit. Anno Dominice salutis m'^ quad™° r nonage"° octavo. Ad cujus votum, in rei memoriam, ego frater Johannes Ghase- rrrandi, regens conventus Parisiensis, meo manuali signo presens scriptum subsi- (Tgnavi, anno quo supra. Ita est : Ghaserandi, avec paraphe'^', n Les Garmes avaient donc déjà un certain nombre de bons manuscrits, et ce premier fonds ne devait pas tarder à s'augmenter. En iBSa, un religieux nommé Thomas Sauvée ajouta encore plusieurs volumes à la collection du couvent^*'.
Au mois de juillet i568, on enterrait dans l'église des Garmes le libraire Gilles Gorrozet, le premier qui ait eu l'idée de publier en français une desciiption de Paris Son épitaphe, placée dans le cloître, était conçue en ces ternies :
L'ail mil cinq cens soixante huit, Agé de cinquante huit ans,
A six heures avant minuit, Qui Libraire fut en son temps.
Le quatriesuie de Juillet, Son corps repose en ce lieu cy :
Deceda Gilles Corrozel, A l'anie Dieu lasse mercy
La famdle Gorrozet était fort attachée à la Maison des Garnies, et un parent de Gilles, son fils peut-être, fut en iByi bibliothécaire du couvent. Il paraît avoir rempli ses fonctions avec un grand zèle; car on trouve sur plusieurs manuscrits des notes bibliographiques écrites de sa main, et qu'il a presque toujours pris soin de signer (''l II laissa aussi quelques volumes au monastère, comme l'indique cette inscription : ce Ex dono fratris Antho. Gorrozet, Parisiensis n
Nous avons encore à constater vers cette époque diverses libéralités, auxquelles il est impossible d'assigner une date certaine. Parmi celles qui semblent avoir eu le plus d'importance, d faut mentionner le legs du au frère profès Mathieu Mas-
In lauilem Eliœ palriarchœ Carmelitarum.
Bibliothèque impe'riale, Manuscrits, fonds la- tin, n°' -loha et 2473.
Bibliothèque Mazarine, Manuscrits , n° T 608. Une inscription à peu près identique se trouve dans le manuscrit coté n° 3i84, fonds latin, à la bibliothèque inqie'riale.
On lit il la fin : fflstuni librura dédit lihra- frrie Parisiensi frater Thomas Sauvée, ordinis Car-
meli.n (Voyez, entre autres, à la bibliothèque Ma- zarine, le manuscrit n° 678.)
La Jleiir des antiquités et singularitez de la noble et trioinpliante ville et cité de Paris j et les noms des rues, églises cl collèges, Paris, i53a, in-8°.
Lerougc, Curiosités de Paris , t. I, p. /io3.
Voyez à la bibliothèque Mazarine les manus- crits cotés T hk, T 79, T 193.
Bihlioth. Mazarine, In''unab!es, n° igg'i H.
r, LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
cou et aux frères Riochus et Martin, tous deux anciens bedeaux de la Maison
Ce fut là le plus beau temps de la bibliothèque des Carmes. Il nous faut descendre ensuite jusqu'au commencement du \v\f siècle pour trouver une nou- velle donation à mentionner. Un sieur Bénigne Bernard, baron de Boves, person- nage sans doute assez obscur et sur le compte duquel nous ne possédons aucun renseignement, mourut le i3 septembre 1626. Anne Courtin, sa veuve, aban- donna à la Maison des Carmes tous les livres qu'il possédait'^'. Aucune, peut-être, de toutes les libéralités de cette nature que nous avons rencontrées ne témoigne au même degré de l'importance qu'y attachait la donatrice, et de son désir d'en voir le souvenir éternellement conservé. Chacun des volumes qui en proviennent porte, frappées en or sur les plats, ces armoiries, assez peu gracieuses d'ailleurs :
rrlix liliris revcrciidi iic piissirni P. Matth.Ti rrMasron, lui jus conveiiliis prol'cssi.fl (Bil)liolhèqiie Ma/.ariiio, Incuiiahlcs, ii'" <2'S-2 A et 1A60 C. )
'''' f:Ilanc postillam dodil coiivcnliii Parisieiisi or- (fdinis Iralriiiii healj Dei gciiilricis Marie de Monte (rOarmeJi. lîioclius, (juondaiii Ijedellus liiijiis cou-
ff veatus Parisiensis. v (Biltliothèque Mazanne, Manus- crits, n° T 20/1.) — TfEst de libraria Carmeiitartiin tf l'arisiensium, et euni dédit Martiniis, qiiondatu ft bedelUis istius conventus Parisiensis , ejusdem ordi- fr (lis. Dklaleu.t (Hibl. Mazarine, Manuscrits, n°Ti i.) Elle fit plus lard d importantes libéralités au
CARMES DE LA PLACE MAUBERT. 7
Elles sont, en outre, reproduites sur un immense ex lihris gravé qui est collé dans l'intérieur au verso de la couverture. De plus, le premier feuillet de garde est doublé par une grande planche imprimée dont voici ](i fac-similé :
JETEKNJE MEMORISE
NOBILISSIMVS DOMINVS
BENIGNVS BERNARD
BARO DE BOVES
PRO SVA IN DEVM P1ETATE,AC IN
pauperes mifêricordia^Collegio Parifienfi Fratrum Carmelicarum, fuprcmae voluntatis teftamento firniauit.
CLARISSIMA DOMINA
ANNA COVRTIN
DEFVNCTl VIDVA PIISSIMA
TESTAMENTl ARBITRA.
fumma religione adimpleuit.
ORATE PRO EO FT P^CE FKVJTVR. jiETERN
Obiit X I T I. ScptembriS:, decurfus x v. Luflris , Anno Salucis reparatx M. D C XXVI.
Bcafus 'vir qui miferetur commodat jCfuin in Att^num non commomhïlUT, Pfalm. c x i.
couvent des Filles du Saint-Sacrement, rue Cassette. Son testament, daté du 6 juin 1 653, a été imprimé, ( Piganiol de la Force , Descrip. de Paris, VII , 29 1 .) et se trouve aux Archives de l'Empire , sér. L , n° 777.
8 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
La bibliotlièque des Carmes fut fort délaissée à partir de ce moment; et, en octobre 167^?, les religieux acceptèrent avec empressement un échange qui leur fut proposé par M. de Carcavi, garde de la bibliothèque du roi. Moyennant une i-ente perpétuelle de six minots de sel ils n'hésitèrent pas à se dessaisir de dix- huit incunables et de soixante-sept manuscrits latins très-précieux '^l Colbert profita de l'occasion pour leur prendre un magnifique exemplaire de la Bible de 1/162
Moins de quarante ans après, Jean Cuiville, docteur en théologie et prêtre de Tulle, chercha à relever de ses ruines la bibliothèque des Carmes. 11 mourut le 6 avril 1708, et, par son testament, légua à ces religieux tous ses livres, au nondire de 35o volumes. Il ne semble pas que cette libéralité ait rien changé à l'incurie des bibliothécaires de la Maison; mais celle-ci fit du moins acte de gra- titude envers son bienfaiteur. On colla en tête de chacun des volumes provenant de son legs cette inscription imprimée :
ÎMMORTALITATI.
CLARIS. DD. MAGISTER
JOANNES CUIVILLE
PRESBYTER TUTELENSIS DOCTOR THEOLOGUS Die VI. Aprilis An. M. DCCVIIl.
DtFUNCTUS
MAIORl CARMELO
rARISlENSI
rianc ôc cxtcroj CCCL. Bibliothcca! fuJ» libres tcftamento rehquit,
QUISQUIS LEGIS
SIC UTERE DONO
UT ORARE PRO DONANTE ME M i N t R 1 V
Pi{janiol do In Foiro , Descr. de Paris , V, 1 63. Jacqiiemarti , Remarques sur len ahbaijes , col-
Jourdain, Méitioire liistoriquesur labihliolltèque Icjjialcs, etc. supprimées, p. 2.39.
Hoi), |). WXVI.
CARMES DE LA PLACE MAUBERT. 9
Jl est probable que .1. (uiiville eut des imitateurs et que plusieurs donations succédèrent à la sienne, car, en 1722, le couvent possédait environ 10,000 vo- lumes, et avait un bibliotliécaire, le frère Jacques Armand ''l
Le célèbre mécanicien Jean Tnichet, qui adopta, en entrant aux (larmes, le nom de P. Sébastien, avait formé dans cette Maison un cabinet qui lut lon[>temps une des curiosités de Paris; il contenait un très-grand nombre de machines de toute espèce, que Truchet avait inventées et habilement exécutées lui-même Les Carmes, aussi peu amateurs de mécanique que d'érudition, vendirent successi- vement toutes les pièces qui composaient cette collection L'argent qu'elles pro- duisirent ne fut, du reste, nullement employé en œuvres pies. Ces religieux avaient une autre manière de le dépenser. On sait que leur nom était devenu un ie])roche d'incontinence; et, la foudre étant un jour tombée sur leur église, le P. André dit publiquement : rr Dieu a fait une grande miséricorde à ces bons ff Pères de ne sacrifier à sa justice que le clocher, car, si le tonnerre s'étoit abattu cfsur leur cuisine, ils étoient tous en danger d'y périr (''.n
Au moment de la Révolution, la bibliothèque des Carmes occupait une salle assez élégante, et entourée de vingt-cinq armoires remplies de livres'^'. Presque tous les écrivains de l'époque disent que les Carmes avaient alors environ 1 2,000 volumes'*''; cependant le prieur, dans Ylùat otliciel qu'il dut fournir à la municipalité, se contenta de déclarer i,83/i volumes*' . Il ajoutait que le couvent n'avait plus de manuscrits, ce qui était encore un mensonge, car 18 manuscrits du couvent sont entrés à la bibliothèque nationale et les autres bibliothèques de Paris en ont également reçu. Les religieux s'efforcèrent, par un moyen du même genre, de conserver une collection à laquelle ils paraissaient auparavant tenir si peu. Le 16 avril 1791, le commissaire de police de la section Sainte-Geneviève fut averti qu'un vol avait été commis dans la bibliothèque du couvent des Carmes; il s'y rendit aussitôt et constata rc que le cadenas qui étoit à la porte avoit été arraché cravec son piton ;ii on ne s'était pas arrêté là, la moitié des armoires avaient été ouvertes, et un grand nombre de volumes manquaient. Quels étaient les auteurs de ce vol? Le commissaire, dans son procès-verbal, n'en accuse point les reli- gieux : «A la réquisition dudit sieur Housez'^j, et pour la propre satisfaction des cr citoyens qui demeurent en ladite Maison, avons visité les chambres par eux
G. Lulelia Parisioniin erudita sui Icm-
poris , p. 120.
G. lirice, Nouvelle description de Paris , l. II,
p.
Pio-aniol de la Force, Description Itisiorifjiie de Paris, t. V, p. iC3.
Menagiana, l. I, p. 19 G.
Catalogue des livres de notre bibliotlwque. Ar- chives de l'Empire, série S, carton n° 37.3/1.
Tliiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, l. Il, [). 990. — Guéroull, Dic- tionnaire de la France monarchique , p. 82.
Etat des revenus , rentes , fondations du courrai et collège royal des grands (larmes, place Maubot. Archives de ]"Eiiipire, série S, cnrlon n° '.]■]'.] h.
\oyez, à la Bibholhèqiie impériale, le cata- logue spécial qui en a été dressé.
C'était le procureur du couvent.
II.
10 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
r occupées, ot n'y avons rien trouvé Les ouvrages volés finirent néanmoins par reparaître, jiuisque, malgré la déclaration faite par le prieur, on constata, lors (lu transport dans les dépots littéraires, la présence de 10,000 volumes
Nous ne connaissons qu'un seul catalogue de la bibliothèque des Carmes de la place Maubei't, et encoi'e est-il nécessairement fort incomplet; c'est celui qui est joini à ïl'Jnt fourni en 1790 par le couvent. Ce travail^ qui se compose de neuf pa'jes in-folio écrites sur deux colonnes, porte en titre : Catalogue des livres de notre l)ihliothè(jiu'. On lil à la lin : cr Cette collection de livres vient de nos devanciers, f'.ladis nous avions des manuscrits, mais M. de Colbert les fit enlevei- poui- les ff|)lacer à la bibliotliè(|ue du Roy'^'.n
Les (iarmes firent successivement graver pour leurs volumes deux estauqiilles. Nous reproduisons ici celle que nous croyons la plus ancienne :
La seconde est plus grande; l'ovale qui figure sur la précédente et les ornements dont il est entouré sont remplacés par un siiuple écusson accompagné des lettres S. T. (SaïKid Theresa): l'exergue est placé entre deux filets et modifié:
la lin
L'estampille était presque toujours appliquée au commencement el à des volumes. On la rencontre parfois frappée en or sur le dos, principalement sur les m-ioho, où elle figure entre les deux derniers nerfs de la reliure.
Proch-vevlml pour roi J'ail avec cfraclion à la liililiolliniiie des Cannes de In place Maubcrt. Archives do l'Kiiipiie, série S, carlon 11° 878
Etat général des livres des maisons ecclésias-
tiques et religieuses du dêparlemenl de Paris. Ai'clii\ es (le l'Empire, série iVl, carlon n°7()7.
Etal des rercnus, renies , fondations . etc. Ar- chives de l'Eiiipii'e, série S, n° 'i')']'^h.
C A R M E S I ) E L A P L A C E M A U B E H T. 11
Ou Irouve aussi assez souveul, sur les plats des ouvrages relies, un (1 et un (i etil relacés :
Les inscriptions manuscrites sont très-lréqueulcs el lrès-\ariées :
PflO (mVENTU FRATRUM CARMELITARUM 1^ [ RUE PARISIE\SI COMMOHANTWM. EX LWRAItIA CARMEUTARUM MAURERTINORUM. EX BIRLIOTHECA CONVENTUS ET COLLEGIJ REG1.I CARMELIT. PARISIENSIUM. ISTE LIBER EST EX LIBRIS CARMEUTARUM PARISIENSIUM. EX BIBUOTIIECA CARMEUTARUM PARISIENSIUM MAIGRIS CONVENTUS. MAJORIS CARMEU MAUBERTINI PARISIENSIS. DE LA BIBLIOTEQUE DU GRAND COUVENT DES CARMES DE PARIS. \D USUM P. P. CARMEUTARUM PARISIENSIUM MAIORIS CONVENTUS.
Les Carmes de la place Maubert lui'ent, en 1790, léunis aux religieux du même ordre qui habitaient la rue de Vaugirard, puis supprimés en 179--^. I^es bâtiments qu'ils avaient occupés, d'abord transformés en manufacture darmes, lui'ent démolis eu 181^, et sur leur eiuplacement s'éleva le marché couvei't qui existe aujourd'hui.
FdC-3irriile héliographique.
Plan dît de T\irgol ( 1 739).
FACULTÉ DE MÉDECINE.
La médecine était-elle enseignée dans les écoles palatines? Cette (|nestioii, longtemps controversée, est aujourd'hui résolue ])ar l'aiïirmative. Charlemagne n'avait cependant pas une confiance exagérée dans la médecine, puisque, d'après son chroniqueui', crplura arbitratu suo ([uam medicorum consilio laciebat ; n néanmoins, en 8o5, par un capitulaire daté de Tiiionville il ordonna que l'art de guérir ferait désormais partie de l'éducation. L'on sait, en outre, qu'il y avait dans le palais d'Aix-la-Glia[telle un endroit nonnné Hipporralira tecla^^K
Il est incontestable aussi que la médecine figurait ])armi les cours faits aux écoles de l'église Notre-Dame; les leçons se donnaient alors, dit Riolan, rren une rr maison 011 il y avoit eudes estuves, entre f Hostel-Dieu el la maison defKvesque . i^ Or c'est précisément là qu'était situé, à cette époque, l'emplacement réservé aux élèves du cloître II n'y avait d'ailleurs encore aucune réglementation fixe. Jusqu'au commencement du xii*^ siècle, les maîtres professèrent ])resque tous, soit chez eux, soit dans des salles louées à des particuliers qui habitaient la Cité;
Eginliard, Vita Caroli Magni ; clans Ducliesne, Htsloriœ Francorum scriplores , t. II, p. loi.
Et. Baliize, Capilularia reguni Francorum, t. I", p.
E. Dul)oiilay, Ilislorin Lnirersitalis Parisiensis , t. II, p. .572.
J. Riolan, (htrieuses recherches sur les escliolcs en iiK-decine , p. qi. — rrA l'entrée de l'église, an- fr dessons de la lonr qni est à main droite," dit l'abbé LebeuF, Histoire de la cille et du diocèse de Paris, t. I", p. 10.
Voyez ci-dessus, l. I", j). 1 et sniv.
1/t LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
c'était cependant le plus souvent dans la propre chambre du doyen qu'avaient lieu
les examens, les actes et les thèses ''^
Le xn*^ siècle vit renseignement se concentrer à Paris, qui, sous la parole élo- qucnle d'Anselme, de Guillaume de Champeaux et surtout d'Abélard, devint ra- pidement le loyer intellectuel de l'Europe. Le cloître de Notre-Dame ne put bientôt plus suflire aux milliers d'étudiants qui affluaient dans la capitale; ils envahirent le plateau de Sainte-Geneviève, et allèrent chercher des logements entre la place Maubert et la Seine, et jusqu'à l'abbaye de Saint-Victor. Une organisation nou- velle l'épondit promptement à ces besoins nouveaux. Vers l'année 1270, les dil- lerentes spécialités représentées dans l'enseignement se formèrent en Facultés distinctes et indépendantes les unes des autres, quoique toutes rattachées à l'Uni veisité, leur mère commune, qui les associa à ses privilèges '2'. La Faculté de théologie était déjà, en fait, transportée à la Sorbonne; la Faculté de droit s'installa au clos Bruneau, rue Saint-Jean-de-Beauvais; et la Faculté des arts, ((ui comprenait la médecine, ouvrit ses écoles dans une masure située rue du Fouarre'^', une des voies sombres et humides qui avoisinent la place Maubert*^ . C'est en réalité de cette époque que date l'origine de la Faculté de médecine; c'est alors qu'elle commence à avoir ses statuts, ses registres particuliers, et même son sceau d'argent, dont l'achat fut résolu sous le décanat de Jean de Boset : cr Quod fcsigillum lietde argento ad majorem confirmationem, n disent les statuts de 127/1, qui furent rédigés par maîtres Jean de Parme, Jean Petit, Jean Breton, Pierre de Neuchâtel, Pierre d'Allemagne et Bouret'^', les seuls médecins qu'il y eût encore à Paris Tous alors enseignaient tour à tour, et pendant la durée de leur exer- cice portaient le titre de maîtres-régents.
Bien que l'élude de la médecine fût interdite aux prêtres et aux moines'"', les
Clioinel , E^sai historique sur la médecine en France, p. i o5.
^' J.-A. Hazon , Eloffe Itislori/jue de l'Université de Paris, p. 85.
Cette rue, ouverte au commencement du xin' siècle sur le clos Mauvoisin, qui dépendait du (ief de Garlande, portait déjà à cette époque le nom (le ricm Straminis [Cartulaire de Notre-Dame , t. IV, p. 387); mais (Juillol, en i3oo, l'appelle nie de l'Ecole, et le manuscrit de la bibliothèque Cotto- nienne, en 1 4oo, rue des Escoules. On la trouve citée dans les écrits de Pétrarque {Epistolœ de rchus se- nililms, lib. I\, ep. i'), de Dante {Paradiso, c. x. V. i3G) et de Uubelais {Pantagruel, liv. II, ch. x). (ionime l'indique son nom laliu, l'expression rue du Fouarre est tirée du vieux mot français fouare ou feurre, qui dés'xfrnc paille.
Les maîtres ne renoncèrent cependant pas
encore à donner des leçons et même à faire subir des examens dans leur demeure. Les statuts de i35o décident que les examinateurs s'assembleront chez le plus ancien des régents. Plus tard , en 1396, nous voyons le doyen Pierre Desvallées déclarer qu'un examen de bachelier a eu lieu chez lui, friu ffdomo mea.n (Voyez les Co;/(«;CT(taiVes manuscrits de la Faculté, t. 1", p. 3.)
Crevier, Histoire de l'Université de Paris, t. Il, p. 55.
On voit, dans les Commentaires manuscrits de la Faculté, qu'il n'y avait encore à Paris, eu iBgS, que 3i médecins, 7a en i55o, 81 en i566, 40 en 1596, 85 en 1626, et 111 en i652. Or, en 1395, Paris comptait environ i3o,ooo habitants, 200,000 en i55o, 25o,uoo en 1 596 , et 53o,ooo vers 1700.
A partir du xn° siècle seulement.
FACULTE DE MEDECINE. 15
docteurs étaient astreints au célibat, et cette règle subsista jus({u'à la réforme o])érée dans l'Université, en i/i52,])ar le cardinal Guillaume d'Estouteville {^Guil- lelmus TotaviUeus); dix ans auparavant, le doyen Gliailes de Mauregard, ayanl épousé une veuve, avait été pour ce fait dépouillé de tous ses titres'''. Il va sans dire que les Juifs ne pouvaient exercer la médecine ; Grégoire XIII, par une bull(^ du 3o mars i58i, renouvela la défense qu'avaient faite à cet égard Paul IV et l^ie IV. En 1/129, un décret du concile de Tortose défendit aux médecins de faire plus de trois visites à un malade qui ne se serait pas confessé. Le concile dv Paris, tenu la même année, sous la présidence de Jean de Nanton, archevêque de Sens, leur ordonna d'engager les malades à se confesser, et de leur refuser toute espèce de secours jusqu'à ce qu'ils eussent suivi ce conseil.
Les leçons étaient déjà très-suivies. Ce n'était pourtant pas un séjour attrayant que le local de la iHie du Fouarre. Une escabelle, deux chandelles et (juehpies bottes de paille éparpillées sur la terre nue'^' composaient tout le mobilier des salles basses, où, dès cinq heures du matin, se pressaient les élèves. Le costume des professeurs resta longtenq)s en harmonie avec ce milieu. On eut beaucoup de peine à obtenir d eux qu'ils fissent leurs cours vêtus d'une robe convenable et qui leur appartint; les statuts de i35o, dressés sous le décanat d'Adam de Fran- cheville (^Adamm de Francovilla), les obligèrent à enseigner fin cappa rotunda. frhonesta, propria, non commodata, de panno bono, de brunetta violacea t En l'absence d'horloge, les étudiants se réglaient sur la cloche des églises voi- sines : la messe des Carmes, qui se célébrait à cinq heures, donnait le premier signal, puis venait, une heuie après, la sonnerie de frime à Noti-e-Dame. Quant aux réunions solennelles de la Faculté, elles avaient lieu soit à l'église des Ma- thurins, soit à Sainte-Geneviève-des-Ardents, soit à ]\otre-Dame, autour d'un des grands bénitiers de ])ierre qui se trouvaient au pied des tours, r. 'm ecclesia fParisiensi supra cuppam,n dit Héméré
Cependant, en 1869, l'école de médecine, devenue plus nombreuse et moins pauvre, songea à se procurer un local spécial, distinct de celui qu'elle occupait en commun avec la Faculté des arts. Elle acheta dans ce but, le -ih mai, une petite maison située au coin de la rue de la Bûcherie et de celle des Rats t*^'; puis.
E. Duboulay, Histoiia U)ilrersilalis Parinicu- sis, t. V, p. 54 1 .
Ibid. l. 111, p. /loo. '^^ Cet nsa^e de faire asseoir les écoliers par terre sur de la paille fut, eu i360, approuvé par Urbain V, qui eu donna une explication assez sin- gulière : rrScbolares Universitatis Farisiensis, au- rrdieutes suas lectiones, sedeant in terra corani ma- trgistris, non in scaninis vel sedibus eievatis a lerra ; (fUt occasio superbiœ a juvenibus secludatur. n
II((T siiiil sluliild Fticiilliilis medkimp Piiii- sins... aiino DoihIju iS.ïo , <hc i^i ineiists Oclohrts.
Cl. He'iiiéré, De [cadania Parisieiisi , j). ï)o. — Voyez encore Dubi'eul, TItcaIre don (i)iliqiiile: (le Paris, p. /i5i; et l abbé Lebeuf, lliitoiie de la ville et du diocèse de Paris , t. 1", p. 2 1 .
J. Dubreul , Thealre des anli'/iiilei de Paris, p. .ôGâ. — Eu octobre iGoo, eu faisant l'inventaire des papiers de la Faculté, on trouva luie epistola latina qui nieutionnail l'acquisition de rr|a place des
16 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
aussitôt installée dans cette demeure, elle s'occupa d'y réunir quel(|ues volumes. La pensée était bonne, et on juge que son exécution ne devait pas exiger beaucoup (le place, à une époque où l'école basait tout son enseignement sur des traduc- tions (rilippocrate et de Galien, sur les préceptes de l'Ecole de Salerne, les vers de Gilles de Corbeil, et quelques traités arabes d'Avicenne, d'Averroës et d'Isaac<>'. Ce lurent à peu près là, en effet, les seuls ouvrages classiques jusqu'à Fernel, qui , dit ïLazon , rr eut le rare honneur de voir ses livres enseignés de son vivant t^). -n Nous avons cependant une preuve certaine de l'existence d'un commencement de ])ibliothèque à la Faculté dès l'année i^gi : le premier volume des Commentaires nous apprend que, sous le décanat de Richard de Baudribosco '^^ l'école avait donné en gage à Guillaume Boucher, médecin de Philippe de Bourgogne et de (Charles VI, en retour d'une somme de 92 francs prêtée à la Faculté, les trois ouvrages suivants :
Les Concordances de Pierre de Sainl-Flour
U Antidotarium d'Albucasis ;
Le Totiim Conlinens de Rhasès en deux volumes '"^ .
Lors de l'élection de chaque doyen, on dressait, en séance solennelle, un inven- taire de tous les objets que la Faculté allait lui confier. Le nouvel élu en donnait décharge à son prédécesseur, et s'engageait à les représenter lui-même intacts à la fin de son exercice. Dans le premier inventaire de ce genre qui nous ait été conservé, Pierre Desvallées [Peints de Vallilntsj, nommé doyen en iSqB, déclare
ff écoles des médecins qui sont en ia rue des Rais, en rrdaUedii 2/1 mai 1869. n (T.-B. Bertrand , Annales nictlki VIS. p. 83.)
Chomel, Essai historique sur' la médecine en France, p. 117.
Hazon, Eloge Itislorique de la Facvllè de méde- cine de Paris, p. 3.
Doyen de 1891 à 1092, suivant Clioniel.
Il fut, vers 1825, député de ia Faculté dans des conférences relatives à la collation des bénéfices.
On le trouve désig'né sous iesnotns suivants : Abulcasis, Uuckasis, Bulchasim, Azzahrawi , A:a- ravius, Alzliaravius. Il était d'Azzalira près de Cor- doue, et vécut au xi" siècle; cependant Casiri le fait mourir en 11-29, et Freind au siècle seule- ment. (]et Antidotarium est sans doute une des divi- sions de son Al-Tassrif, (jui a été publié par Grimni , en 1519, in-folio , sous ce titi-e : Liber mediciiuc iheoricœ necnon practicœ Alsaltravii. Il se divise en deux parties dont chacune comprend quinze sections. Dès 1A97, plusieurs traités d'Albucasis avaient été inipriniés à Venise.
Rhasès ou Rasis exerça la médecine à Bagdad
et à Ray, et mourut vers gio. Son Contincns, (|ui est divisé en dix livres , a été imprimé à Brescia , en 1 A80, sous ce titre : Continens Bliasis, ordinatus et correcliis per clarissimum artium et medicinœ doc- torei» , magistnini Hieroni/inum Suriainiin , mine in Camnldulensi ordine dicatnni, -i vol. in-folio. C'est très-probablement cette version que possédait la Faculté. Ce traité, qui embrasse la médecine et la chirurgie, est en grande partie tiré d'Aëtius et de Paul. Rhasès n'en est évidemment pas te seul au- teur, car on y rencontre les noms de plusieurs mé- decins grecs moins anciens que lui, et qu'il n'a par conséquent pu connaître. Il est donc probable que ses disciples auront achevé et complété son livre; ils ont toutefois négligé de le mettre en ordre.
rrMagister Guillelnnis Bouchei'ii habet Con- r'cordancias Pétri de Sanclo Floro, Antidotarium fr VIbucasis, et Totum Conlinens Rasis in duobiis rr voluminibiis , in vadio dicto xxn Irancoruni. ul rrcontinetur in alia |)apiro, in decanalu magistri rrRichardi de Bodri Bo.icu.'n {Conimeiilnrii nis. viedi- cinœ Fiicullat's Parisiensis , I. t'", p. 1.) — Voyez ci-dessous la note 1, p. 18.
FACULTE DE MEDECINE. 17
avoir reçu les anciens statuts de l'école, un registre contenant ses privilèges, le sceau de l'Université, plusieurs clefs, dont six à usage inconnu, etc. etc. et en outre tous les livres qui composaient alors la bibliothèque de la Faculté; c'étaient :
Un Abrégé des synonymes de Simon de Gènes Un Traité de la lhériaque^'^>;
Une traduction du cinquième livre du CoIIiget d'Averroës ; Un ancien Commentaire sur Avicenne; Le second et le troisième livre des Canons d'Avicenne ; Les Concordances de Jean de Saint-Amand
Deux traités de Jean Mesué : les Médicaments simples et la Pratique ;
V Antidotaire clarifié de Nicolas Myrepse^''';
Un grand volume contenant plusieurs traités de Galien;
Les Concordances de Pierre de Saint-Flour;
L Antidotariîim d'Albucasis ;
Le Totum Continens de Rhasès.
Il est indifféremment nommé, dans les ma- nuscrits, Simo Januensis ou Geniastcs. 11 était de Gênes et exerça quelque temps la médecine à Rome. 11 fut en même temps médecin et chapelain du pape Nicolas IV; il s'établit sans doute plus tard en France, car vers i29(), époque de sa mort, il était chanoine de Rouen.
Galien a écrit un Traité de la thériaque, Ilepi T>7s Q-ïjpiax-i)? , -CTpos Tïtacova, mais cet ouvrage lui a été contesté. Il y a également un livre sur cette matière dans les œuvres d'Averroës et dans celles de Bernard Gordon.
' Averroës, Averrhoës , Averroys ou Averoïs était de Cordoue, et vivait au xi" siècle. Le CoIIiget, son œuvre capitale, est divisé en sept livres; il fut imprimé pour la première fois à Venise en i482, in-folio. Ses œuvres complètes, traduites en latin j)ar le médecin juif Jacob Manlinus, forment onze volimies in-folio, qui ont été publiés à Venise par les Juntes, en i552. Une grande partie des ou- vrages d'Averroës est encore inédite.
Avicenne mourut en 1087. Son Canori me- dicinœ fut d'abord imprimé en arabe à Rome en iSgS. Avant la fin du xv' siècle, on connaissait déjà quatorze traductions latines de cet ouvrage; la plus ancienne est due à Gérard de Crémone, et la première édition ne porte ni date, ni lieu d'im- pression.
Il était chanoine de Tournai, et vécut vers II.
l'an 1900. 11 écrivit un long commentaire sur l'Au- tidolaire de Nicolas Myrepse. On donnait peut-être le nom de Concordanciœ à ses nombreux travaux sur Hippocrate, dont un beau manuscrit était au- trefois conservé à la bibliothèque de f abbaye de Saint-Victor. (Voyez Chomel, Essai historique sur lu médecine en France, p. 177 et 178.)
Mesué était fds d'un apothicaire persan. Son Traité des médicaments simples a beaucoup de rap- ports avec XAntidotaire de Nicolas Myrepse ; il a été traduit en latin et imprimé à Venise en 1^71, sous ce titre : Canones universaks de consolatione medici- narutn simplicium, ex arabico in latinum translati. Le mot Practica désigne un ouvrage plutôt astrolo- gique que médical. Les œuvres complètes de Mesué , qui mourut vers 8A6, ont été publiées à Venise eu i558, in-folio.
11 naquit à Alexandrie, et rédigea en grec son Antidotarium vers l'an i3oo. Cet ouvrage fut tra- duit en latin par Léonard Fuchs, qui le publia à Bàle en iSig; une autre version, beaucoup moins exacte et très-incomplète, avait été imprimée dès 1 5/11 à Ingolstadt par Nicolas de Reggio. C'est un véritable Codex pharmacenticus , qui fut presque aussitôt traduit en latin et adopté par la Faculté. Tous les apothicaires furent alors obligés d'avoir cet ouvTage chez eux et de se conformer h ses pres- criptions. (Voyez A.-A. Monleil, Histoire des Français des divers états, t. I", p. 38, note.)
3
18 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Ces trois derniers volumes étaient encore en la possession de Guillaume Bou- cher
L'inventaire ((ui l'ut dressé Tannée suivante pour l'élection de Jean de Marie comprend exactement les mêmes ouvi'ages.
Dès cette époque, la bibliothèque avait un règlement, (|ui a été retrouvé par Sabatier dans un recueil de pièces manuscrites. Voici ce document, curieux à bien des titres :
Spectatores manu sinistra ne utantor. Libri suis forulis et ordinibus ne moventor. Nemini, nisi sub chirographo mutuo, praebentor. (îoinmodati , ne uHra niensem retinentor. Inlegri et intaminati in suos ioculos referentor. Plures quatuor senicl bue ne ingrediuntor. Duas uitra horas no immorantor. Qui libros rariores noverint, eoruni titulos bibhophylaci lelinquuntor C-^).
On voit que la Faculté de médecine avait suivi le généreux exemple déjà donné par la cathédrale et la Sorbonne, et qu'elle mettait ses richesses bibliogra- phiques à la disposition des travailleurs. Nous montrerons plus loin que, comme
ra» -V» ^ ' /I ' f^t {'■''"''"''ntfirn ms. t^iadUilis timlicinn' l>(n-mcn.m, l. \ , p. \ \
J.-C. Sabatier, Recherches historiques sur la Faculté de médecine de Paris,
P-9-
FACULTE DE MEDECINE. 19
la Sorbonne, elle exigeait de l'emprunteui' un gage équivalent au prix du volume prêté.
Ces livres, dons splendides accordés par des souverains ou légués par des savants, étaient considérés comme le véritable trésor de la Faculté, et c'est à eux qu'elle avait recours quand ses colîres étaient vides. Plus d'une lois elle les engagea pour de fortes sommes, dans le cas, par exemple, où il s'agissait d'envoyer des déj)utés aux conciles, aux états généraux En avril i3()'7, le médecin Guillaume Boucher (Guillehnns Carnifcis ou Boucherii), dont nous avons parlé, prêta une somme de quarante-huit livres à la Faculté, et reçut de nouveau en garantie les Concordances de Pierre de Saint-Flour et le Contitiens de Rhasès. La quittance délivrée à cette occasion par le doyen Jean de Marie nous a été con- servée dans un recueil maimscrit, qui se trouve aujourd'hui à la bibliothèque de l'école : Quittance du doyen de la Faculté, du dernier avril iSgj, par laquelle ilrecon- noit avoir reçu de vénérable et discret homme Guillaume Carnificis, ez arlz et en médecine, actuellement regent, la somme de à 8 francorum auri de cuno régis, sur la- quelle ledit a engagé a livres : Totum Continens et les Concordances de Saint-Flour, lesquels livres il avoit déjà engagés^^K ... La Faculté ne put restituer ces quarante- huit francs d'or que treize ans après, en mars i/tio, presque au moment de la mort de son créancier un autre recueil manuscrit nous en donne la preuve, et nous apprend que, dans l'intervalle, sans doute pour répondre des intérêts de la somme prêtée, on avait, cette fois encore, ajouté au nantissement \ Anlidotarium d'Albucasis
A peine rentré à la bibliothèque, le Continens de Rhasès fut de nouveau donné en gage; cette fois à Jean Lelièvre [Johannes Leporis), qui avait avancé trente h'vres à la Faculté f^'. Enfin, quelques années après, ce volume fut prêté au doyen Etienne de Rouvroy qui mourut sans l'avoir restitué. La Faculté fit des démarches, et dut, en ikk6, envoyer une réclamation à Bourges, où demeuraient alors les héritiers du défunt '''l
Hazon, Eloge historique de ta Faculté de méde- cine de Paris, p. 65.
Instrumenta tum publica, tum privata in arca Facultatis servata, p. 3 3 4. Ce recueil, dont un double existe aux Archives de l'Empire , est d'autant plus pre'cieux qu'il peut, jusqu'à un certain point, remplacer les premiers volumes des Commentaires manuscrits de la Faculté qui, comme on sait, sont perdus. Voyez plus bas la notice sur les documents historiques conserve's à la bibliolliècpie de l'école.
ffDie Dominica, sexta julii i/iio, obiit bonae rmemoricB magister Guillelmus Carnificis seu Bon- •-clierii. n (T.-B. Bertrand . Annales medici ms. p. 1 4 et 299.)
** ffDie martis i5 mensis martii iZiio, lue- ffrunt . . . recuperati et redempti libri omnes Fa- rrcultatis quos magister Guillelmus Boucherii liabe- (fbat in pignore pro summa h8 lib. turonens. id est ff Totum Continens Rhasis in duobus voluniinibus, "Concordantiœ Pétri de Sancto Floro, et Antidota- rrrium Albucasis. Facultas intègre satisfecit M. Bou- ffcherii de praedicta summa. 1 (T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. i5.)
Synopsis ms. rerum memoralilium , p. 2-2. — T.-B. Bertrand, Annales medici ms. [). 3oo.
Doyen de 1 A 1 6 à 1 A 1 7 .
rri5 octobris ihkH . . . Meminit decanus ini- ffpensarum 8 fr. pro litera passata per duos nota-
3.
20 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Cette même année i/no, la Libliotlièque s'enrichit du traité de Galien De ntilùale partmm qui iui fut légué par Pierre d'Auxonne, médecin de Charles VI. Il exigeait, dans son testament, que ce volume fût confié à tous les docteurs qui voudraient en prendre copie; mais à charge par ceux-ci de dire ou de faire dire une messe de requiem pour le repos de son âme L'année précédente, on avait fondé une messe du Saint-Esprit, en faveur du médecin de Charles V, Evrard de Conti^^', qui venait de mourir, et laissait à la Faculté quelques traités de Galien, qu'il lui avait d'ailleurs promis depuis longtemps^*'.
Mais, si la bibliothèque acquérait des livres, elle en perdait aussi. Deux doyens, Henri Thiboust*^' et Pierre Colomb t*^', avaient prêté de l'argent à la Faculté, qui ne savait comment le leur rendre. Pour s'acquitter, elle se décida, le a dé- cembre 1^87, à mettre en vente les œuvres de Turigianus, dont elle eut six écus d'or^'''. Deux ans après Pierre Colombi mourut; il avait emprunté à la biblio- thèque des livres qui ne se retrouvèrent pas dans sa succession. Ses héritiers, il est vrai, offrirent de payer en argent la moitié de leur valeur^*', et la Faculté semble avoir très-volontiers accepté cette transaction.
rrios pro mittendo Bituris , ad recupcrandimi librum ffde Totiim continens, erga hœredes M. Stephani de rrRouvroy.i {Synopsis ms. reruni memorabilium , p. ^1-)
rispi j^pei'as Twy èv àvdpûuov irwfxaTi fxo- plwv ; c'est en physiologie Tœuvre capitale de Ga- lien.
Riolan [Curieuses recherches sur les escholes en médecine, additions, p. 9) et G. Patin [Lettres, 3o décembre i65o; édit. Reveillé- Parise, t. II, p. 578) mentionnent, d'après les Commentaires , un manuscrit De uiilttate membrorum , qui aurait été légué à la Faculté en 1090. L'erreur est évidente, car les Commentaires ne contiennent rien de sem- blable. Riolan et Patin ont mal lu la date, et veulent certainement parler de la donation de Pierre d Auxonne.
'^^ ffDie festo Decollationis S" J. |]. 1610, obiit frmagister Petrus de Aussonno, qui legavit Facultali ffrnedicœ librum Galeni de Utilitate Partium, qui (tmanebit pênes decanum, et eum decanus concedet trmagisiris qui voluerint légère; et qui ejus volebil ffhabere copiam, tenebitur dicere aut facere dicere rrmissam de requiem pro redemplione animai suœ.'n (T.-B. P)ertrand, Annales medici ms. p. agg; repro- duit en d'autres termes, p. 1/1. — Synopsis ms. rerum memorabilium, p. 18.)
Evrard de Conti était très-instruit; il fit pour Charles V une traduction des Problèmes d'Aristole. (Voyez G. Naudé, De antiipiitate et dignitnte scholw
medicœ Parisicnsis , p. 44, et plus bas notre notice sur la bibliothèque du roi.)
rrDie 99 maij i/ioa, Evrardus de Conty pro- rrniisit se dare in testamento suo Facultati librum ffS" textus Galeni, quod quidem fuit recuperatum ffin decanatu magistri Yvonis Levis anno liog. frFuit instituta de Sancto Spiritu missa ob legatio- frnem supradictam.n (T.-B. Bertrand, Annales me- dici ms. p. 1 1 .)
trDie i5 martii i4io,... Falcutas diligenter ffinquisivi de recuperandis quibusdam libris , quos fsuo testamento sibi legaverat magister Evrardus rrde Conti. n (T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 298. — Synopsis ms. rerum memorabilium, P-i6.)
Il avait été recteur de l'Université. Il fut trois fois doyen, de i43o à i43i, de liSi à i439 et de i439 à \kho.
w Doyen de i/i34 à i436.
ffDie 9 decenibris 1^37, pro acquitanda Facul- fttate erga magistros Henricum Tbibout et Petruni ffColumbi, magistri deliberaverunt imanimiter 11- ffbrum Turigiani exponere venditioni, ex quoma- rrgister Henricus Thiboust dicebat, quia Facullas ffhaberet sex scula aurea.i [Synopsis ms. rerum memorabilium , p. 38. — T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 317.) — Sur Turigianus, voyez plus loin page 4o, note 1.
Hazon, Eloge historique de la Faculté de méde- cine de Paris, p. G5.
FACULTE DE MEDECINE. 21
En revanche , nous trouvons deux donations à constater. Le doyen Jean Lévêque légua à l'école, en i656, un manuscrit d'Avicenne et, vers 1A62, Guillaume Musnier lui laissa un Compendium medicinœ, dont nous ignorons l'auteur*'^'.
Le nombre toujours croissant des élèves rendit bientôt insuffisante la petite maison de la rue des Rats; mais il fut longtemps impossible, faute de fonds suffi- sants, d'en acquérir une autre. Enfin, le jeudi 96 novembre i/iB/i, sous le décanat de Denis-de-Soubz-le-Four, Jacques Despars, chanoine de l'Église de Paris, médecin de Charles Vil, et l'un des hommes les plus distingués de sou temps, convoqua solennellement la Faculté cr autour de l'un des grands benoistiersT) pour aviser aux moyens de créer à l'école un logis plus convenable Despars propo- sait d'acquérir une nouvelle maison et d'y réserver une place pour la bibliothèque; il offrait, dans ce but, trois cents écus d'or, une grande partie de ses meilleurs livres, amagnam partem suoriim meliorum librorum,ii et même des meubles, ff utensilia ■)•) Despars fut remercié comme il le méritait; mais, bien qu'on pût compter sur une faveur spéciale du roi, le moment fut jugé inopportun, à cause de la guerre alors allumée contre les Anglais. Dans une autre réunion, tenue le -10 mars 1^69, l'assemblée arrêta tr qu'elle achepteroit des Chartreux une vieille cr maison size en la rue de la Bucherie, ioignant l'autre maison acquise par la- cfdite Faculté long temps auparavant : ce qui fut fait pour le prix de dix livres rr tournois de rente annuelle payable aux Chartreux n
Despars était mort quand cette acquisition fut décidée. 11 était resté jusqu'à la fin fidèle à sa première pensée; car, outre les libéralités qu'il avait faites de son vivant à la Faculté, il lui laissa par testament son célèbre commentaire sur Avi- cenne, formant quinze volumes écrits de sa main sur vélin
''^ trAnno Domini ii56, ie 20° sept., undecima (thora noctis, obiit magister Joannes Episcopi, el (rdedit Avicennani Facultati medicinae.n {Comment, ms. FacuUatis medicinœ Parkiensis , t. XXI , p. 1 14.) — Jean Lévêque fut doyen de ii5o à ii53.
On lit dans l'inventaire dressé en lyiô : flteni Compendium medicinœ, legatum Facultati fper M. Guill. Musnerii;»! or Guillaume Musnier fut doyen de 1 459 à i462. — Avicenne est auteui- d'un Compendium medicinœ qui était très-estiraé au xv" siècle; on en doit également un à (iiibert l'An- glais, qui vécut vers 1 9 1 0.
Commentarii ms. Facultati.s medicinœ Parisien- sis, t. Il , p. i36.
'''' rrOlTerebat 3oo scuta auri, magnam partem ffsuorum meliorum librorum ot plura utensilia, ad traptationem loci et librariam in dicta domo perd- ffciendani. 11 (^Synopsis ms. rerum memorubilium . p. hù.)
i. Dubreul, Théâtre des antiqinlez de Paris. p. 5G2. — En i486, le doyen Richard Hélain ra- cheta cette rente moyennant cent écus d'or.
aAnno Domini m° cccc° lvii", die tercia ja- rrnuarii, hora prima vel cocirca post prandium, ffdeccssit et dcbitum suum solvit honorandus. fdoctus et recommendacione dignus , magister Ja- ff cobus Despars , arcium et medicine doctor eximius . ffthesaurarius ecclesie Tornacensis et canonicus ec- rrclesie Parisiensis, in domo sua edificata in claus- rrtro Nostre Domine; et sepultus est in ccclesia (fejusdem, in capella Saneti Jacobi, rétro corum... «■Ex testaniento legavit Facultati libros sequen- frtes...j) Suit l'énuniération des volumes, au nombre de quinze , qui composentle Commentaire des œuvres d Aviconne. [Commentarii ms. Facultatis mcdicinir Parisiensis, t. II, p. 180.) L'obit do Despars se trouve dans le Nccrologe de Notre-Dame de Paris ^ à la date du iv des ides de sp])tembre. — On
22 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
La vieille maison nouvellement achetée fut démolie, et on allait commencer à en édifier une autre sur son emplacement, quand une circonstance grave vint interrompre les travaux.
Louis XI, qui, toujours tremblant pour sa vie, s'intéressait fort à la médecine, désira avoir dans sa bibliothèque les œuvres de Rliasès. On ne connaissait alors à Paris d'autre manuscrit complet de cet ouvrage que celui qui était conservé à la bibliothèque de l'école. Jean de la Driesche, président de la chambre des comptes et trésorier de France, alla donc, au nom du roi, trouver le doyen Jean Loiseau [Johannes Avis), et le pria de confier à Sa Majesté les deux petits volumes formant le Totum Contmens Rliasis; Louis XI s'engageait à ne les conserver que pendant le temps strictement nécessaire pour rr en tirer copie, r Cette demande émut beau- coup la Faculté. Comme on l'a vu, elle prêlait volontiers ses livres aux profes- seurs et aux écoliers; mais elle comprenait qu'un volume, une fois entre les mains du roi, serait bien difiicile à recouvrer. Les docteurs tinrent de nombreuses réu- nions, et finirent par décider qu'ils ne se dessaisiraient de leur cher Rhasès que sous bonne caution, savoir : douze marcs de vaisselle d'argent et un billet de cent écus d'or qu'un riche bourgeois, nommé Malingre, consentait à souscrire pour le roi. Dès que ces gages eurent été fournis, le volume fut remis au président de la Driesche avec la lettre suivante :
Nostre souverain seigneur, tant el si treshumblemcnl que pius povons, nous nous recom- mandons a vostre bonne grâce. Et vous plaise scavoir, noslrc souverain seigneur, que le président des comptes maistre Jehan de la Driesche nous a dit que luy avez rescript quii vous envoyast Totum Continens Basis pour le faire escrire; et pour ce quil nen a point, sachant que nous en avons ung, nous a requis que luy voulsissons baillier.
Sire, combien que tous jours avons gardé tresprecieusement ledit livre, car cest le plus beau et le plus singulier joyau de nostre faculté, et ne treuve len guerez de tel: neantmoins nous qui de tout nostre cueur desirons vous complaire et aconiplir ce quil vous est agréable, comme tenuz sommes, avons délivré audit président ledit livre pour le faire escrire; moyennant certain gaige de vaisselle dargent et autre caution quil nous a baillée en seureté de le nous rendre, ainsy que selon les estatuz de nostre dite faculté faire se doit, les quelz avons tous jurez aux sainctes euvan- giies de Dieu garder et observer, ne autrement ne les povons avoir pour noz propres alfaires.
Sire, a lonneur et louenge de vous, et a lacroissement de iaditte faculté de medicine, nous avons grant désir faire unes escolles et une tresbelle librairie, pour exaulser et eslever la science de medicine en ceste vostre ville de Paris plus que onques mais, comme par ledit pré- sident, auquel avons communiqué ceste matière, se votre plaisir est, serez adverti plus au long. A quoy et pour les accomplir, avons besoing et mestier de votre tresbenigne grâce; si vous suplions, sire, que icelle vous plaise nous impartir. Et a tous jours nous continuerons prier Dieu pour vous et la Vierge Marie, afin quelle vous doint santé, bonne vie et longue, avec vray accom-
peut consulter encore sur ses libéralités : T.-B. Bertrand, AnnnJeu vwdici ms. p. 28; Synopsis ms. rcrum memorabilium , p. 5o; Hazon, Eloge historique de la Faculté de médecine de Paris,
p. 6.'); Hazon, Notice des hommes les plus célèbres de la Faculté de médecine de Paris , p. 16, et L. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques, p. 593.)
LES ANCIENNES B I BLI OTH EQ.U ES DE PARIS
r^^ij-^ <30^srÛ- tlv-yScv-îV^^ é^oW-K-^v^ /W^^TY <Xv*vv*<>, 9l-^X^,^
r
LETTRE DE LA FACULTE DE MEDECINE DE PAPvIS
AU P-OI LOUIS XI,
Franklin dir.
^A . Chardon atné , Paru-, r. J^aute^uille-'. 3o
E. Ta
FACULTE DE MEDECINE. 23
plissement de voz treshaulx et tresnobles désirs. Escript en vostre bonne ville de Paris le xxix" jour de novembre.
Voz treshumbles et tresobeissans subiectz et serviteurs, les doyen, docteurs et maistres regens do la faculté de medicine en luniversité de Paris. An Roy nostre souverain seigneur
A la date de cette lettre , Jean Loiseau écrivait encore sur le registre contenant les actes de son décanat : cr Plaçait pignus 19, marcarum argenti cum ili sterlinis, rruna cum obligalione Malingre qui constituit se fidejussorem pro 100 sentis auri, rr ultra pignus tr-aditum v
La Faculté avait profité de l'occasion pour apprendre au roi qu'elle était très- pauvre, qu'elle avait depuis longtemps des projets d'agrandissement, et qu'une subvention serait reçue avec reconnaissance; mais Louis XI lit la sourde oreille. Le copiste qui avait été chargé de la transcription ne fut même payé que huit ans après, si toutefois c'est à lui que s'applique la note suivante, extraite des comptes de la chambre du roi : rrA Regnault Feulole, escripvain, demeurant à cr Tours, pour le paiement de neuf cayers de parchemin, escripz en lettre bas- er tarde, de plusieurs chappitres du livre de Rasis, et un petit traictié Du Régime, crpour la persomie dudit seigneur, pour avoir fait enluminer plusieurs lettres d'or, fc d'azur, et pour avoir relié et cousu en ung livre et icelluy avoir couvert de ve- rrloux cramoisy, 9 liv. t ;î s. 6 d. t.
Le 'ih janvier lU'j'i, les œuvres de Rhasès rentraient à la bibliothèque, et la Faculté restituait les gages qu elle avait exigés. Elle remerciait en même temps messire Jean de la Driesclie de ses peines et soins, et lui rendait l'obligation nota- riée qu'il avait dû signer en recevant le volume
Il semble que le prêt des livres, même aux professeurs de l'école, était alors accordé beaucoup plus difficilement (ju'au siècle précédent, et entouré de ga- ranties dont il n'était pas encore question dans le règlement que nous avons donné plus haut. En mars 1^71, le doyen avait obligé, sous peine de parjure, tous les docteurs à rapporter les volumes qui leur avaient été confiés '^l On en vint
Coiniiieittarii dis. Facullatis mcdicince Parisien- sis, t. II, p. 297. — Lo commeiiremeiit de cfilte lettre a éiè publié pour la première fois par G. Naudé dans ses Additiom à l'hintoire de Louis XI , p. .38, avec de très-nombreuses variantes, qui ont été successivement reproduites dans les ouvrages suivants : Hazon, Eloge historique de la Faculté dn médecine de Paris, p. ^i.3 ; E. Duboulay, Historia Uiii- versitatis Parisiensis , t. V, p. 885; T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 33o; Sijnopsis ms. rerum memorahilinm , p. 5t);L. Lalanne, Curiosités biblio- graphiques, p. î35.
^' Ommentarii ms. Fticultiitis medicinœ Parisien- sis, t. 11, p. -298.
Douël d'Arcq, Extraits de trois comptes de la chambre du roi Louis XL Compte de i'i8i,
rrDie 2Û januarii 1 iy-i, restituuntur Facultati ^duo volumina Totiiis Coiilinenlis Uliasisper D. pr;p- Tsidoin computorum , ipia; nuper Magestati commo- Tdata fuerant. Conclusum est regratiandum esse T(ioniino prœsidi de pœnis et laboribus sumptisper Teum pro Facultate erga Majestatem; illiqiie suam -robligationem per notariés confectam reddendam fresse.') (T.-B. Bertrand , Annales medici ms. p. 33i .)
rrDie «2 0 martii 1 t . . . . Item significanduni r'omnibus magisliis regenlibus et non regentibus, fTut libres, quos liabenl a Facultate, infra dieni
24 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
à demander aux emprunteurs, non-seulement un reçu comme précédemment, mais encore un gage d'une valeur supérieure à celle du volume Au mois d'oc- tobre 1/171, Regnauld Leroi [Reginaldus Régis) ayant voulu emprunter un volume d'Avicenne, sa demande fut repoussée, parce qu'il ne présentait pas en garantie un objet d'un prix plus élevé que celui de ce livre, rrquia pignus non erat majoris cr valoris n
Aussitôt que la Faculté eut été remise en possession de son cher Rhasès, elle reprit ses projets d'agrandissement. Sur l'emplacement de la maison achetée aux Chartreux, le doyen Guillaume Bazin fît commencer de nouvelles constructions qui, jusqu'en 1/177^^', se continuèrent «petit à petit, des bienfaits des docteurs, ftet aussi de l'argent qui devoit leur estre distribué pour leur assistance aux ff actes y> En effet, chaque bachelier, après sa réception, était tenu d'aller rendre visite à ses examinateurs et aux autres maîtres régents. Dans le principe ils leur offraient, en témoignage de reconnaissance, des épices telles que de la muscade, du gingembre, du poivre, de la cannelle. Quand ces substances furent devenues communes, on les remplaça par des bourses plus ou moins garnies, qui finirent elles-mêmes par ne plus représenter qu'une somme fixe; au xiv^ siècle les bourses étaient estimées sept sois*'').
Les donations de livres continuaient, mais fort lentement. En septembre 1/172, Charles de Mauregard léguait à la Faculté un commentaire sur YArspan^a de Galien , et les régents votaient des remerciments à sa veuve et à ses exécuteurs testamentaires**'. Durant les treize années suivantes, nous ne trouvons aucune libéralité de ce genre à mentionner; cependant, dans l'inventaire qui fut dressé en 1 /»85, pour le décanat de Richard Hélain on voit figurer, outre les ouvrages que nous avons déjà énumérés, sept sermons très-richement ornés, et deux vo- lumes des fameux Commentaires qui nous ont conservé l'histoire de la Faculté
rrmartis proximum ad decanum mitlanl, sub pœna rrperjurii.n [Synopsis ms. rerum meniorabilium , p. 59.)
rrDie 20 marlii 1671, conclusum est. ... fTSupplicantes magistros posse habere quemlibet !i- ffbrum Facultalis, sed cum schedida et pignore valo- ffris majoris.» (T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 829.)
Synopsis ms. rerum mcmorahilium , p. 5g. — Mentionné par Cl. Hdmére', De Academia Pari- siensi, p. 54.
Doyen de à liyS.
Synopsis ms. rerum memorabiimm, p. 61. — Crevier, Histoire de l'Université de Paris, t. IV, p. 356 ; il ajoute : rrJe ne puis dire dans quel en- ffdroit, avant cette construction, les professeurs (fdonnoient leurs leçons. 1
Félibien, Histoire de Paris, t. II, p. 867. J. Dubreul, Théâtre des antiquités de Paris, p. 562.
Commentariims. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. I, p. 3.
rfDie ai septembris 1^72, post prandium, r . . . . Facultas regratiata est niagistris quorum ff opéra Arteni commentatam defuncti M. Garoli de ffMauregart obtinuerat; item et execuloribus ejus ff testament!, atque ipsius uxori, ob acceptum ab ffeis libenlique animo concessum munus, gratias ffegit. ■« [Synopsis ms. rerum memorabilium , p. 61.
— T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 33 1.)
— Ch. de Mauregard fut doyen de ihhi à ikhb.
Doyen de i/i85 à 1/188, mort en i5i6. Commcntarii ms. Facultatis medicinœ Parisien- sis, t. III, p.
FACULTE DE MEDECINE. 25
En 1^91, Régnier Hannegrève légua encore à l'école deux beaux manuscrits sur vélin, enluminés et bien reliés; l'un contenait un traité intitulé Alexander loLTpos^-', l'autre le Colliget d'Averroës Enfin, en i5oo, le doyen Guillaume Bazin'*' lui laissa par testament le seul ouvrage connu du médecin arabe Avenzoar'^l
Mais déjà la petite collection avait tenté la cupidité des voleurs. Un des régents avait pour domestique un sieur Pliilbert, qui s'introduisit dans la bibliothèque et y déroba plusieurs volumes, dont deux seulement purent être aussitôt recouvrés. Le coupable fut arrêté et mis en prison pour trois mois'*^'. La Faculté dut prendre des mesures sévères, et, sans écouter aucune réclamation , elle ferma momentané- ment la bibliothèque'^^ En même temps, le doyen Richard Hélain donna deux écus d'or pour acheter des chaînes de fer destinées à attacher les livres sur les tables'*'. Ces chaînes étaient encore conservées à l'école de médecine en 1770 '°'; elles ont disparu depuis, avec tant d'autres précieux souvenirs de cette époque.
Cependant la confiance tardait à renaître, et les donations, les legs de livres devenaient de plus en plus rares. La Faculté y suppléa en achetant de ses deniers quelques volumes. En janvier iBaô, elle acquit ainsi les œuvres de Galien et en décembre 1 Say, celles d'Hippocrate Vingt ans après, Jean Desjardins (yoA.fm-
Doyen de 1675 à 1^77, mort en 1^91.
Certainement l'ouvrage suivant qui fut im- primé à Lyon en iboh : Alexandri lalri practica, cum expositione glossœ interlineans Jacobi de Parti- bus el Simonis Januensis. L'auteur, Alexandre de Tralies, était Lydien, mais on ne sait s'il vécut au i\\ au v" ou au vi' siècle. On croit qu'il voyagea en Gaule, et qu'il exerça surtout à Rome, où il était connu sous le nom d'Alexandre le Médecin.
(fDie 25 junii 1^91, Facultas acceptât duos rrlibros oplimos m. s. in pcrganio, bene religatos "in assoribus, et illuminalos : Alexander ia-vpôs et rrColliget Averroïs. n (T.-B. Bcrtiand , Annales medici ms. p. 337.)
'''' Reçu docteur en i/iGG, élu doyen en 1672, mort le 10 mars 1000.
ffDie 10 martii i5oo, suuni diem obiit ma- (rgister Guill. Basiu . . . Hic tradidit ex legatione Fa- ffcultati libruni Avenzoart, concatenandum cum n-aliis in bibliollieca scholarum.fl (T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 3/15.) — Le mot Avenzoar est, dit-on, la corruption d'Abou Merwan Ben Abdel Melek Ben Zohr; on prétend aussi que ce médecin vécut cent treute-six ans sans avoir jamais été malade. Ce quil y a de plus certain, c'est (ju'il était contemporain d'Averroës, qu'il naquit à Sé ville et y exerça.
-17 januarii 1A97. ngitur de quodam Phil-
ffberto, quem M. de Castro commiserat utdomum ffsuam et scholas servaret. Ille enim suffuratus fue- i-frat multos e bibliotheca libros , quorum duo recu- rrperantur diligentia decani.» [Sijnopsis ms. rerum memorabilium , p. 82.)
TfDie k martii 1/197 queruntur adhuc
rr quidam quod adhuc clausœ essent scholae; alla- frmen clausa fuit usque dum numerarentur libri. » (T.-B. Bertrand, yl)i>ia/e.s»ie(/«c«?«.9. p. 3A2.)
frDiei2 novembris(i 509), Facultas egit gra- rrtias an)plissimas magistro Richardo Helain,quod, rrad ligandos in burello libros cum catenis ferreis. rr duo scuta dedisset. 1 ( Synopsis ms. rerum memorabi- lium , p. 101. — T.-B. Bertrand , Annales medici ms. p. 355.) — Ces chaînes étaient rivées à une patte de fer solidement fixée par des clous en haut de la couverture, alors presque toujours en bois et fort épaisse. On rencontre très -fréquemment des manuscrits qui portent encore les traces de ces fer- rures, mais bien rarement ils ont conservé quelques anneaux de la chaîne qui les attachait. (Voyez à la bibliothèque Mazarine le manuscrit coté T ài'j.)
Hazon , Eloge historique de la Faculté de mé- decine de Paris, p. G6.
frDie 3o januarii i526, conclusum est ut rf emerentur omnia Galeni volumina grœce scripta. 1 (T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. 366.)
ffDie 1 II decembris 1527.... Facultas voluit
Zi
26 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
nés de Hortis ou Hortensis) donna à ia bibliothèque un autre volume de Galien^^). Mais de nouvelles soustractions eurent certainement lieu vers i555; car, à cette date, on reprocha au doyen son incurie, on l'invita à veiller désormais plus soi- gneusement sur la bibliothèque, et à faire rédiger un catalogue des volumes qui restaient Ce travail fut-il exécuté? Gela est douteux. Près de dix ans plus tard, en mars i56/i, nous voyons encore la Faculté désigner des commissaires pour s'occuper d'un catalogue, et en même temps pour réclamer deux volumes pré- cédemment empruntés par le doyen Jacques Hollier, qui était mort depuis deux ans^^'.
Les pertes qu'avait subies la collection semblent avoir produit un décourage- ment général. Les seuls témoignages que nous rencontrions à partir de ce mo- ment nous présentent la bibliothèque comme bien déchue et à peu près abandonnée. Le P. Jacob disait d'elle en i6/i2 : tell n'en reste à présent que la mémoire dans- er les autheurs n Un Guide de 1716 confirme encore cette assertion : rrOn voyoit cr autrefois, dit-il, aux écoles de médecine une bibliothèque assez curieuse, parce rr qu'elle contenoit des livres sur des matières singulières, joint aux manuscrits trdont elle étoit fournie n Enfin Bourru, dans la préface du catalogue qu'il ré- digea plus tard, regrette les beaux manuscrits qui ont disparu de la bibliothèque, et la splendeur dont, dit-il, on peut à peine retrouver les vestiges; il déplore l'état d'abandon dans lequel on l'avait laissée, et n'hésite pas à l'attribuer au- tant à l'incurie des doyens qu'aux larcins commis du dehors
La Faculté songeait d'ailleurs bien plus alors à augmenter ses bâtiments qu'à conserver sa bibliothèque. En iSiQ, elle était devenue propriétaire d'une grande maison voisine, croù pendoit pour enseigne les Trois Roys ^'^Kii Dix ans après, elle faisait élever de trois pieds la salle qu'occupait la bibliothèque, et y installait sa chapelle; les Commentaires ne songent même pas à dire dans quel endroit les livres furent alors transportés En i568, la Faculté acheta une autre maison,
rrut Hippocralis liber emeretur. 1 [Synopsis iiis. L.Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques
rermn memombiliutn , p. 19 1. — T.-B. Bertrand, publiques et particulières , p. .596.
Annales medici ms. p. .367.) Le Voyageur fidèle, ou le Guide des étrangers
Hazon, Notice des hommes les plus célèbres de dans la ville de Paris, p. ,'5 00.
la Faculté de médecine de Paris, p. 97. — Desjar- '"^^ rfVerum qiia mala fortuna accident, ut nunc
dins (ut doyen de iSai à iSaô, et mourut le ffagnosci vix queant veteris illius splendoris vesti-
3i janvier 15^7. ffgia, animo non capitur; nisi forsan extraneorum
' (rDie i5 nov. i555 , querilur niagister Nico- ffsubtilitas in subripiendis clanculuni et furtive .
rrlaus Vigoureux nuiltos e bii)liollieca libros scho- -rvel codicibus integris, vel librorum paginis, par
tflarum furlo ablatos; superstituni cataioguni fieri , rrfuerit cum incuria eorum quibus tanti thesauri
rra])liusque quani anlea clavibus illamoccludi petit. -rcustodia conimittebalur. 1 (E.-G. Bourru, Calalo-
ffBes ad decanuni domandalur. {Synopsis vis. re- gus librorum qui in bibliotheca Facultatis saluberrimœ
ruin memorabilium , p. 168. — T.-B. Bertrand, Parisiensis asservanlur, praefatio.)
Annales medici ms. p. ,388.) v') J. Dubreul, Théâtre des antiquités de Paris,
Synopsis ms. rerum memorab.p. 181. — J. Hol- p. 563.
lier lut doyen de i5/i6 à i568, et mourut en iSGa. rDie i4 noveiubris iSaS, de consilio archi-
FACULTE DE MEDECINE. 27
donnant sur la rue des Rats , et qui était appelée la maimndu Soufflet ; on l'abattit, et sur son emplacement fut organisé un petit jardin botanique Quarante ans plus tard, l'école acquit encore, mais cette fois au coin de la rue du Fouarre, cfune maison où souloil pendre comme enseigne l image Saincte Catherine, avec ff une grande masure pour y bastir un magnifique théâtre anathomique'^'. ri Celui-ci tombait en ruine dès 1678; il fut alors restauré de fond en comble, ainsi que les autres bâtiments de la Faculté, grâce à la générosité du chanoine Michel le Masle, abbé Desroches qui dans la suite laissa toute sa bibliothèque à la Sorbonne'^'. Cet amphithéâtre ne dura guère que quatre-vingts ans; on le démolit en 17^9, et on en construisit un autre, tout à fait monumental, au coin de la rue de la Bûclierie et de celle des Rats. Ce dernier, devenu propriété nationale pendant la Révolution, fut vendu le 28 décembre 1810. Il a subi depuis lors d'étranges transformations.
Sur la rue de l'Hôtel-Colbert, qui a remplacé la rue des Rats, on a percé dans l amphithéâtre une porte qui sert aujourd'hui d'entrée à un estaminet, dont l'unique salle est naturellement de forme à peu près ronde; deux billards y sont établis. Au-dessous, dans les caves voûtées, se trouve un marchand de vins. Tout le reste de l'amphithéâtre a été, jusqu'aux combles, coupé par des planchers, et divisé en quatre étages qui renferment de petits logements; on arrive à ceux-ci par un étroit escalier en bois, dont la niche a été pratiquée au dehors, dans l'espace que la convexité de l'édifice laissait libre.
La façade qui donne sur la rue de la Bûcherie porte le numéro i3, et est oc- cupée du haut en bas par un de ces établissements que Jacques de Vitry, au xm*" siècle, regrettait de voir si fréquemment installés dans le voisinage des écoles'^*. A côté, une porte cochère, également surmontée du numéro i3, donne accès dans une maison où existe un lavoir public. La cour est très-étroite. A gauche, juste en face de la loge du concierge, apparaît l'entrée principale et assez
f lectorum, construitur sacellum in eo loco in quo Tjani videtur antiqua Ijibliolheca ad très pedes freievata. '> {Synopsis ms. rei urn memoi abtliuiit , !'• 12 3.)
Lemaire , Paris ancien et nouveau, t. II , p. 6 1 1 . Féliljien, llisloire de Paris, t. II, p. 867. ^' J. Dubreul, Thealre des antiquitez de Parts, p. 063.
fflllustriss. abbas D. des Roches, in ecclesia "Parisiensi prœcentor. donationem 3o,ooo lib. turo- -ncnsiuni, menibranis pergamenis consignatam.... -ac regio sigillo munitani, misit ad decanuni, per • nianus D. Gandin, baccalaurei theologi... ad in- -staurationem scholarum vetustate collabentium. ^ [Synopsis ms. rerum meinorahilium , p. SgS.) —
Voyez encore : Remerciemenl à mcssirc Michel le Masle, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé, chantre et chanoine de l'Eglise de Paris , abbé Des Roches , etc. au nom de la Faculté de médecine de Paris, par l'un de ses docteurs, pour le l'établis- sement de leurs écoles. Paris, 16/1 .3, in-4°.
Voyez ci-dessus, t. I", p. 266 et suiv.
Voyez tome I", p. 3 , note 1 . — Voici un rap- prochement assez curieux : en septembre i^gS, la Faculté se décida à louer une maison contiguë aux bâtiments de l'école, parce que, disent les Commen- taires, rrinea meretricibus pernoctantibus una cum ffsuis laenonibus, lupanar esset maximo Facultalis ffdedecori.i {Synopsis ms. rerum memorabilium , p. 76.)
h.
28 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
élégante de l'amphithéâtre; un peu plus bas que le fronton qui la surmonte, une longue plaque de marbre noir porte, en lettres d'or, l'inscription suivante :
AMPHITHEATflVM
y£TATE COLLAPSUM /ERE SUO RESTITUERUNT MEDICI PARISIENSES A. R. S. H. M.DCC.XLIV. M" Elu Col de Vilars Decano
La porte d'entrée des autres bâtiments de la Faculté est dans le fond de la cour, à droite de l'amphithéâtre. Les sculptures n'ont rien de remarquable, mais au- dessous de la corniche supérieure se trouve une plaque de marbre, sur laquelle on lit :
JERE D. D. MICHAELIS LE MASLE REGIA SANCTIORIBUS CONSILIIS PROTONOTARII APOS- TOLICI PR.ECENTORIS ET CANONICI ECCLESI/E PARISIENSIS PRIORIS AC DOMINI DES ROCHES ETC M. ANTONIO LE MOINE PARISINO DECANO ANNO R. S. H. M.DC.LXXVIII
La Faculté, dit Hazon, rrfit placer sur la porte intérieure des écoles un marbre «qui exprimoit, en lettres d'or, sa recoimoissance, avec deux figures de grandeur rr naturelle, qui joignoient les armes de la Faculté avec celles de l'illustre abbé <''i-» (Desroches). Ces sculptures sont aujourd'hui absolument méconnaissables. Quant aux deux inscriptions que nous venons de rapporter, et qui n'avaient pas encore été recueillies, elles sont devenues presque illisibles, et c'est à grand' peine que nous avons pu déchiffrer la première. Il est indispensable de les faire promptement
Hazon, Eloge historique de la Faculté de médecine de Paris, p. yi.
FACULTE DE MEDECINE. 29
enlever, si l'on ne veut voir disparaître ces curieux souvenirs des anciennes écoles de médecine. Leur vraie place est, au reste, tout indiquée d'avance dans la bi- bliothèque actuelle, qui n'a que trop besoin d'ornements de ce genre. Retournons sur nos pas.
Les études médicales devenaient chaque jour plus régulières et plus complètes, et l'on songeait fréquemment à reconstituer une bibliothèque spéciale pour la Fa- culté. Mais d'un côté le manque d'argent, de l'autre l'indolence des doyens, re- tardaient sans cesse l'exécution de ce projet. Une occasion exceptionnelle finit par se présenter.
Pierre Michon, plus connu sous le nom d'abbé Bourdelot, qui fut médecin du grand Gondé, puis de la reine Christine, avait reçu de son oncle, l'orientaliste Jean Bourdelot, une bibliothèque nombreuse'^'. 11 la laissa par testament à son neveu Pierre Bonnet-Bourdelot, en exprimant le vœu qu'il la transmît à son tour à l'école de médecine'^'. Bonnet continua à enrichir la collection qu'il venait d'acquérir ainsi et, en 1691, six ans seulement après la mort de son oncle, il l'offrit à la Faculté sous la seule condition qu'elle serait ouverte tous les jeudis au public
L'école ne se prononça pas aussitôt. Elle nomma huit commissaires, qui, après mûr examen, rtre diligenter examinata,n déclarèrent que cette bibliothèque ne pouvait être acceptée '""^ la Faculté n'étant pas en mesure de faire face aux frais qu'entraînerait son installation, et redoutant d'ailleurs que, si on lui voyait entre- prendre de pareilles dépenses, on ne crût ses finances en trop bon état^'''. La vraie raison de ces craintes n'est pas clairement exprimée dans les registres de l'école; mais Bourru nous la fournit. La guerre que soutenait alors la France avait obéré le trésor; on levait des taxes un peu sur tout, et l'on n'eût pas manqué d'imposer lourdement la Faculté si on lui eût supposé des réserves f^'.
Legallois, Trailté des plus belles bibliothèques de l'Europe, p. 128.
Hazon, Notice historique des hommes les plus célèbres de la Faculté de médecine de Paris, p. 127.
Menaffiana, t. II, p. 111.
tfPetrus Bonnetus Bourdelot, régis chi-istia- rrnissimi niedicus primarius, ... aiino 1 O91 medicis ff Parisiensibus numerosam librorum supellectileni ff quam ipse collegerat oblulit. n (E.-C. Bourru, Ca- talogus librorum saluberrimœ Facultalis, prœfalio.)
ffEa lege ut eorura, conimodo loco colloca- rrtoruni, singulis diebus jovis philiatris copia dare- fftur. n (T.-B. Bertrand, Annales medici nis. p. 279.)
ffQuo quidem optimi viri beneficio potiri rruondum datum fuit, quod quibusdam impensis fftueri necessum fuisset.i (E.-C. Bourru, Cata- logus librorum saluberrimœ Facultalis, praefatio.)
tfTum... quod, propter œrarii FacuUatis rqjenuriam, oblalam a viro clarissimo D. Bonnet ff Bourdelot librorum medicorum bibliothecam non fraccipiendani esse a nobis satius existiniasset de- ffcanus; tum ob temporum diflicultatem : ne dum rrextruendis locis ad libres collocando.s idoneis trmagnos sumptus l'ecissemus, hinc occasio snmere- trlur sub opinione optimi rerum nostrarum status, rrgravius quoddani a nobis vectigal expetendi.i (T.-B. Bertrand, Annales medici ms. p. '277.)
(fTimebat eteniin Facultas saluberriina ne fr propter bellum, quod tune temporis magnopere ffsœviebat, subsidiis vexaretur, si quibusdam sum- ff ptibus minus necessariis mentiretur, ut ita dicani , (rdivitias.n (E.-C. Bourru, Calalogus librorum qui in bibliotheca Facultalis saluberrimœ asservantur , prœfatio.)
30 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Bourdelot comprit. Il voulut, de ses propres deniers, organiser ia biblio- thèque"', et oiTrit, dans ce but, deux mille livres. Le doyen lui transmit les re- mercîments de la Faculté, et accepta avec empressement; non toutefois sans revenir de nouveau sur le triste état où se trouvait la caisse de l'école
Toutes ces négociations avaient employé près de deux années. Que se passa-t-il ensuite? On ne sait. Le doyen regarda-t-il comme trop dangereux encore l'ar- rangement proposé par le donateur, et la bibliothèque ne fut-elle pas livrée ; on bien faut-il s'en prendre à l'incroyable désordre qui régnait alors dans la Faculté? Ce qu'il y a de sûr, c'est que, peu d'années après, il ne restait déjà plus trace de la belle bibliothèque de Bourdelot '^^
Malgré le peu de succès qu'avait eu celte tentative, elle fut bientôt renouvelée.
C'est à l'année 1783 que remonte en réalité l'origine de la bibliothèque actuelle de la Faculté, et c'est au savant Picoté de Belestre que revient l'honneur de cette création. Il avait réuni une collection très-précieuse, qu'il laissa à son ami Claude Joseph Prévost, avocat au Parlement. Celui-ci, suivant les dernières volontés de Belestre, était tenu de donner ces livres à un des établissements d'instruction de l'Académie de Paris, afin qu'ils fussent mis à la disposition du public'^'. Cette clause du testament était ainsi conçue : rc Je lègue à mon exécuteur testamentaii-e, rrM, Prévost, advocat en Parlement, ma bibliothèque pour estre par luy établie, ffen mon nom, au service public dans l'Université de Paris d'où je suis docteur; fret ce dans le lieu où il trouvera qu'on voudra la recevoir, et estimera le plus rc convenable f*^'. n Claude Prévost s'en dessaisit aussitôt en faveur de la Faculté de médecine.
ff Causam recusationis intelligens M. Bour- rrdelot, non satis laudanda largitate, ex suo œre rret suismetipsis denariis bibliolliecam quam offe- frrebat locavit. d (E.-C. Bourru, Catalogus librorum saluherrimœ Faeullatis, prœfatio.)
ffDie 2 aprilis iGgS, decrevit Facultas con- ff\ocata, cuni graliarum aclione, accipiendos esse fra niagistro Pctro Bonnet Bourdelot libros quos ^•Facultati vir munilicus obtulerat; sed ea iege ut rrbis mille libellarum summa, quam promiserat, ffab ipso concederelur, ad suscipiendos necessario rrsumptus, ut locandœ hiiic bibliothecœ locus para- fe relur, quos Facultas ferre, pro œrarii sui pauci- fftate, non poterat.n (T.-B. Bertrand, Annales me- dici ms. p. 282.)
Hazon , Eloge historique de la Faculté de mé- decine de Paris, p. 66.
'''' ffAst eheu, quœnam sunt rerum bumanarum ff vices! Dum nemo bujusce bibliothecœ curam ffgerit, inde brevi evanuit; jamque ex ea vix quid-
ffqiiam superest, nisi nomen collatoris munificen- tftissimi. n' (E.-C. Bourru, Catalogus librorum salii- heriimcE Facultatis , prœfatio.)
ffAb anno itaque lySS nostrœ bibliothecœ rrrepetenda est origo. Neinpe M. Franciscus Pi- rrcoté de Belestre, vir litteratissimus et preliosis- ffsima librorum collectione dives, divitias hasce rrlitterarias, auro cariores, viro consultissimo M. ff Claudio Josepho Prévost, in Senatu Parisiensi ffcausaruin patrono, amico suo, dum viveret, fide- fflissimo, legavit, ut in Academia Parisiensi litte- ff ratorum usui consecrarentur. n (E.-C. Bourru , Ca- talogus librorum saluberriinœ Facultatis, prœfatio.) — Ce passage est textuellement copié de l'ouvrage intitulé : Ritus , usus et laudabiles Facultatis medi- cinœ Parisiensis consuetudines , authoritate totius ejus- dem Ordinis excusa. Paris, lySi, in-18, p. i3o.
H.-T. Baron, Catalogus librorum Facultatis mcdicinœ Parisiensis bibliothecam componentium , p. 1.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
31
Le samedi k juillet lySS, tous les professeurs furent convoqués, afin de sta- tuer sur cette donation. Claude Prévost, invité à prendre part à la réunion, re- nouvela son ofTre, et exposa les conditions dont il croyait devoir l'accompagner pour réaliser les désirs du défunt. La bibliothèque serait conservée avec soin, et installée de manière que le public pût en jouir; le catalogue, qui avait déjà été dressé, serait signé par le doyen en exercice; de plus, à la fin de chaque décanat, un récolement exact des livres aurait lieu, et décharge serait donnée par le nouveau doyen à son prédécesseur ('l Ces conditions furent acceptées à l'unanimité, et des remercîments adressés à Claude Prévost au nom de la Fa- culté (^).
Huit jours après, le doyen H.-Théodore Baron se rendit rue des Deux-Portes, au dernier domicile de Picoté de Belestre. En présence de deux notaires, il signa l'inventaire qui avait été dressé, et prit possession de la bibliothèque ainsi que
rf[Anno Domini lySS], die sabbali 4° julii, tfconvocali sunt doctores omnes medici in scholas tfsuperiores, liora décima niatutina, per schedulam ffab apparitoribiis singulis doctoribiis delatani : de tf bibliolheca M' Francisci Picoté de Belestre , collegaî crfato functi, recipienda deliberaturi. In haec comitia ffintrodnctus est M" Ciaiidiiis Josephus Prévost, f celeberrimus in Senatu Parisiensi causarum pa- !t tronus , M' Francisci Picoté de Belestre testamenli "Curalor, (jui . . . his verbis congregatam Facultatem "allocutus est : . ... ffNoiiiino, in vini testamenli, rrFacuUatem niedicinœ Parisiensem, ut accipiat ff bibliolbecani M' Francisci Picolé de Belestre, f^ejusdem Facullatis doctoris, publicis usibus, ejus crnomine, inslituendain in loco, non soluni libris (ftestalorisetaliis qui, si beneres prospèrent, incre- miento eis poterunt esse, conservandis idoneo, sed 'reliam libroruni studiosis, ut facillime et iis fre- tf quenter utantur,commodo, virisque litteratis digno, "cuni tuta et assidua ipsorum custodia, viri litleris 'rinstrucli et i'acili librorum conmiunione, prout de fboc conveniendum aut statuendum crit; ea efiam rriege, ut vigilantissimus decaiins, et qui in ejus rémunère ipsi succèdent, catalogum , ex decreto ffSenatus a notariis et a me subscriptum, et quoties flibri augebuntur nugendum, subsignent, salvaiii rret integram remaneie bibliolbecam fidejubentes. ffEt quoties munus decani in aliuni transferetur, '•is qui illud siiscipiet eamdem fidejussioneni sub- fTScribat, recognita ab ipso integritate bibliotbecœ, trde qua Senatus cerlior fiet per actum qui in suis rrtabulis referetur, auditis illusti'issimis regiis qua- Tdrumviris, qui bibliotliecam quoties ipsis pla-
ffcuerit visitabunt; quœque visitabitur a rectore fUniversitatis Parisiensis, tanquam patrimonium cfacademicum, juribus et privilegiis Universitatis rrgaudens. n [Commentarii ms. medicinœ Facullatis Parisiensis, t. XIX, p. 9 3 7.)
frQuibus auditis, rein deliberationem missa. ffrogatisque singulorum doclorum sententiis, om- ffues, unanimi consensu, statuerunt accipiendam tresse bibliolbecam M' Francisci Picolé de Belestre, frcoUegœ falo functi, juxta verba quœ ad Faculta- fftem habuit M" Claudius Josephus Prévost; ipsi ffsummas agendas esse gratias pro hoc amplissimo ftmunere, (pio Facultatem medicam Parisiensem frdotare munificenlissime voluerit. [Commentarii ms. medicinœ FacuUatis Parisiensis , t. XIX, p. ySg.)
ff Extrait de la minutie de l'inventaire fait ffpar Gervais Laisné, l'un des notaires soussignés, fret son confrère, le 5 janvier ly.jS et jom's sui- ffvanls, après le décès de W François Picoté de ff Belestre , docteur régent de la Faculté de médecine rrà Paris.
ffLe i3 juillet 1783, au mandement dudit ff M' Claude Joseph Prévost, advocat en Parlement, ff audit nom d'exéculeur testamentaire dudit Fran- -fçois Picolé de Belesli'e, les conseillers du roy, rr notaires à Paris soussignez, se sont transportez ffcn la maison qui appartenoil au défimt sieur de ff Belestre, rue des Deux-Porles, dans l'appartenient ffoù est resté la bibliothèque, et où estoient pré- ffsents M° Hyacinthe -Théodore Baron, docteur ffregent et doyen de la Faculté de médecine en rr l'Université de Paris, demeurant isle Nostre-Dame, 'rriie des Deux- Ponts, paroisse Saint-Loiiis, et la-
32 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
de cent cinquante volumes*'' que, par l'intermédiaire de Claude Prévost, la veuve de Jacques Amelot de Beaulieu, premier président à la Cour des aides '■^^ venait
frditte veuve Malleray. Ledit sieur Prévost a repré- ffsenté Je catalogue qui a esté dressé, reveù et ff reconnu par plusieurs personnes lettrés, et nota- frment par plusieurs de Messieurs les docteurs de fia Faculté de médecine, des livres coniposans la "bibliothèque dudit deffunt sieur de Belestre, pour rr estre laditte bibliothèque , conformément à ce qui trest ordonné par les arrests de la cour du Parle- ffinent des dix mars, vingt-quatre avril et vingt fret un may, le tout de la présente année, établie rren l'Université de Paris dans la Faculté de mé- rrdecine, à l'endroit dont il sera convenu avec rr Messieurs de laditte Faculté et ledit sieur Pre- cfvost, suivant le décret de laditte Faculté, fait rr entre eux en datte du quatre des présents mois tret an. . . 1 (H.-T. Baron , Catahgus Ubrorum Facul-
tatis medicinœ Parisiensis bibliolkecam compoiieii- tium, p. 3.)
Voyez Catahgus Ubrorum quos Facullatis me- diciiue Parisiensis bibliothecœ adjun-xit nobilis fœmina D" Amelot; dans le Catalogne de H. T. Baron, p. io6 à io8.
rrlllustrissima femina Ammelot," disent les Commentaires , t. XX, p. 282. — Voyezaussi Hazon, Notice historique sur les hommes les plus célèbres de la Faculté de médecine de Paris, p. 91/1. — Amelot de Beaulieu avait possédé une très-riche biblio- thèque dont le P. Jacob a fait l'éloge {Traicté des plus belles bibliothèques publiques et particulières, p. igS), et dont les volumes sont recounaissables par la marque suivante , qui est presque toujours frappée en or sur les plats :
Michel de Marolles écrivait un peu plus tard :
L'Amelotle a son prix; d'une maison puissante, Elle est riche, elle est belle avec tous ses atraits. .te n'entreprendrai pas d'en faire les portraits; .Mais dans son grand dessein , on la voit excellente.
( M. (le Marolles, Paris ou description sncc'indu et nrttnUnfiins assez ample de cette grande ville, p. A9. )
FACULTÉ DE MÉDECINE. 33
d'ofîVir à la Faculté Philippe Hecquct y ajouta environ treize cents volunies'^', (ju'il tira de sa propre bibliothèque
Mais, pour que, selon le vœu exprimé parles donateurs, la nouvelle collection pût être mise à la disposition du public, il fallait avant tout en rédigei' le cata- logue. Ce travail fut aussitôt entrepris par le doyen Hyacinte-Théodore Baron et la manière dont il fut exécuté prouve quels sentiments de gratitude l'école conservait pour Picoté de Belcstre. On eut soin en effet de faire copier, en tête de la liste de ses livres, toutes les pièces relatives à sa libéralité. Le catalogue de Baron forme un volume in-folio, qui existe aujourd'hui à la bibliothèque de la Faculté.
rrLibris M. deBelestre accessere, curisejusdem Né le 1 1 février 1661 , doyen de 17 la à 1 7 1 4 ,
n M. Prévost , libri D. viduœ Amelot. -o (E. C. Bourru , mort le 1 1 avrU 1 7.37. Il écrivait prescpje toujours Catalogus librorum saluherrimœ Facultatis , prœfatio.) son nom sur la première page de ses livres :
et.
Voyez Catalogus librorum qui augendœ Fa- cultatis medicinœ Parisiensis bibliotkecœ accesserunt, ex liberalitate magisiri Philippi Hecquet, anliqui decani; dans le Catalogue de H. -T. Baron, p. 109 à 202.
rrHuicce librorum collectioni, ex liberalitate «■M' Philippi Hecquet, antiqui Facultatis decani, ad-
ffjuncta est nova librorum copia , ex ejusdem biblio- ffthecadeprompta.17 (E.-G. Bourru, Catalogus libro- rum saluberrimœ Facultatis, prœfatio.)
H.-T. Baron possédait lui-même mie assez belle bibliothèque , et il donna plus tard plusieurs précieux volumes à la Faculté; on trouve sur quel- ques-uns d'entre eux cet ex libris :
norvATcReins.
M.IIyacifvthi ThccdoriBarcn Anlùjf luB'acuyltuàs Medùcùux.
Ccfj-frcramRe^uy etEoccrcduiim Prolo nvedico
11.
3
34
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
H est intitulé :
Catalogus Librorum Facidtatis Medicinœ Parisiensis Bibliolhecam componentium. Ex Dono et liberalitate M'" Francisci Picoté De Belestre ,
CoUegœ clarissimi; M' PhiKppi Hecquet, antùjui facultatis nostrœ Decani; et Nobiîis feminœ Antoniœ de Brion, Viduœ Magistri Amelot. in Senatu Parisiensi Prœsidis : M" Hyacinthe Theodoro Baron , Parisino , tcrtium Decano , anno ijSS t^'.
Ce catalogue est compris dans un volume in-folio, dont a 65 pages seulement ont e'té em- ployées.
On lit au verso de la couverture :
ffCe volume est le catalogue original des livres trde la bibliothèque de la Faculté, qui doit rester fcdans l'armoire des archives dont M. le doyen a ffla clef, pour y inscrire les livres à mesure qu'il T en survient de nouveaux . . .v
Le volume contient les pièces suivantes :
Extrait du testament de M. François Picoté de Beiestre.
Concession de la bibliothèque de M. de Beleftre à la Fa- cilite de médecine par M. Prévost, son exécuteur testamentaire.
Décret de la Faculté pour accepter la donation de la biblio- thèque de M. de Belestre.
Acte par-devant notaires de la délivrance de la biblio- thèque de M. de Belestre, faite par M. Prévost à M. H. -T. Baron , doyen; dont la rainutte est restée à M. Gervais, l'un des dits notaires.
Calalo|;us librorum M' Francisci Picoté de Belestre, Facul- tatis medicinœ Parisiensis doctoris.
Catalogus librorum quos Facultatis medicinœ Parisiensis bibliothecœ adjunxit nobilis femina D" Amelot.
Catalogus librorum qui augendœ Facultatis medicinœ Pa- risiensis bibliothfica; accesserunt, ex liberalitate magistri Philippi lle((iuet, antiqui ejusdcni Facultatis decani.
Beconiioissance de M. Retieaume, doyen, successeur de M. Baron , qui le décharge des livres donnés à la Faculté de médecine de Paris par M. do Belestre, madame la présidente Amelot et M. Hecquet.
M. Michaele Ludovico Reneaume decano, accessere biblio- thecœ Facultatis sequentes libri . . . , ex liberalitate M. Jac- ques... [et] aliorum doctorum.
Catalogus librorum quos vei dono dédit vel coUegit ad augendam Facultatis bibliothecam , decanatus sui tempore , M. Reneaume.
Reconnoissance de M. Bourdelin , qui décharge M. Re- neaume, son prédécesseur, des livres de la bibliothèque de la Faculté el de ceux qui y ont été ajoutés jusqu'à la fin de son décanat.
Catalogus librorum quos, n° loo. M"' Phiiippus Hecquet, antiquus Facultatis decanus, testamento suo Facultati salu- berrimîB reliquit, anno 1787, M" Ludovico Claudio Bour- delin decano.
Reconnoissance de M. Chôme! père, doyen, qui décharge M. Bourdelin des livres composant la bibliothèque de la Faculté et de ceux y ajoutés jusqu'à la fin de son dé- canat . . .
Reconnoissance de M. G.-J. de l'Epine, doyen de la Faculté de médecine , qui décharge, en la personne de M. Chomel le fils, la succession et les autres héritiers de M. Chomel père, décédé étant doyen, au mois de juillet 1760, de tous les livres composant la bibliothèque de la Faculté jusqu'à cette époque.
Catalogus librorum veteris bibliothecœ qui extant.
Catalogus librorum qui accesserunt bibliothecaî Facultatis medicina; Parisiensis, M° Guillelmo Josepho de l'Epine et M° Joanne-Baptista Thoma Martinenq successive decanatum gerenlibus, a mense novembris 1744 ad mensem novembris 1 750 :
Ex dono M' Eliœ Col de Viiars, antiqui decani.
Ex dono M' Joannis-BaptistiE Ludovici Chomel.
Ex dono M' Winslow.
Ex dono M' Marteau.
Ex dono M' Jacques.
Ex dono M' Boyer.
Ex dono M' Pousse, filii.
Ex dono M' de la Sone.
Ex dono M' Liger.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
35
Ce premier fonds s'augmenta rapidement. Le chirurgien Jacques''^ et Miciiel- Ijouis Reneaume'-* y ajoutèrent tous leurs livres*^'. Pli. Hecquet, en mourant, donna encore cent volumes^'*'; et Eiie Col de Vilars légua toute sa biblio- thèqueBien d'autres, dont les noms sont restés inconnus, vinrent successive- ment apporter leur tribut à la collection de la Faculté
On entendait d'ailleurs cette fois la conserver intacte, et toutes les clauses im- posées par P. de Belcstre furent pendant longtemps très-scrupuleusement obser- vées. Voici, par exemple, le modèle de la décharge c{ue chaque doyen était tenu de remettre à son prédécesseur lors de son entrée en exercice :
Je soussigné Louis Claude Bourdelin, docteur regent et doyen de la Faculté de médecine en l'Université de Paris, déclare qu'au désir du décret de ladite Faculté du Ix"""" juillet 1783, re- counoissance ayant esté par moy faite sur le présent catalogue des livres, tant de maistre Fran- çois Picoté de Belestre que de ceux de M° Philippe Hecquet et de madame la présidente Amelol, iesdits livres composant quant à présent la bibliotéque de ladite Faculté de médecine, ils se sont trouvés en nature suivant le dit catalogue; reconnoissant qu'ils m'ont été délivrés par M' Michel Louis Reneaume de la Garanne, cy devant doyen, qui en demeure quitte et déchargé, au terme du dit décret. Fait à Paris dans les Ecoles supérieures de la Faculté ce i5""' may 1788.
Bourdelin, doyen
Reconnoissance de M. Marteau , bibliothécaire en charfje, qui, aux termes des statuts, s'est chargé de tous les livres de la bibliothèciue , après en avoir fait la révision en pré- sence de M. Baron fils, actuellement doyen, et de MM. de l'Epine et Martinenq, ses prédécesseurs, ainsi que de tous MM. les anciens bibliothécaires, à l'exception de M. de la Cioye, qui éloit décédé le 26 octobre 1748. . .
Libri qui Facultatis medicina} Parisiensis bibliothecœ ac- cesserunt. M" Hyacintbo Tbeodoro Baron decano , a mense novembris anni 1760 ad mensem novembris 1766.
Reconnoissance de M. Paris , bibliothécaire actuel de la Faculté , qui . . . s'est chargé de tous les livres compris au pré- sent catalogue, ainsi que de ceux provenants de l'échange des doubles . . .
Accesserunt, decano M" J.-B.-L. Chomel, Parisino, libri (jui sequuntur.
État des livres de la bibliothèque de la Faculté. . . , lesquels se sont trouvés doubles ou triples, et ont été échangés ou vendus pour en acheter de nouveaux, conformément au décret de la dilte Faculté du di.x-huit octobre mil sept cens cin- (jiiante-trois.
Historia metallica Facultatis raedicina; Parisiensis, sive coilectio numismatum, tum argenteorum, tum aaneorum, qua; a decanis prÉedictas Facultatis excusa sunt; incœpta M° Hyacinthe Théodore Baron decano, anno 175').
(Ces deux derniers inventaires sont à la fin du volume, chacun avec sa pagination propre.)
Voyez M. Michaele Ludovico Reneaume de- cano, accessere hihliolhecœ Facultatis seqiieiites libri, ex liberalitate M. Jacques; dans le Catalogue de H. -T. Baron, p. 207.
Doyen de 1 784 à 1 786, mort le 97 mars 1 789.
Voyez Catalogus librorum quos vel dono dédit vel collcgit ad augendam Facultatis bibliothecam , decanatus sut tempore, M. Reneaume; dans le Cata- logue de H.-T. Baron , p. 211.
ffCentum seiecta volumina,n disent les Com- mentaires, t. XX, p. 289. — Voyez Catalogus libro- rum quos, n° 100, magistcr Ptiilippus Hecquet, aiitiquus Facultatis decanus, testamento suo Facultati saluberrimœ reliquit, anno 1 7^7 : M° Ludovico Claudio Bourdelin decano; dans le Catalogue de H.-T. Baron , p. 228 à 282.
Né en 1676, doyen de 17/10 à 1768, mort le 26 juin 1 7A5.
Hazon, Eloge historique de la Faculté de mé- decine de Paris, p. 66. — Catalogue manuscrit de H.-T. Baron, p. 287.
ffINostram denmm bibliothecam paulaliin ad- frauxerunt libri numéro multi, legati aut donati a ffMM. Elia Col de Viiars, Helvetius, Jaques, Re- ffneauiue, caeterisque doctoribiis qui opéra sua typis trdemandala ut plurimum in Facultatis bibliotheca trreponi curant, unde huic quolannis novœ fieri rrpossunt, et rêvera fiunt accessiones. n (E.-G. Bourru, Catalogus librorum saluberrimœ Facultatis, prœfatio.)
Catalogue manuscrit de H.-T. Baron, p. 227.
5.
36 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
La Faculté décida encore qu'elle choisirait parmi les docteurs un bibliothé- caire, qui serait élu pour deux ans seulement Cette dernière condition paraît avoir été violée dès le principe en faveur de Jean-Louis-Livin Baude de la Cloye , le premier bibliothécaire qu'ait eu la Faculté. Il se chargea d'organiser la collec- tion et d'en dresser un nouveau catalogue ; ces différentes opérations l'occupèrent jusqu'à sa mort, arrivée le 26 octobre 17/1.8^'^'. On lit dans un passage des Commentaires, que de la Cloye rrpro libris bibliothecœ sponsorem se dederat ac rr fidejussorem erga Facultatem n
La nomination de Baude de la Cloye était faite surtout en vue de l'avenir; car, fidèle à l'engagement qu'elle avait pris en acceptant le legs de de Belestre, la Faculté avait résolu d'ouvrir promptement sa bibliothèque au public. Elle crut dès lors devoir adjoindre au bibliothécaire un homme de service, qui resta toujours désigné sur les registres avec le titre (ïapparitor'^''^^. Elle fixa en même temps le chiffre des émoluments affectés à chacun de ces fonctionnaires ; le pre- mier dut recevoir par an 3oo livres, et le second 5o livres Cette organisation subsista sans changements jusqu'en 1792.
De la Cloye, nous l'avons dit, s'était chargé de la confection d'un second cata- logue conqjlet. Ce travail fut achevé en 17/1.5; il forme un volume in-folio, qui est aujourd'hui conservé à la bibliothèque Mazarine. La couverture porte ces mots :
Catalogue pour le service de la bibliothèque publique des Ecoles de médecine de Paris. Puis on lit sur le premier feuillet de garde :
Catalogus librorum omnium in-folio, m-li°, in-8°, in-ia", et minori forma, qui pertinent ad bibiiothecam Facultatis medicinae Parisiensis; a M° Joanne Ludovico Livino Baude de la Cloye, primo hujus bibliothecœ prefecto, D. M. P. conscriptus, 17^6.
Enfin, sur la première page :
Calalogus aulhorum alphabeticus librorum impressorum manuscriptorumque bibliothecœ Facultatis medicœ Parisiensis, a M" Baude de Lacloy. — P. D. B. désignât libros a magistro Picoté de Bellestre, doctore ejusdem Facultatis, legatos. — A. D. vidua Amelot. — H. Hecquet.
ffVerum, ut novis deprasdationilms nulius ffdeinceps daretur locus, Faeullas saluberrima unum rr e suis doctoribus bibliothecœ in posterum prœfec- rrturum fore decrevit anno 1787, M. Ludovico ff Claudio Bourdelin decano : qui doctor in bienniuni ffsolummodo eligitur, quo perfectissima inter om- trnes doctores servelur ffiqualitas-n (E. -G. Bourru, Calalogus Uhrorum saluhernmce Facultatis, prœfatio.)
'^^ Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. XXI, p. 258.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. XX, p. 9q3.
ffDecrevil... Ordo snluberrimus quolibet ciijiis-
rrque hebdomadis jovis die, quo solo vacant schoiae, rc bibiiothecam aperiendam esse; eidem vero bihlio- ffthecœ prœficiendum esse unum e suis doctoribus... rrCensuit eadeni Facultas in bibliothecœ ministnmi rrappeilandum esse unum e suis apparitorihus. 5: (Commentarii vis. medicinœ Facultatis Parisiensis , t. XX, p. 333.)
^' rrDoctori quidem, pro suo honorario , sum- rrmam trecentarum libellarum quotannis solvendam rresse; apparitori aulem, pro sua opéra, quinqua- rrgenta hbellarum sununam quotannis etiam esse rrconcedendam. 55 (Commentarii ms. medicinœ Facul- tatis Parisiensis, t. XX, p. 3 Si.)
FACULTE DE MEDECINE.
37
— I. Jacques. — R. Reneaume; ut in catalogo a D° Hiaciniho Thoodoro Raion, anli(iuo de- cano, facto reperitur
A la fin de l'année 17^6, tout était donc disposé pour recevoii- ie public. Les livres étaient classés de manière que tout volume demandé piit être aussitôt trouvé; des trois catalogues (ju'on avait l'intention de faii'e, l'un était terminé, les autres commencés; le discours qui devait inaugurer la séance d'ouverture était tout prêt, et l'orateur bien disposé, crparata oratio, paratus orator;ii il ne man- quait donc plus que l'examen et la permission de l'autorité supérieure
Le 28 janvier 1766, sur les quatre heures, le doyen, accompagné du biblio- thécaire, se rendit chez le procureur général Joly de Fleury, pour lui annoncei- que la Faculté attendait ses ordres, et le prier de donner aussi promptcmcnt que possible l'autorisation nécessaire
11 avait été arrêté que la bibliothèque serait ouverte à tous ceux qui s'y pré- senteraient, médecins, étudiants, lettrés, érudits les jeudis, de deux heures et demie jusqu'au soir^^', pendant toute l'année scolaire, et fermée seulement pen- dant les vacances de la Faculté, du 29 juin au ik septembre^"'.
C'est le 3 mars 17/16 qu'eut lieu la séance d'ouverture; le public avait été pré- venu, et ffdès ce premier jour, disent les Commentaires, les amis de la médecine, cret bien d'autres personnes, commencèrent à fréquenter notre bibliothèque nais-
Bibliothèque Mazarine, Manuscrits, n" SiaS.
ffQuamvis nondum publici juris facta foret ffbibliotheca medica, non deses aut iners remanse- frrat illius prasfectus. Ita jam in ordine sibi noto rr coilocaverat onines codices, ut quemcunique li- tfbrum, qui in ea contineretur, ab eo postularemus rf(et saepe postulabamus, ob lites), illico sub manu "•repertum ob oculos poneret. E tribus quos medi- fftabatur catalogis, duos, si non perfecerat, saltem rrdisposuerat; janijam igitur in graliam eruditorum -et philiatrorum copiam illius pubiice facere para- ffbamus. Parata oratio, paratus orator (Bourdelin , <rant. decanus). Expectabatur tanlum dios a pro- fcuratore calbolico indicenda , ut recognoscerentur «■soleniniteret avdevTfitâs omnia voluniina. n (Com- mentarii ms. nmliciiiœ Facultaiis Paris, t. XXI , p . 4 1 .)
ffDie inartis 26° januarii 17^6, circa quar- -lani horam vespertinam, integerrimum hune ma- frgistratutn (Joly dn Fleury patrem) adivi, comitatus fflaudalo .M"' de la Cloye bibliothecœ prœi'ecto. Ex- (fposui pênes nos non esse, si nondum esset juris ff publici. Libros esse in ordine dispositos; omnes rfposse, statim atque vellet, eos recognosci; biblio- «•thecae nostrœ prœfectum niliil antiquius habere f-quam ut copiam illius faceret doctrinœ cupidis; (rquotidiana experientia nobis eum coniprobasse ,
rfse non promittere plus quam posset. . . Quodju- fr béret Curia, paratos esse nos exequi; produxisse rfuos, et in nianus ejus substitut! integerrimi D°' de rrBoullenois tradidisse unicum nostrum exempinr fforiginale catalogi librorum bibliothecœ quod su- ftperesset. Si quid amplius postularet, juberet. « [Coinmentarii ms. medichw Facultaiis Parisiensis , t. XXI, p. il.)
ffCredidimus publicœ rei maie nos esse con- ffsulturos, si diutius bibliothecam medicam, certe ffnon aspernabileni , in gratiam phihatrorum, nec- f non eruditorum , aperire et publico usui commo- ffdare differremus. n {Commentarii ms. mcdicime Fa- cultaiis Parisiensis , t. XXI, p. 5o.)
Nous suivons toujours les textes manuscrits. Un Guiik de 17G0 dit que la bibliothèque de la Faculté était ouverte de deux à cinq heures en hi- ver et jusqu'à six heures en été. Voyez Jèze, Etat ou tableau de la ville de Paris , considérée relative- ment au nécessaire, à l'utile et à l'agréable, p. igG.
rrStaluit... Facultas saluberrima, ut biblio- ftheca sua litteratis ac philiatris pateret omnibus, frdiebus jovis totius aimi academici, scilicet a die tr 1 h septembris ad diem 39 junii, cum Cacili libro- 'Tum communicatione. " (E.-C. Bourru, Catalogus librorum saluberrimœ Facultaiis, prœfatio.)
38 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
rr santé et à y travailler ''1 ii Cette date mémorable ne lut pas seulement inscrite dans les registres de l'école, une médaille fut frappée pour en perpétuer le sou- venir f"^^; elle portait, disent les Commentaires^^', d'un côté la tête du doyen alors en exercice, de l'autre l'inscription suivante : Bibliotheca publici juris facta, die jovis 3° MARTH, M.DCC.xLvi. G. J. DE l'Epune decano. Nous n'avous pu retrouver cette médaille, et il faut peut-être admettre ici une erreur dans les Commentaires. Nous i-eproduisons le fac-similé
de la seule pièce relative à notre Libliollièque que possède le cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale. L'inscription citée par les Commentaires s'y lit tex- tuellement; mais le revers porte, au lieu de la tête du doyen, une vue du nouvel amphithéâtre qui avait été inauguré par J. B. Winslovv, le i8 février de l'année précédente.
Le service de la bibliothèque continua dès lors avec une grande régularité ; et chaque année, à l'issue des vacances, une affiche placardée sur les murs de l'école annonçait à tous la réouverture de la salle de travail
Cependant la Faculté se ressouvint qu'elle avait jadis possédé une bibliothèque, peu nombreuse sans doute, car elle ne dépassa jamais trente-deux volumes, frnunquam triginta supra duo volumina superavit^^^ n mais dont la valeur n'avait
rrAssiijnala igitur aperiendœ singulis hebdo- frmadis bibliothecœ, ex prœscripto saluberrimi Or- :f dinis , dies jovis ; ... et hac illa prima die , comnio- fiiiti a professoribus scbolariini, pbiliatri aliique fbene midli nostrnm nascentem bibliothecam l're- frquenlare cœperimt, in eaque studere a sesqui- frsecimda ad vesperam. {CommenUirii ms. medicinœ Facultulis Parkiensis , t. XXI, p. 5o.)
(fNon laiiliini i'astis consecrata nostris fuit illa ffdies, sed inscuipta numismate... cum capitedecani rr ex adverso . . . n {Comment arii ms. medicinœ Facul- lalis Parisieusis J, t. XXI, p. 5o.)
Commentant ms. medicinw Facultatis Parisien- sis, t. XXI , p. 5o.
Voyez ci-dessus, p. 27. • Cette affiche était ordinairement conçue en ces termes : rr Anno Domini. . . die porro jovis i5° rrmensis septembris, induciarum academicarimi re-
rfvolutis mensibus, saluberrima Facultas, juxta de- ffcretum quod iatum est die 22 mensis novembris rranno 1787, M° Ludovico Claudio Bourdelin de- (rcano, philiatrorum utilitati maxime deserviens, rrbibliothecam qua utitur, publica lileratorum, ma- 'rxime vero candidatoium in commoda, de novo rrpatere voiuit, Dyonisio Claudio Doulcet prœfecto. " {Commeutarii ms. medicinœ Facultatis Parisiensis , t. XXII, p. 72.)
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis , t. XXI, p. 119. — Ce sont les termes mêmes dont se sert le doyen dans son compte rendu ; il est plus exact que Bourru, qui écrivait pourtant en 1770 : rrBibliolbecaruni pretium in iibris manu- rrscriptis olim constitisse, apudomnes in confesse est: rrpariterque fatentur rerum Gallicarum scriptores rrbibliothecam sahiberrimœ Facultatis Parisiensis, •rhisce temporibus, • rarioribus fuisse instructam
FACULTE DE MEDECINE. 39
pu qu'augmenter avec le temps. Elle fit faire des recherches, et ces volumes, que l'on croyait depuis si longtemps absolument perdus, on s'aperçut qu'ils existaient encore, en grande partie du moins'". Ces précieux restes de l'antique bibliothèque avaient résisté à bien des ennemis, et étaient munis encore des chaînes de fer qui les attachaient autrefois Dans un grenier on retrouva vingt d'entre eux, muti- lés par les siècles, entamés par les souris et les vers'^'. On les restaura le mieux possible; ils furent placés de nouveau dans la bibliothèque, et la Faculté en inscrivit tout au long l'inventaire sur ses registres. Mais le titre manquait à plu- sieurs, et, comme on va le voir, il fallut pour les désigner en reproduire les pre- mières ou les dernières lignes.
Voici cette curieuse énumération, qui ne dénote pas d'ailleurs des connais- sances bien profondes en bibliographie médicale :
UEC EST EORUM QUI SUPERSUNT EX VETERI RIRLIOTHECA LIBRORUM PLERORUMQUE MANU- SCRIPTORUM SERIES. QUOS VEL A TITULO, VEL A PRIMIS GODICUM VERRIS QUANDO MUTILA INVENTA FUERUNT EXEMPLARIA, INDIGITAVIMUS.
I.
llSClPIT LIBER CANONIS PR1HIUS QUEM PRINCEPS AbOLHAY AB AvICENNA DE MEDICINA EDIDIT, TRANSLATUS
A MAGiSTRO GiRARDO Cremonensi, etc. M. S. véHii , in-l'olio , complet'*'.
II.
Jacobi Des Parts, de Ïornaco nati, expositiones primi libri canonis Avicrn.\* tertu, et puim/e FEN QUARTi. ManuscHl in-follo, 1^53 '^'.
ffistiusmodi libris qui admedicinam spectarent. . . "Tota... bibliotheca medicoriim Parisiensium duode- ffcim circa manuscriptoruni numéro includebatur. i (E.-G. Bourru, Catalogus ms. Ubrorum saluberrimœ Facultaûs, prœfatio.)
ffUie veneris 9° septembris 1746, conveninius ff institnere catalogum librorum veteris nostrae bi- ffbliotbecœ, qui non adeo muiti erant amissi quam fcredebantur. n {Commentarii ms. medicinœ Facuha- tis Parisieiisis , t. XXI, p. loo.)
tr Qui [bibliolhecarius) pvet'wsas veteris bibiio- trthecœ reliquias, quanta potuit diligentia collegit, ttel in ordincni disposuit. Codices nempe nianu- trscriptos, pierosque in carlha pergamena exaratos, ffcatenis ferreis quibus oliinalligabantur adbucdiun finstructos, eosque bibliotbecœ prœfectori custodiœ ff commisit. ^ (Rtttis et usus Facultalis medicinœ Pari- siensis, p. i3i.)
tt Addidimus etiam (qui deeral honos huic bi- rrbliothecœ) manuscripta non pauca, qiiamvis niu-
(ftila quœdani injuria teniporuiii, non tanien ideo "•parvi facienda, rclliquias antiquœ vestrœ bibiio- frtbecœ, quaî duni celcbritate floruit, nunquam tri- ffginta supra duo vohiniina superavit. Viginti quas ff olim muribus atque tineis , in borreis derebcla , non ffsinesunimo dolore videramus, cura tamen pos- ff leriorura decanorum condita ... in hoc pulpito . ffcollegimus, nunieravimus, inscripsiniusque cata- fflogo.n {^Commentarii 7ns. medicinœ Facultalis Pari- siensis, t. XXI, p. 119.)
Nous avons vu (page 10) qu'en iSgS la Fa- culté posse'dait déjà deux vokimes d'Avicenne; tous deux se retrouvent dans cette b'ste. (Voyez ci-dessous, n° vn.) Par ces mots : Abolhay ah Avicennn, qui plus loin sont écrits: Ahholay ah Avicenna, on veut certainement désigner Avicenne , qui fut longtemps nommé Aholi-Ahiscene. — On a compté, avant le xv' siècle , treize traductions latines des œuvres de ce médecin , outre celle de Gérard de Crémone.
Jacques Despars , qui était do Tournai , avait .
40
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
IIL
TuRiGiANi DE Florentia, postquam COMMENT ATORis , ETC. In-foUo , moitié papier, moitié parche- min, mal conditionné; finissant par ces mots : rcUtrum vita alicujus individui possit prolongari. frVallain O.^
IV.
AviCENNA LATiNo iDioMATE, iu cujus primo et ultimo folio se habet haec formula : ff Anno Do- r'mini i Zi56 , le 20*^ septembre, undecima hora noctis , obiit M" Joannes Episcopi , et dédit hune cf Avicennam Facultati medicinse; cujus anima requiescat in pace, amen.n In-folio, vélin, com- plet (2).
V.
Liber in-folio, manuscriptus, in charta, cujus liber incipit hisce verbis : rrCAPiTULUM primum rrDE ALOPECiA. Alopecia est casus capillorum cum ulceribus sive stammis. w Incomplet.
VI.
In-folio, in charta papiracea, manuscriptus, cujus in folio secundo legitur in linea octava quartae columnœ : ffFRN 21, 3" : De membris generationis in mulieribus f^'.
VII.
Incipit liber canonis primus quem princeps Abholay ab Avicenna edidit, tractatus a magistro Gerardo Cremonensi, in Toleto, de arabico in latinum. Verba Abholay ab Avicenna. Prologus'*>.
VIII.
In-folio, in charta pergamena, in cujus primo folio legitur in litteris purpureis : f Incipit rfprologus in Tiphone medicinse ;n incomplet. Ultima verba : frnon subsequitur quies est fr malus. ■>^
IX.
CoLLiGET Averrhoës. In-folio, parchemin, cujus in folio primo verso legitur : rrCaput 17"'", de tf accidentibus supervenientibus. T) In ultimo legitur : fr Explicit liber Colliget Averrhoës. Amen '^'.11
X.
Incipit liber isagoge; in charta pergamena'*^'.
PU i/i58, iégaé à la Faculté son Commentaire sur Àvicennc (voyez p. 91). Chacun des cinq livres du Canon de ce médecin est divise' en fem ou sec- tions.
Cet article renferme deux erreurs. Par le mot Turigianus, on veut évidemment désigner Cruscia- nm, qui était de Florence, et qu'on appelle indiffé- l'enuueiit Tmsianus, Drusiams, Turrisanus de Tur- rtsanis et Torrigeno de Florentia. La seconde bévue du calalogueur confirme la première; au lieu des mots postquam commentator, il faut lire plusquam commentator, surnom cjui fut donné à Cruscianus, à cause, dil-on, de sa subtilité. Ce Cruscianus mourut à la fin du xiii' siècle; son princi]ial ou-
vrage , celui sans doute dont il est question ici . est intitulé : Plusquam commentum in parvam Galeni artem; il a été imprimé à Venise en i5oh. Voyez p. 2 1 .
Le mot fen indique que l ouvrage désigné ici est le Canon d'Avicenne. Le volume commençait donc par la vingt et unième section du troisième livre, qui traite de toutes les maladies qui peuvent affecter chaque organe en particulier.
Voyez la note 4, p. 89.
Sans doute le manuscrit que la Faculté pos- sédait déjà en lîJgS. Voyez p. 17.
Galien a fait un traité intitulé : E'uraycùyr) rj
ioLTpÔS.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
XI.
Iii-l'olio, in charta pergamena, complet. Cujus prima verba : frCapuI, primum de divisione Tmorbi ex, etc. De distinclione febris et divisione ejus, de calore febris, etc. n Ultima verba ultimi folii : rtExplicit Compendium medicinae C'.n
XII.
In-folio, in charta pergamena. Incipit primum folium liisce verbis : rrlncipit iste canon. 15 Desinit per haec verba : rrExpliciunt regimenta acutorum Ypocratis cum commento Galeni
XIII.
In-quarto, vélin, six cahiers, deficiunt totidem. Post litteras rubras, scripla siinf hœc verba : 'rHomo enim est princeps omnium animalium ti
XIV.
In-folio, parchemin, vingt-cinq cahiers, cujus prinii codicis primum foliuin, numéro 1" obsignatum, incipit per hœc verba : rln solutione humoris. n
XV.
In-folio, in charta pergamena, De conservanda valetidine l'''.
XVI.
Incipit liber de crisi. Incipit liber de criticis. En lettres rouges. Très-incomplet. Trois cahiers en mauvais ordre. Vélin
XVII.
In-folio. Douze cahiers dépareillez en parchemin. Quorum folia recta GIL in litteris caeru- leis, média purpurea (excepto ultimo codice).
XVIII.
In-folio, petit papier : trois cahiers. In-folio, parchemin, petit modèle : cinq cahiers.
XIX.
Quatre feuilles in-folio, en parchemin : f Caput decimum : De sanguine in inlestinis et sto- macho retento.
Sans doute le Compendium mcdicinœ qui avait été légué à la Faculté de médecine par Guillaume Musnier en 1 662 (voyez p. 21). Les traités de celte époque sur les fièvres sont très-nombreux ; les plus estimés étaient ceux d'Averroës, de Jean Actua- rius, de Jean de Gaddisdcn et de Gentilis; tous les quatre ont été imprimés à Venise en i553, in- folio.
On doit sans doute reconnaître ici le traité suivant de Galien : De rictus ratione in inorbis ocutis , secundum Hippocratcin.
Peut-être a-t-on voulu désigner ici le Liber
II.
de animalibus d'Avicenne, qui n'est qu'une para- phrase du ZmKYi ialopia d'Aristote.
Galien a fait un traité De regimine sanitatin . qui a été traduit en latin par Pierre d'Abano. Mais il est plutôt question ici du Manuel de l'école de Salerne, qui fut. croit-on, composé vers 1 100 par Jean de Milan, sous ce titre : Mediciiia Solernitana , seu de conservandœ borne v(deludinis jmecepta.
Aben-Ezra (mort en iiyi) a fait un opus- cule De diebus criticis. On doit à Galien deux trai- tés De crisibus et De criticis diebus qui se trouvent presque toujours réunis.
6
à 2
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
XX.
Quatre cahiers in-folio en parchemin, quihus prima verba : rc Sudor praecipue in fronle et. . . rtcapillis, est prinium signum in fronle; 75 ultima verba : trEx molli inflante O.»
On supposerait que la Faculté dût conserver dès lors avec un soin pieux ces vingt volumes si pleins de souvenirs, et qui venaient d'échapper ainsi par hasard à la destruction. 11 n'en fut rien. Les bibliothécaires qui se succédèrent à l'école lurent tous de savants médecins, mais il ne se rencontra parmi eux ni un homme vraiment possédé par la passion des livres, ni un ami des trésors historiques. C'est en vain que vous demanderiez aujourd'hui un de ces vingt manuscrits, qui devraient être l'orgueil de la Faculté, et qui témoignaient de son amour séculaire poui- la science : aucun n'a survécu. Ils ont été relégués sans doute de nouveau au fond de quelque grenier, et les rats, cette fois, ont achevé leur œuvre. Ne de- mandez pas davantage d'anciens documents relatifs à l'école; il ne reste pas une cliarte, pas une de ces pièces nombreuses que les doyens recevaient jadis dans les magna scrinia de l'établissement, et qu'ils juraient de représenter intactes. Tout est perdu, détruit, et l'histoire des origines de la Faculté eût été à peu près im- possible, si un remords de conscience n'avait fait rendre à l'école, au milieu du xvn*^ siècle, ses Commentaires primitifs, c'est-à-dire les registres de sa vie intime, de ses recettes et de ses dépenses. Ils avaient été volés aussi, et il a fallu, pour amener leur restitution, le hasard d'un jubilé réveillant les scrupules d'un dévot; encore les premiers volumes, les plus précieux, avaient-ils été anéantis déjà par les descendants du voleur*'-'.
Les anciens Statuts de l'école, ceux de 1276, de i35o, de lôgg et de i03/i ne contiennent pas une seule disposition relative à la bibliothèque, le mot ne s'y trouve même point. Ces statuts furent revus et complétés en 1761, sous le déca- nat de H.-Th. Baron, et trois articles, fort sagement conçus, furent alors consa- crés à la bibliothèque. Le premier, confirmant une décision déjà en vigueur, arrête que le bibliothécaire sera choisi parmi les docteurs, et pour deux ans, bien que son élection doive être confirmée à la fin de la première année. En outre, chaque bibliothécaire sera désigné un an avant son entrée en fonctions Aux termes de l'article suivant, il doit, aussitôt désigné, être assidu à la bibliothèque, examiner
Commentant ms. medicinw Facultatis Parisien- sis, t. XXI, p. 1 i/i. — Reproduit dans le C«<rt%i<e manuscrit de H.-T. Baron, p. 5235.
Depuis leur restitution, ils furent conserve's dans une armoire spéciale dont le doyen avait la clef. {BitHs et u.sus medicinw Facultatis, p. 16.) — Voyez ci-dessous, p. /ig.
frSiiniliter el elijfnlur unus e doctoribus praî- ff senlibus. cujus lidei bibliolhec;eprajfectura cominil-
(f tatur. Scilicet unus de majori ordine, duo vero de mi- ff nori, proponantur ab electoribus; et cujus nonien ffsorteductumeritadecano, in biennium bibliotlieeœ frpraeficiatur. AlHcetbiennalissit bibliotliecœ prcefec- rrtus , singulis tamen annis eligatur sive confirmetur, ffdecani ad nistar; atque prolessorum more, unum ffannum desi>jnetur antequam prœfecturam gerat. 1 [Staluta Facultatis medicinœ Paris, supremi senatus autlioritate confirmataannoMDCCLi , art. Lxvii,p.^6.)
FACULTE DE MEDECINE. Ix'à
les livres et étudier le catalogue. Le bibliothécaire sortant transmet les ciels et les livres à son successeur, en échange d'un reçu par lequel ce deinier déclare, après vérification, que la bibliothèque lui a été remise complète et en bon état''^. Enlin le bibliothécaire doit être présent les jours de séance publique pendant trois ou quatre heures au moins, et fournir les ouvrages qui lui seront demandés; il lui est aussi enjoint de tenir avec le plus grand soin les catalogues au courant des acquisitions nouvelles
A pai'tir de cette époque, la bibliothèque de la Faculté, placée désormais au nombre de celles croù l'on se fait un plaisir de communiquer les livres aux hon- nêtes gens '^',11 entre dans une période régulière et calme, qui rend son histoire sans intérêt. Les bibliothécaires continuent à se succéder tous les deux ans, sans que d'ailleurs aucun nom célèbre figure parmi eux, et sans qu'aucune mesure importante soit prise sur leur initiative.
Constatons pourtant qu'en octobre 1763 la Faculté, pour assurer la conser- vation de la magnific^ue collection de thèses que possédait la bibliothèque, en interdit d'une manière absolue le prêt au dehors, et n'en autorisa même la com- munication qu'en présence du bibliothécaire Bourru, en constatant ce fait, termine sa phrase par une exclamation qui nous montre assez l'utilité de cette règle, et nous fait regretter, comme à lui, qu'elle n'ait pas été étendue à tous les ouvrages rares ou précieux Quelques docteurs gardaient, en effet, si longtemps les livres par eux enqiruntés, que le doyen fut invité, en juin 1770, à retenii- leur traitement jus(|u à ce qu'ils les eussent restitués
La Faculté avait alors deux relieurs, les sieurs Protais et Piot ; elle les occu-
tr Bibliothecae prœfectus, slatim atque desi- pgnatns erit, cuni eoprœfecto cui débet succedere, •rbibliothecam assidue frequentet, omnes iibros re- ffcognoscat et ad catalogurn conférât, ut, cum post fraiiiuiin praefecturani ipse gerere incipiet, a pras- ffdecessore suo iibros omnes et clavesaccipiet, eique rcsyngrapham concédât, qiia teslabitur se, facta ' bibliolhecœ revisione, Iibros omnes catalogo de- ffscriptos ab eo récépissé, praesente decano, eoque '•salvam et integrani remanere bibliotbecam fide rjubente.» [Staluta Fucultalis medicinœ Parisimsis , art. i.xvii, p. h"].)
rrPrae!ectus bibiiolbecae. tem[)nresui magistra- frtus, assidue bibliotbecam frequentet, omnibus iis rrdiebus quibus ipsa publicis usibus patebil, adsit- rrque per très ve] quatuor boras ad minus, et pos- -tulatos Hbros communicet. Sedulo inscribat biblio- trtbecae catalogo Iibros omnes qui singulis annis (raccedunt, eosdem in catalogo qui pênes decanum r-est inscribi curet, onmesque successori suo, e.xacto rprœfecturas tempore , bona lide restituât , prœsente
fret probante decano. n [Slalula Facultatis medicinœ Parisiensis , art. lvix, p. 67.)
Durey de Noinvilie, Dissertation sur les biblio- thèques, p. 55.
rfinfer toi Iibros, inulti sunt rari, quidam rfrarioies, alii demum rarissinn'. E postremorum rf numéro sunt Thèses in saluberrima Facultate Pa- rrrisiensi propugnatœ, quarum colieclio servatur in ffbibliolheca ab anno iSSg ad nostra usque tem- rrpora, nec alibi repcriunda. Gui pretiosissimœ col- f'iectioiii servandœ ila providit Facullas, ut, decreto m 8 octobris lySS, tulerit nemini uiiquam com- rrmissui'am fore ullam partcm hujusce collectionis, frnisi in œdibus ipsis bibliolliecaj dicatis et prœ- ff sente bibliothecœ prœfecto. 51 (E.-C. Bourru, Cata- logus libvorum saluhervimœ Facultatis, prœfalio.)
ffQuod utinam idem etiam valeret decrelum rrquoad rares et rariores 1 » ( E.-G. Bourru , Catalogus librorum saluberrimœ Facullalis Paris, prœfatio. )
rrDenique cum bis nuperrimis annis consti- rrteril multos doctores, incuria videlicet, crédites
6.
kli LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
pait fort peu, du reste, car, dans l'espace de dix ans, nous ne voyons appliquer aux reliures qu'une somme de cent trente livres environ
La bibliothèque continuait pourtant à s'enrichir. La donation la plus impor- tante qui eut lieu durant cette période est celle de J.-Cl.-Adrien Helvétius^^)^ médecin de Louis XIV et de Louis XV : il offrit tous les ouvrages de sa biblio- | thèque qui ne se trouvaient pas dans celle de l'école Viennent ensuite des libéralités assez considérables dues à Jacques-Bénigne Winslow'*^ à Jean-Baptiste- Louis Chomel^^', à Louis-René Marteau, qui fut bibliothécaire de la Faculté, à Jean-Baptiste Boyer^'^' et au docteur Liger
Edmond-Claude Bourru fut nommé bibliothécaire en 1771 Pendant l'année qui précéda son entrée en fonctions, il avait étudié avec soin la bibliothèque et dressé un catalogue très-complet des ouvrages qu'elle renfermait. Ce travail, qui | forme deux volumes in-folio, est aujourd'hui conservé à la bibliothèque de la | Faculté; il a pour titre : Catalogus libroruvi qui in bibliolhcca Factillatis saluberrimœ j Parisiensis asservaiilur. Ordine aiilhorum alphabetico digeslus, cura et studio M. Edmundi \ Claudii Bourru, ejusdem bibliothecœ prœfecti; decano M. Ludovico Petro Felice Benalo \ Le ThieuUier. m.d.cc.lxx. En tête du premier volume se trouve une introduction historique, à laquelle nous avons fait de fréquents emprunts et que nous repro- duisons plus loin^'^).
11 y avait alors près de quatre siècles que la Faculté de médecine occupait le petit pâté de maisons compris entre les rues de la Bûcherie, du Fouarre et des Rats; et les bâtiments, malgré de continuelles réparations, croulaient de toutes parts. 11 fallut les abandonner. J^a Faculté s'éloigna d'ailleurs fort peu de son berceau. Soufllot avait presque achevé, sur la place Sainte-Geneviève, les nou- velles constructions destinées à l'école de droit. La Faculté de médecine alla s'établir dans le local que la Faculté de droit laissait libre. Il était situé rue Saint- Jean-de-Beauvais petite voie étroite qui aboutissait d'un côté à la rue des
rripsis bibliothecœ iibros apud se retinere per lon- ffgissimum teinpus, decrevit saiuberrimus Ordo , ffdie 16 junii 1770, hosce doctores mulctandos rrfore, atque in poslerum emolumenta iis débita rrpersolvere pœnes decanum non fore, usque duni Tcommissos ipsis libres in manus bibliothecœ prœ- rrfecti reponerent. (E.-G. Bourru, Catalogus libro- rum salubcrrimm Facullalis, prœfatio.)
Cominenlarii im. medicinœ Facidlalk Parisien- sis, l. XXI, p. 46 1 et 585.
Né le 18 juillet i085, mort le 17 juillet 1755.
Hazon, Notice sur les hommes célèbres de la Faculté de médecine de Paris, p. 912. — Moréri, Grand Dictionnaire kistoririue, article Hehétius.
]Né le (i avril iGGy, mort le 3 avril 1760.
Né vers 1700, doyen de la Faculté en 175/1 et 1755, mort en 17G5.
]Né le 5 août 1698, doyen de 1756 à 1760, mort le 9 avril 1768.
Sur toutes ces donations, voyez le Catalogue de H.-T. Baron, p. 287 à 2/16.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. XXIII, p. 42 1.
Bourru fut charge' en 1780 du cours de chi- rurgie, et de celui de pharmacie en 178.3. Il fut doyen de la Faculté de 1787 à 1798, et vécut jus- qu'en 1828; il a publié l'éloge de Guillolin.
On ignore à quelle époque l'École de droit s'installa rue Saint-Jean-de-Beauvais. Ce fut pour- tant avant i4G4, car dans le cours de cette année les bâtiments furent réparés aux frais des docteurs.
i
FACULTE DE MEDECINE. i5
Noyers et de l'autre à la rue du Puits-Certain. Précisément en face de la porte principale de l'école, Robert et Henri Etienne avaient eu autrefois leur impri- merie, et l'on voyait encore se balancer en l'air leur fameuse enseigne'", où figu- rait un olivier entouré de cette devise : crNoli altum sapere, sed time. n
Le 1 9 septembre 177^, l'afTiche suivante fut apposée sur les murs de la Faculté :
La Faculté de médecine en fUniversité de Paris étant dans l'indispensable nécessité d'aban- donner ses écoles sises rue de la Bucherie, à raison de leur vétusté, avertit le public que l'ou- verture de sa bibliothèque, qui, suivant l'usage, devoit se faire le jeudi après la fête de l'Exal- tation de la Sainte Croix, se fera cette année dans les anciennes écoles de droit rue Saint Jean de Beauvais, bâtiment qu'il a plu à Sa Majesté lui accorder en attendant, et que la rentrée de la bibliothèque, ainsi que celle des écoles, sera annoncée incessament par de nouvelles affiches. Jacobus Ludovicus /Vllealme, decanus(^).
L'installation définitive eut lieu en 1776, sous l'administration du bibliothé- caire Jean Roy'^l La bibliothèque fut placée au second étage, dans deux salles situées au-dessus de la chapelle et qui mesuraient quatre-vingt-quatorze pieds de long sur dix-huit de large
Cette translation ne modifia en rien l'organisation de la bibliothèque , qui , en 1789, était encore publique le jeudi, et aux heures que nous avons précé- demment indiquées ''^^ ; le traitement du bibliothécaire et les gages de l'appari- teur n'avaient pas changé non plus'^l Au commencement de la Révolution, la bibliothèque renfermait environ quinze mille volumes ('^^ et avait pour bibliothécaire le docteur Delaplanche
La loi du 18 août 1792 anéantit la Faculté de médecine et l'Académie de chi- rurgie; celle du h décembre 179^ les reconstitua sous le titre à'Ecok de sauté, bientôt remplacé par la dénomination actuelle. La Faculté fut alors installée dans les bâtiments qu'elle occupe aujourd'hui et qui, avant la Révolution, apparte- naient à l'Ecole de chirurgie; on y ajouta bientôt une partie du couvent des Cor- deliers, sur les ruines duquel allait s'élever V Ecole pratique.
En liy.'), ils achetèrent adeux petites maisons et frjardiii en la ruë du Clos Brunei ;n ces maisons étaient conli^uës au local déjà occupé par la Fa- culté. La grande porte d'entrée fut entièrement re- faite en 1 675. Au-dessous d'un buste de Louis XIV, on lisait en lettres d'or ces mots : schols; juris.
Le percement du boulevard Saint-Germain a fait presque com[tlétement disparaître la rue Saint- Jean-de-Beauvais, et il ne reste plus rien aujour- d'hui des bâtiments de fancienne École de droit.
Piganiol de La Force, Description historique de Paris, t. V, p. 878.
Commentarii iits. medicinw Facultatis Parisien- sis, t. XXIII, p. G38.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. XXIII, p. 7.35.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers royageiirs à Paris, t. Il, p. 3oi.
Leprince, Essai liistorique sur la hibliothhquc du roi, p. 34/1.
Almanach royal, année 1789, p. 5o-2.
Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. XXIV, p. 833.
Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, t. Il, p. 3oi .
''^ Commentarii ms. medicinœ Facultatis Parisien- sis, t. XXIV, p. 8î23.
^6 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
L'aitide 6 de la loi de 179^ accordait à la Faculté un bibliothécaire qui, aux termes du décret du 28 mars, avait le titre de professeur.
La bibliothèque de l'Ecole de chirurgie était placée dans la vaste salle qui règne sur toute la façade de l'édifice, et où se trouve aujourd'hui le Musée OrJUa; elle devait son origine à la générosité de Lapeyronie, qui, en 17^7, lui avait légué tous ses livres, avec un revenu suffisant pour assurer leur conservation et le trai- tement d'un bibliothécaire^". On réunit à la bibliothèque de l'École de chirurgie les quinze mille volumes de l'ancienne Faculté de médecine, auxquels vinrent presque aussitôt s'ajouter les livres de la Société royale de médecine
Cette triple collection, désignée dès lors sous le nom de Bibliothèque de la Faculté de médecine, fut, en 1800, transportée dans les salles qui l'abritent aujourd'hui. Foui'croy s'exprimait ainsi à ce sujet dans la séance d'ouverture de la Faculté : cr Passerai-je sous silence l'heureux changement de la bibliothèque, res- cr serrée, pendant les années précédentes, dans une galerie qui ne pouvait plus rr contenir les livres dont l'école s'enrichit sans cesse, et qui ne permettait pas de cries ranger méthodiquement? Une salle grande et mieux disposée, un local plus rr vaste et plus tranquille, vous offrent aujourd'hui la collection la plus riche de rr livres de médecine; l'ordonnance et le classement des ouvrages, si favorables craux lectures assidues, aux recherches suivies, au complément de l'étude, cr ajoutent maintenant un nouveau prix au riche dépôt de livres que possède notre cr école. Le lieu qu'elle occupait auparavant laisse maintenant à l'agrandissement ce des cabinets d'anatomie et de pathologie, à l'arsenal chirurgical, une enceinte rr continue qui permettra bientôt de vous en offrir tout le développement, de rrleur donner la disposition régulière et l'arrangement méthodique nécessaires ce pour faire bien juger de leur richesse et bien profiter de leur ensemble '^l
Voici, d'après un relevé que nous avons fait sur les Commentaires, la liste des bibliothécaires qui se sont succédé à la Faculté depuis la reconstitution de la bibliotlièque :
17/16 à 17/19.
Jean-Lolis-Livin baude de la CLOYE.
Eloge de M. de La Pei/rouifi, dans [Histoire de l'Académie de chirurgie, t. IV, annexe 1753, |). xcviij. — Voyez, à la biWiollièqiie de la Faculté, \ Inventaire des livres de feix messirc François de la Peyronie, légués au collège de chirurgie par son tes- lumcnl du 18' avril lyây. — L'estampille de la bibliothèque de l'École de chirurgie était très-petite et ovale; au milieu se trouvaient un G et un P entrelacés, puis tout autour cette légende : biblioth.
ClIIRUB. PARIS.
\ oyez Inventaire de bibliographie et état des livres de la bibliothèque de la ci-devant Société de médecine, et des livres en feuilles, avec le nombre d'exemplaires transportés dans la bibliothc'jue des Ecoles nationales de chirurgie, 2g germinal an m. — Archives de l'Empire, carton F", 119/1. n° 109.
Séances de l'Ecole de médecinp de Paris, pre- mier volume, séance du -2 3 vendémiaire an
FACULTÉ DE MÉDECINE.
1769 à 1751. Charles PAYEN.
1751 à 1753. Miciiel-Procope couteaux.
1753 à 1755. T.-F. PARIS.
1755 à 1757. Lodis-Réné marteau.
1767 à 1759. Dems-Claude DOULCET.
1769 à 1761. Alexandre-Louis DIENERT.
1761 à 1763. Henri-Jacques MACQUART.
1763 à 1766. Hugues CAPET.
1764 à 1765. David VASSE.
1765 à 1768. GERVAISE.
1768 à 1770. Hugues GAUTHIER.
1771 à 1775. Edmond-Claude ROURRU.
1775 à 1780. Jean ROY.
1780 à 1781. Roussel DE VAUZENNE.
1781 à 1783. LECLERC.
1783 à 1785. DURERTRAND.
1783 à
DELAPLANCHE.
48
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
APPARITEURS :
17/4C à 176^. François-Louis BRET.
1 76^ à 1771. Gaspard-Joseph POITEVIN.
1771 à 1789. Théodore-Pierre CRUCIIOT.
Parmi les manuscrits que possédait alors la bibliothèque, 011 doit citer eu pre- n)ière ligne le précieux recueil connu sous le nom de Commentai7'es^^\ et les trois abrégés qui en ont été faits à diverses époques.
Dès l'origine, chaque doyen était tenu de rédiger une espèce de compte rendu ou de journal, sur lequel il inscrivait minutieusement tous les faits relatifs à son décanat : Piécettes et dépenses de l'Ecole, ses relations avec l'Université, l'Eglise et le roi, les décisions prises dans ses assemblées solennelles, les noms des pro- fesseurs et des élèves, les examens subis, les thèses soutenues, etc. etc. Cette obligation fut, selon toute apparence, imposée au doyen depuis le moment où la Faculté se forma en compagnie distincte'^', c'est-à-dire depuis la fin du xui^ siècle. Les premiers registres sont malheureusement perdus , et ceux que possède l'école ne commencent qu'à l'année iSgB; encore les deux plus anciens, comprenant la période de soixante et dix-sept ans comprise entre 1 BgB et 1 /lya , ne sont-ils ren- trés à la Faculté qu'au milieu du xvu*^ siècle, sous le décanat de Gui Patin.
Dans le premier de ces précieux comptes rendus, nous voyons le doyen dé- clarer, le 6 novembre iSgS, qu'il a reçu crpapirum aliam, immédiate preceden- cttem , quinque codices continentem; ■« et, sans admettre avec Riolan qu'on veuille désigner ainsi rcinq gros volumes des affaires de l'eschole'^^, n cette phrase prouve bien évidemment qu'il existait des registres de ce genre antérieurs à ceux que nous possédons, et il est très-vraisemblable qu'ils remontaient à l'origine de la Faculté.
On ne saurait trop regretter la perte de ces admirables documents, dont les premiers doyens ne semblent guère avoir compris l'importance. Disons pourtant, à leur décharge, que l'école n'eut qu'assez tard un centre fixe, et que ces registres, conservés chez les doyens, changeaient bien souvent de place êt de mains. Puis vinrent les troubles de Paris sous Charles V et Charles VI, la domination anglaise sous Charles VII; les doyens s'enfuyaient et mouraient, abandonnant les papiers
Nous avons donné le fac-similé (ci-dessus p. 1 8) des débuts du premier de ces Commentaires, et nous l'avons imprimé en entier dans nos Re- chcrchcs sur la bibl. de lu Faculté de méd. p. 87.
Hazon, Eloge historique de la Faculté de mé- decine de Paris, p. -ih.
Riolan, Curieuses recherches sur les escholes en médecine, p. 28.
FACULTÉ DE MÉDECINE. à9
(le la Faculté à des étrangers qui n'en connaissaient pas le prix, ou ne savaient à qui les remettre
Le 2 0 décembre i65o, Gui Patin était doyen. Un de ses amis, qu'il désigne seulement par ces mots, ce virum optimiun et medicae Facultatis Parisiensis aman- ff tissimum, n lui apporta «un vieux registre en lettres abrégées et presque go- thiques, dans ff lequel étoient marqués, de deux en deux ans, le nombre des fr docteurs et des licenciés*^'; n enfin, le 16 février i65i, la même personne res- titua un second volume qui fait suite au précédent, et comprend les années 1 /i 35 à 1 ^7 2. Ce sont les deux plus anciens registres que possède la Faculté, et il V avait cent quatre-vingts ans qu'ils avaient disparu quand ils lui ont été restitués. Les faits qui précèdent sont attestés par Patin lui-même dans une note écrite sui* le compte rendu de son décanat^^l Ces deux volumes étaient, à ce qu'il parait, restés cachés chez les descendants d'un ancien doyen; ceux-ci, voyant approcher le jubilé de i65o, se firent conscience de les retenir plus longtemps'^'. Mais déjà sans doute les registres antérieurs à iSgB étaient anéantis.
Les Commentaires se composent aujourd'hui de vingt-quatre registres. Les six premiers sont de format petit in-folio; les autres, à partir du tome YII, deviennent subitement grand in-folio. Tous sont reliés en parchemin; et, jusqu'au tome XVIII, chaque volume est muni de fermoirs très-simples en cuivre.
Ces registres contiennent, sans interruption, tous les comptes rendus rédigés par les doyens depuis l'année iSgB jusqu'à l'année 1786, dans l'ordre suivant :
Tome I" 1895 à ii35
— Il 1 A35 à 1 672
— III 1 472 à 1 5i 1
— IV 1 5 1 1 à 1 532
— V i532 ài5/i/i
— VI i5/i/iài557
Tome VII 1557 à 1579
— Vni 1572 à t597
— IX 1 697 à 1 6o4
— X 1606 à 161a
— XI 1 6 1 2 à 1 G 2 2
— XII 1 622 à i636
Gui Patin termine ainsi une note que nous citerons tout àl lieure: rr Hortoritaquedecanosomnes '^quimitii in iiac administranda j)rovincia sunt suc- frcessuri, imo et ol)testor ac enixe rogo singulos, ut rr utrumque codicem pro suramo ordinis nostri com- ffmodo exacte custodiant, nec deinceps patiantur rapud privatuu) quemquam doctorem vagari, ne f iteruni perdant.') [Commentarii ms. medicinœ Facul- tatis Parisiensis , t. XIII, p. /iC3.)
Gui Patin, Lettres, 3o décembre i65o; édit. Réveillé-Parise. t. II, p. 578.
rfEst etiam observandum, me, initie mei de- ffcanatus, mensis decembris die 20 anni iG5o, re- f cuperasse per amicum , virum optimum , et medicae ff Facultatis Parisiensis amantissimuin . duo codices
ffvetustissiinos ex Cominentariis iioslriu Facultatis, ff quorum primus continet hisloriam rerum nostra- rrrum et acta salulierriniae Facultatis. ab anno 189.^ frexcurreus usquc adannum i435. Secundus est ab ffanno ii35 adannum 1/172. Uterque codex latebat fra multis annis, pluribus qui me praecesserunt de- ff canis incognitus , et plane inauditus. In utroque au- ff tem , multa habentur optinia , scholae nostrœ digni- fftatemet supra alias omnes antiquitatem manifeste ffprobantia atque demonstrantia.n [Coinmentoni me- dicinœ Facultatis Parisiensis, t. XIIl. p. hiVi.)
Riolan, Curieuses recherches sur tes escitoles en médecine de Paris el de Montpellier, additions, p. 1. — Hazon, Eloge historique de ta Faculté de médecine de Paris , p. 20.
I.
7
50 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
Tome XIII i636 à i653 Tome XIX 1728 à 1733
_ XIV iG53ài669 — XX 1733317/16
— XV 166231672 — XXI 17/1631766
— XVI 1672 à 1690 — XXII 1766 à 176/1
— XVII 169031712 — XXIII 176/1 à 1777
— XVIII 171231723 — XXIV 177731786
On lit au verso de la couverture du premier volume : Puis au-dessous :
Apperlum fit ex inventoriis bouormn F3cult3tis duos alios libros hune prœcedentes his teni- poribus «?xtitisse, quorum pluries fit menti 0 sub his veibis : duas papyros antécédentes praesen- lem qu* per decanos acta continenl.
Reneaume, decanus, 1735.
Le second volume porte la note suivante :
Die J^ûTTiîm'co 165^1 recepi ktx.nc
(les comptes rendus devinrent bientôt très-détaillés , et, à partir du xvi'' siècle, les doyens adoptèrent un titre, une forme et des divisions qui subsistèrent à peu près sans changements jusqu'à la Révolution. Voici, au reste, la composition exacte de chacun de ces documents; pour en donner une idée plus complète, nous l'ei'ons suivre chaque litre de quelques lignes choisies dans les dilTérents vo- lumes.
AUXILIUJII MEUM A DOMINO f^*.
COMMENTARIUS
RERUM
IN SALUBERRIMA MEDICIN^E FAGULTATI PARISIENSI
GESTARUM
cum tabulis accepti et impensi. A die decimo quinto mensis novembris anni m.dcc.lvii Ad diem quintmn mensis novembris anni m.dcc.lviii Magistro Joanne Baptista Boyer decano
Cette formule varie fréquemment, et ne se rencontre guère avant le xvn° siècle : les doyens emploient alors indifféremment : rr Gloria in excelsis
irDeo.n — rr Intende in adjutorium meuin, Deus Tsalutis meœ. n — rrUni et Trino,n etc.
Ce titre est moins complet dans les premiers
FACULTÉ DE MÉDECINE. 51
iiCS Commenlaires débutent toujours de la iiièiuc manière. Le premier cliaj)itre n'a pas de titre spécial, et il est invariablement consacré au récit de la séance tenue par les docteurs pour la nomination d'un nouveau doyen. Depuis l'origine de la Faculté, l'époque de cette réunion était fixée au samedi qui suivait la Tous- saint, ffj)rimo sabbatlio ])ost festum Omnium Sanctorum''). La séance était ou- verte par un discours du doyen sortant, qui rendait ensuite compte de sa [gestion.
Voici la formule employée chaque année pour l'entrée en matière :
Anno Domini miilesimo septingentesimo trigesimo quarlo, die sabbati post feslum Omnium Sanctorum sexto novcmbris, Facultas légitime coiivocata luit a Magisiro Tlieodoro Hyacinlho Baron, tune decano, perschedulam ab apparitoribus delatam, decanum et professores electura. Convenere fréquentes in scholas superiores doctores medici, hora décima matutina , post sacrum , more solito . . .
Hugues le Sage, en i33o, fut le premier doyen élu. Jusque-là cette dignité appartenait de droit au plus ancien docteur, usage qui fut conservé par la Faculté de théologie.
NoiVII\A ET COGNOMINA HONORANDORUM MAGISTUORUM BEGEMILM SALUBERRIM^ FACL'LTATIS
MEDICI PARISIENSIS.
Dans l'origine, les doyens se contentaient d'indiquer sous ce titre le nom et le prénom de chaque docteur :
MarcusMyron, medieus regius {Année 1599.)
Plus lard, on y joignit tous les titres auxquels ceux-ci pouvaient prétendre :
Antonius de Jussieu, regiœ scientiarum Academiae, regiarumque Societalum Angliae et l^rus- siœ socius, bolanices in liorto regio Parisiensi prolessor et demonstrator. [Atinée 1783.)
Ludovicus Claudius Bourdelin, Parisinus, antiquus Facullatis deeanus, regiai scientiarum Academiae, regiaeque Societatis Berolinensis socius, in liorto regio chimia; jMofessor, et Gallia- rum principum medicus primarius. [Année 1772.)
DiSPL'TATIOXES QUODLIBETARliE .
Ces Questions ou Thèses qiiodlibétaires précédaient l'examen de licence. Celte épreuve durait, pour chaque candidat, six heures consécutives, de six heures du
volumes. Voici l une des formes les plus usitées : A partir du. siècle, on lit seulement : doc-
rCommentarius eorum quaj acta sunt eo tempore torum.
rrquo magisler .^Igidius Héron, Parisiensis, ex de- Il fut médecin de Henri Ht, et, en cette qua- rfcreto Facultatis decani nnmere functus est. )i — lité, l acconipagna en Pologne. Il mourut le 1" no- Gilles Héron fut doyen de 1600 à 1601, et de vembre 1 608. Quatre de ses ancêtres avaient succes- 1 Go3 à 1 606. sivenient, et pendant près de deux cents ans , rempli Comment, ms. Facult. medicinw Paris. X , 6 1 0. les fonctions de premiers médecins des rois de France.
52 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
matin à midi. Le président de la thèse prenait le premier la parole, et argu- mentait contre le bachelier, qui devait ensuite, de huit à onze heures, répondre à toutes les objections qui lui étaient proposées par neuf docteurs. A onze heures, les examinateurs faisaient au candidat une dernière interrogation qu'ils avaient le droit de choisir en dehors de la thèse; c'est de là que vient le nom de quodlibétaire. Après cette longue séance, si l'épreuve était favorable, le président se levait et prononçait ces mots: «Audivistis, viri clarissimi, quam bene, quam apposite, rcresponderit baccalaureus vester; eum, si placet, tempore et loco commendatum rr habebitis. n
Dès l'année iBgS, il est question de thèses dans les Commentaires; mais ils n'en fournissent les titres qu'à partir de 1676. Elles étaient primitivement in-folio, le format in-quarto fut adopté en 1662. Quelques-unes soulèvent les questions les j)lus étranges. Voici plusieurs exemples curieux :
19 mai i586, thèse de Simon Piètre : An per incantalionesjitcuratio?
19 juillet 1668, thèse de Claude Guérin : An utrum Thobiœ eœ piscis felle curatio naturalis?
i685, thèse de Philippe Hecquet : An, ut virginalis , sic virilitatis, certa indicia?
3o juin 1692, thèse de Cl. Bourdelin : Ex qua parte manaverit aqua quœ pro- fhixit e mortui Ckristi latere perforato lanceœ aculo mucrotie?
Les Commentaires indiquent toujours exactement, outre le sujet de la thèse qnod- libétaire, les noms du président et du candidat :
Die martis k decembris (1577) ' disputavit de quodlibetaria ... M" Nicolaus Marchant, respoii- (lonle Joanne de Gayette, Luietiano, de hac quœstione : Estne fœtus malri quam patri similior'''
Diejovis 17 decembris {1738) , disputavit... de cjuodhbetaria quœstione M" Johannes Baptisia Ludovicus Chomel, respondente baccalaureo M° Francisco Felicitate Cochu, Sangermano in Laya. Quaeslio fuittalis, alïirmative conclusa : An casti rarius œgrotant,facilius curantur?
Qu^STIONES CARDINALITIiE.
Quand le cardinal Guillaume d'Estouteville vint, en i/i52, examiner et ré- former l'Université de Paris, il appela l'attention des professeurs de la Faculté sur l'étude de l'hygiène, qui était encore fort négligée. Il ordonna que les ba- cheliers soutiendraient une thèse sur cette branche importante de l'art médical; et cette épreuve, en souvenir de son fondateur, prit et conserva le nom de Thesis ou Quœstio cardinalitia , Thèse cardinale. Comme la thèse quodlibétaire, celle-ci durait six heures de suite, de six heures du matin à midi. Les Commentaires sont également très-complets à cet égard :
Diejovis marlii (1577), •"''spondit de cardinalitia quœstione M"" Joannes de Gayette, Lu- leliamis, préside D° Gulielnio de la Barre. Quœslio autem erat : yln inp<rncutis, turgente ma- lcria, codent die est purgandtim?
FACULTÉ DE MÉDECINE. 53
Dio jovis 8" apriiis (1765), disputavit ... M" Jacobus Antonius Millet de quœstioiie cardina- litia: An litlcratis vita cœlebs'? et conclusit affirmative. Proponebat Antonius Petit, Aurelianus, a sexta ad nieridieni.
ANTlQUODLlBETARliE QU/ESTIOINES , QU;E VULGO PASTILLARIyK NUNCUPANTUR.
Ces Quœstiones pastillariœ étaient une des épreuves subies par les licenciés qui aspiraient au doctorat. Elles perdirent d'ailleurs beaucoup de leur importance vers le xvn*^ siècle, en proportion de celle qu'acquéraient les Vesperies. Les Com- mentaires indiquent ainsi les Quœstiones pastillariœ :
Die mercurii 91 novembris (157G), disputavit do pastiilaria M" Germanus Courtin, et (juaistionem hanc proposuit candidate : An temperamentum simul cum setnine a générante trans- funditur?
Die martis 27° februarii (1608), disputavit de pastiilaria quaestione M" Micliael Toulain, doctor medicus, qui niedicinae candidato hanc quœstionem proposuit : An hystericis virginibus Venus?
Qu/ËSTIONES IN ACTIBUS VESPERIARUM ET UOCTORATUUM AGITAT^.
La Vesperie précédait de quelques semaines la réception du bonnet de docteur. Le candidat soutenait d'abord sur un point donné une discussion avec deux pro- fesseurs. Le président prononçait ensuite un discours latin destiné à exposer au récipiendaire la dignité et l'importance de la profession qu'il allait embrasser, et la meilleure manière d'en remplir les devoirs :
Die martis 8 januarii (1577), vesperisatus fuit M"' Dominicus Bourgoing, préside D" Au- jjustino Frondebeuf, qui quidem preses hanc candidato quaestionem proposuit : Estne cibus calidior hyeme salutaris?
Die martis 3o° januarii (1601), M" Michael Toutain, licentiatus, respondet de vesperiarum (juœstione, préside M° Nicolao Jabot, qui candidato hanc quœstionem proposuit : An dies nonus criticus ?
QU;ESTIONES MEDICO CHUIURGIC^.
Ces thèses n'apparaissent que fort tard sur les registres de la Faculté. Elles sont d'ailleurs en général indiquées avec autant de soin (jue les précédentes :
Die jovis 11° martii (173^), M" Johannes Baptista Boyer, régis consiliarius, et in Senatu Parisiensi medicus ordinarius, disputavit... de quœstione quodlibelaria chirurgica. Talis fuit (juœstio affirmative propugnata, respondente baccalaureo M° Jacobo Francisco Vandremonde, Landraceno : An Jistulœ ani sectio chirurgica ?
Or\TIO^ES PUBLIC/E.
Le titre indique suffisamment à quelles matièies ce chapitre est consacré. Voici d'ailleurs deux exemples :
U LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Dieu aidant.
M'"" Elie Coi de Vilars, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, conseiller mé- decin ordinaire du Roy en son Châtelet, professeur de chirurgie en langue françoise, ouvrit ses leçons par un discours public, qu'il prononça dimanche 29 novembre lyBS, à 3 heures après midi, et par lequel il prouva que la chirurgie est plus redevable de sa perfection aux anciens qu'aux modernes.
Dieu aidant.
Maître Noël Marie de Gevigland, docteur régent de la Faculté de médecine et professeur de chirurgie en langue françoise, prononça, pour l'ouverture solennelle des écoles de chirurgie, un discours public sur l'origine de la chirurgie, le dimanche 24 novembre 17^^, à li heures et demie a|)rès midi.
Obitus doctorum.
Ce chapitre, qui n'existe malheureusement pas dans les premiers volumes, renferme des documents très-curieux et qu'on chercherait vainement ailleurs. Quelques-unes des notices qu'on y trouve prennent, surtout à partir du xvui^ siècle, toutes les allures d'une petite oraison funèbre :
Die sabbali 3o^ octobris 173^, M" ytlgidius Adam, Constantiensis, hora sesquiseptinia ves- pertina, obiit, morbo abdominis inllammalorio correptus, annum agens /jg"™. Ipsius corpus, maxima comitante doctorum caterva, delatum est ad aedem Deo sacram sub invocatione S" Se- verini, et sepultum est in ejusdem ecclesiœ ossuario. Collega; amicissimo det Deus requiem sem- piternam !
Die jovis 29° septembris anni 1768, vitam cum morte commutavit M. Ludovicus Alexander Viellard, San-Lauda?us ; sacris fontibus ablutus fuerat die 2t° mensis maii anni 171/1, in ecclesia paiochiali Sancli Thoma; San-Laudœi. Repetita per plures continuos dies vasorum pec- loris hœmorrhagia correptus, deinde tussi, febre continua usque ad quinquagesimum diem protracla, pulmonum suppuratione confractus, suam mortem prœsagiens, hanc vidit impa- vidus, ad sanctissima religionis sacramenta pie confugit, sagax etbonae mentis. . . . Postero die, veneris scilicet, tumulo conditum fuit ejus corpus in ecclesia Sancli Eustachii; ipsius funeri interfuit Facultas.
Demonstrationes anatomic^.
OPERA CIIIRURGICA, ET GALENICO CHYMICA [iN AMPHITHEATRO CELEBRATa].
D. A. (')
Jacques-Bénigne Win slow,
docteur régent et ancien professeur de ia Faculté de médecine de Paris, professeur en anatoniie et en chirurgie au Jardin roïal, etc.
Fera pour l'inauguration du nouvel amphithéâtre des écoles de médecine'^' un cours public d'anatomie en langue françoise, et exécutera lui-même la dissection et la démonstration des
Dieu nidaiil. — Voyez pages 27 et 38.
FACULTÉ DE MÉDECINE. 55
parties du corps humain sur un cadavre masculin , comme ii a fait cy-devant dans l'ancien amphi- théâtre.
Il commencera jeudi 18" lévrier 17^5, à. 3 heures après midi précises, dans l'amphi- théâtre des écoles de médecine, rue de la Bucherie, vis-à-vis le petit pont de l'Hôtel-Dieu.
Défenses d'entrer avec cannes et épées.
DIEV AIDANT.
M. François Mery, docteur-régent
de la Faculté de médecine en l'Université de Paris et ancien professeur de chirurgie en langue françoisc ,
Expliquera publiquement, en faveur des étudians en chirurgie, tout ce qui concerne les opérations chirurgicales, et les fera exécuter sur le cadavre d'un homme par M" Antoine Fran- çois Barbault, habile chirurgien juré à Saint-Côme.
Il commencera son cours samedy deuxième décembre 17^1, à deux heures précises après midy.
C'est en i63/i que la chaire de chirurgie fut créée à la Faculté, et Antoine Charpentier fut le pretnier qui Toccupa. Les professeurs, lors de leur nomina- tion, juraient encore de faire leurs leçons ce en robe longue, à grandes manches, trayant le bonnet carré sur la tête, le rabat au cou, et la chausse d'écarlate à (T l'épaule, n
ACTA, COMITIA ET DECRETA FaCULTATIS.
C'est le chapitix' le plus important et aussi le plus détaillé de chaque compte rendu. On y trouve des renseignements précieux sur les relations de la Faculté avec le Gouvernement et avec l'Kglise. Pour être intéressantes, nos citations de- vraient être fort longues; nous ne donnerons que c[uelques lignes, qui sont re- latives aux interminables querelles de la Faculté avec les chirurgiens :
Die jovis 99 mensis novembris (1576), convocatis in scholas superiores doctoribus, ut de refrœnanda chirurgicorum publiée docendi in Academia facultatem sibi concedi postulantium audacia et pervicacitate denuo concilium iniretur. . .
Res gest^ rN Academia Parisiensi.
Chapitre plein d'intérêt, et qui renferme un grand nombre de faits ignorés relatifs à l'histoire de l'Université :
Die lunae 8° mensis augusti anni 1768, convocati sunt deputali Universitatis cum adjunctis apud amplissimum l'ectorem in Grassinœo''', unde processum est ad majores Sorbonœ scholas; ubi, habita prius eleganti et concinna oratione a M. Louvel , prœmia academica distributa fuerunt, praesente illustrissimo Senatu Parisiensi.
Le collège des Grassins.
56 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Die mercurii 7 novembris 1676, habitis apucl Mathurinenses comitiis, ut nonnuUi seli- gerentur ex Academia viri, qui de illius privilegiis atque immunitatibus et reiiquis ad restituendcE Academiae rationem pristinumque illius splendorem ac dignitateni pertinentibus. . . nominati sunt quatuor theologi doctores, fide, integritate, vitae innocentia, authoritate praestantes, acri judicio et singuiari doctrina praediti. . . quorum fidei res tota fuit demandata. . .
Res gest^e apud chirurgos Parisienses.
Chapitre presque exclusivement consacré à l'indication des examens subis par les étudiants en chirurgie :
Diejovis 9 3°septembris (17.33), dictusMaisonneuve,inler chirurgos barbitonsores receptus est. Die venoris h" decembris 1733, dictus Pouchault fdius primo examine tentatus est.
ObSTETRICES MATRONiE EXAMINE IN yEDIBUS SaNCOSMIANIS TENTAT^E ET ADMISSE.
L'instruction des sages-femmes fut très-négligée jusqu'à la seconde moitié du xvui^ siècle. Leurs examens, auxquels on attachait fort peu d'importance, avaient lieu dans la maison Saint -Côme, qui appartenait à l'école de chirurgie. Les Commentaires donnent chaque année la liste des sages-femmes qui ont subi leurs épreuves :
Obstetrices apud barbitonsores chirurgos examinais et ad magisterium admissae. ... decano . . . prœsente, annuente et probante : Die lunœ 8° martii 173/1, dicta Duplessis. . . Die lunae i5 junii (1772), dicla Gaumont. . .
Res GESTiE APUD pharmacop^os Parisienses.
Les pharmaciens étaient soumis à la Faculté et lui payaient une redevance qu'ils venaient individuellement acquitter chaque année. Le jour de leur réception, ils juraient en outre de consentir à laisser, deux fois l'an, visiter leur officine ])ar le doyen, accompagné de quatre régents :
Die 3i augusti (1779), oiTicinas pharmacopœorum perlustravere MM. Le Thieullier decanus, Bercher et Bellot pharmaciae professores, cum duobus doctoribus, concomitantibus pharmaco- pa^orum custodibus.
Die martis 3o° mensis augusti anni 1763, cum duobus pharmaciae professoribus et cum tribus pharmacopaeorum Parisiensium praefectis ... in horto pharmacopaeorum interrogavimus ab hora nona matutina admeridiem , et a tertia vespertina ejusdem diei ad sextam, de utraque pharmacia operationibus. Quibus quidem quœstionibus ubi satisfecit, ipsi designavimus diem mercurii sc- quentem ad confectionem variarum prœparationum.
On voit que les examens subis par les élèves en pharmacie étaient devenus très-sérieux, et roulaient à la fois sur la théorie et sur la pratique.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
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CODEX RATIONARIUS ACCEPTI ET EXPENSI ORDINARIl ET EXTRAORDINARII.
PAHS PRIOR.
TABULA ACCEPTI.
Caput I. — Ex annuo reditii Facultalis(^). Caput h. — A barbitonsoribus chirurgisf^'.
Caput III. — A baccalaureis, in quœstionibus quodiibetariispathologicis; pro stipeudio lec-
torum et registre. Caput IV. — A baccalaureis, in iisdem quœstionibus; pro horto.
Caput V. — A baccalaureis, in iisdem quœstionibus; pro anatomia et schedulis non regis- tratis.
Caput VI. — A medicina; candidatis, antequam ad examen admittantur; pro anatomia. Caput VII. — A medicina; candidatis ad baccalaureatum admissis. Caput VIII. — Ab iisdem, pro sacello et ornamentis.
Caput IX. — A baccalaureis emeritis, antequam ad licentiam admittantur; pro jure bur- sarum.
Caput X. — A baccalaureis emeritis, pro muictis irrogatis.
Caput XI. — A baccalaureis emeritis , pro jure praesentationis et sacello.
Caput XII. — Pro primo licentiae gradu.
Caput XIII. — A licentiatis, pro doctoratu.
Caput XIV. — A licentiatis, pro aulaeorum usu.
Caput XV. — A reliqua pecunia, propter absentiam doclorum'''.
Caput XVI. — A medicinae studiosis, pro jure inscriptionum et sigilli'*'.
PARS POSTERIOR. tabula expensi. Caput I. — Pro rébus et negotiis Facultatis. Caput II. — Pro honorario professorum, ex œre Facultatis. Caput III. — Pro refusionibus Facultatis.
Caput IV. — Pro anatomia, operibus chirurgicis, pbarmaceuticis et cbymicis, in amplii- theatro celebratis.
On lit sur le compte rendu de 1772 : ak ffM° Guillotin , pro annua locatione majorum Fa- Tcultatis aedium, accepit decanus. . .^5o iib.n
'''' On lit dans le compte rendu de i653 :] rrAc- ffcepi a societate tonsorum cbirurgorum , qui debent (fFacultati singulis annis quinque libellas, v lib. fftur. 51
Les docteurs étaient tenus d'assister aux nom- breuses messes que faisait dire la Faculté. Leur présence était constatée par le bedeau, qui remettait à chacun un petit jeton en plomb; ceux-ci étaient échangés , le premier samedi du mois suivant , contre une somme déterminée. Les absences étaient punies
d'une amende , plus tard répartie entre les docteurs qui avaient été présents.
ffA medicinae studiosis, quorum nomina, frpropria eoruni manu, in codice inscriptionum ffscripta sunt : per totum mensis januarii 1768, ffaccepi 564 lib.; mensis martii, 622 lib.; mensis ffmaii, 468 lib. ; mensis octobris , 5.34 lib.n Chaque élève inscrivait, en effet, propria manu, son nom sur un registre ad hoc , et choisissait en même temps deux professeurs qui devaient plus spécialement lui servir de conseillers et de guides. Nous avons retrouvé à la bibliothèque de la Faculté le registre autographe des inscriptions prises de 17583 1774.
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58 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PARIS.
Caput V. — Pro honorario professorum, ex œre Academiae.
Caput VI. — Pro honorario professorum , a rege concesso et a postarum quœstore solvendo'''. Caput VII. — Pro rébus sacris'^'. Caput VIII. — Pro rébus Academiae'^). Caput IX. — Pro Facultatis bibliotheca'*). Caput X. — Pro solvendis annuis pensionibus.
Caput XI. — Pro sumptibus factis occasione baccalaurei qui prœmiuni in concursu con- secutus est.
Nous avons fréquemment cité dans nos notes trois autres précieux manuscrits relatifs aux Commentaires et qui méritent une mention spéciale.
Manuscrit de Pajon.
Nicolas Ellain, dans le compte rendu de son décanat, en 1697, raconte qu'il a l'etrouvé de vieilles chartes relatives à l'histoire de la Faculté. On n'attacha, paraît-il, nulle importance à ces documents, sur lesquels d'ailleurs Ellain ne fournit aucun détail. A la fin du siècle dernier, Pajon de Moncets, ayant ren- contré par hasard ce passage des Commentaires, entreprit des recherches, et dé- couvrit dans la sacristie de l'école un vieux coffre, fermé par quatre serrures; il parvint, non sans peine, à l'ouvrir, et y trouva les curieux parchemins qu'avait mentionnés Nicolas Ellain. C'étaient des titres, des statuts, des règlements, des procès-verbaux et des pièces originales, dont la plus ancienne remontait à l'année 1 3 1 1 . Il réussit à les déchiffrer, et les fit transcrire ensuite avec beaucoup de soin sur un registre in-quarto, que possède aujourd'hui la Faculté. Une seconde copie fut sans doute bientôt jugée nécessaire, car M. Ch. Jourdain nous a dit avoir vu aux Archives de l'Empire un double de ce travail. On comprend tout l'intérêt qu'il présente, puisqu'il peut jusqu'à un certain point remplacer la partie des Commentaires qui a été détruite.
En 1733, les professeurs recevaient : de la Faculté, 90 liv.; de l'Université, 900 liv. ; dure- venu des postes, 3oo liv.
trPro pane sacro in die Paschali, nomine Fa- ffcultatis oblato in ecclesia Sancti Stephania monte,
'fpro cereis et oirertorio, solvit decanus 39 lib.
•ri4 s.n — rrLiulovico Brct, majori Facultatis ap- rfparitori, pro mundatis per annum sacelli linteis, tfpro pane azyme et vino ad missarum celebratio- rrnem per annum snppeditatis, solvit decanus, 37 fflib. 16 s. 1 {Compte rendu de ij63.)
tfDie vi° aprilis (1601), in comitiis apudMa- frthurinenses habilis, in (piibus actum est de ad- r-niittenda resignatione GhristopLori Bois, librarii
ffj urati , in favorem Davidis Doucem-, distribuit ( de- ffcanus) duodecim solides, n On sait que la corpo- ration des libraires faisait partie de l'Université , qui , en 1969, 1975, i393 et i369,lui avait donné des statuts très- détaillés. Les libraires ne pouvaient mettre en vente aucun ouvrage avant qu'il eût été examiné par l'Université, qui en fixait le prix.
(*) rfM" Henrico Jacobo Macquart, bibliothecas ff Facultatis praefecto , pro annua pensione , ut aiunt , ffseu emolumento quod Facultas in honorarium rrlargitur, solvit decanus libellas ter centum.'> — ff Francisco Ludovico Bret, pro data per annum ad rtcurandam bibliothecam opéra, libras quinqua- ffginta. T! {Compte rendu de 1 y 60.)
FACULTÉ DE MÉDECINE. 59 Le volume est divisé en trois parties, qui ont pour titres :
Instrumenta, tum publica tum privala, in arca Facuitatis sctvata, in hoc codicc ordino chro- nologico inscripta, ad rei memoriam, ad anliquorum Facuitatis niedicinai œvorum notitiam inservienda. Ab anno i3ii ad annuin iSgS.
Alia instrumenta de quibus menlio in primo codice Facuitatis, nec non in secundo. Ab anno iBgS ad annum ikki.
Synopsis rerum memorabilium (]u;jl' in omnibus Commentariis medicinœ Facuitatis Parisiensis liabentur, quolquot in manus Nicolaï Ellain ab anno 1822 usque ad annum 1O06, tum vero in nostras venire potuerunt ab eodem anno 1606 ad annum iG'yG.
La première pièce contenue dans ce recueil date donc de i3i 1; elle est inti- tulée : Conquestto qmrulosa oblata ojjiciali Senoneusi a Claricia de Rothomago contra sententiam excommunicalionis ojjîcialis Parisiensis. Les dix pièces suivantes sont également relatives à cette Clarisse, qui exerçait la |)roi"ession de sage-femme.
Manuscrit de Bertiuno.
Tliomas-Bernard Bertrand, qui fut successivement professeur de chirurgie, de pharmacie et de matière médicale, puis doyen en ly/jo, songea de bonne heure à rassembler des matériaux pour l'histoire de la Faculté. Sa première pensée fut de résumer pour lui-même, de la manière la plus claire possible, l'im- niense collection des Commentaires. Ce travail, cjui forme un volume in-folio de k8U feuillets, l'occupa en réalité pendant près de vingt ans.
On lit sur la couvertui-e :
Annales raedici a iSaà, seu de rébus medicis Parisiensibus ad modica' Faculiatis bistoriam pertinentibus descripfis ad lyS^, cuni indice locupletissimo.
Puis au verso :
Inceptum opus januario, peractum cum indice alpbabetico novembii ejusd(Mn annl 1729, a Tlioma Bernardo Bertrand, doct. medico Parisiens!.
Le feuillet de garde porte la note suivante :
Annales niedici ab anno iBa/t ad 1G9G, et ab anno 1696 ad 172^1, ex ipsismet Commen- tariis excerpti, 1798 maio et julio mensibus, sub decanatu M. Geoffroy, decani de Facul- tate optime meriti, addito indice alpbabetico a 182^ ad k novembris 172/i sub decanatu M. Nicolaï Andry, (jui decimum nonum primus cej)it loinum inscribere (^ommentaiiorum Fa- cuitatis medicae Parisiensis. — lidem Annales ab anno i324 ad annum 1780 descripti, 1781 incipiente. — li Annales medici pro medicis rébus Facuitatis commodati decano M" Wartijienq aprili mense 17^17, ab ipsomet mibi redditi sunt 22 octobris 1767. Bcrirand, D. M. P.
8.
60
LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
Synopsis anonyme.
Ce manuscrit, exécuté sur le même plan que celui de Bertrand, est beaucoup plus complet. Il forme un volume in-folio dont les pages ne sont numérotées que jusqu'au folio 621. Il est précédé de deux tables très-détaillées et bien com- prises. Ce manuscrit a certainement été fait par Pajon de Moncets; Hazon, dans trois de ses ouvrages historiques, lui attribue un abrégé des Commentaires, qui ne peut guère être que celui-ci, puisque aucune autre analyse de ce genre n'a jamais été mentionnée. 11 faut cependant ajouter que Hazon cite toujours ce ma- nuscrit comme étant in-quarto, et qu'en outre le nom de Pajon ne se trouve pas une seule fois dans le volume que nous décrivons.
Le feuillet de garde a été arraché; on lit en tête de la première page : Rerum m,emorabilium quœ continenlur in omnibus Commentariis Facidtalis medicinœ Parisiensis ab anno i3a6 exscriplus. On trouve ensuite :
1° La liste des messes et des obits célébrés dans la chapelle de la Faculté;
2° Le rang attribué aux congrégations religieuses et aux corporations dans les processions solennelles de l'Université;
3° Une liste alphabétique des docteurs, licenciés et bacheliers mentionnés dans les Commentaires depuis l'année i635;
La liste des doyens de la Faculté et celle des censeurs de l'Université jusqu'en 1/172;
5'' La tabh^ générale des matières.
Vient ensuite l'analyse des Commentaires, qui est précédée de ce titre : Synopsis rerum memorabilium quœ in omnibus Conwientariis medicinœ Facultatis Parisiensis habentur, quotquol in manus M. Nicolaï Ellain, ab anno i3aâ usque ad annum 1606, tum vero in nostras venire potuerunt ab eodem anno 1606 ad annum usque 16^6, quo decani munere fungebatur M. Morand.
Le 11 octobre 1697, la Faculté avait arrêté de prendre pour insignes trois cigognes portant dans leur bec un rameau d'origan , et pour devise ces mots : Urbi et orW^^K Les trois cigognes figurent sur les deux marques qui se rencon- trent dans les volumes provenant de l'ancienne Faculté de médecine :
Synopsis ms. rerum memorabilium, p. 960. 28 mars i46o, conférait à tous ceux qui avaient — Une bulle du pape Nicolas V, datée de Rome, reçu le grade de licencié dans l'Université de Paris
FACULTÉ DE MÉDECINE. 61
on les retrouve encore, mais cette fois avec la devise de l'Ecole, sur un grand ex libris,
DD DoTn.
qui fut gravé en 1737, mais qui paraît n'avoir été collé que sur un nombre très-restreint de volumes. H existe au commencement et à la fin du catalogue de Baron.
La Faculté adopta ensuite une estampille ovale sans aucun ornement, et qui portait seulement cette inscription ainsi disposée :
FACULTE de MEDECINE
Lors delà reconstitution de l'école en 1799, on fit faire l'estampille actuelle, qui est ovale, très-grande et fort laide, elle représente la tête d'Hip[)ocrate , au- dessous de laquelle on lit : inilOKPATHE. Elle eut d'abord pour légende les
le droit d'exercer et d'enseigner en tout lieu du inonde, sans aucun examen ni autorisation pre'a-
labie ffEx tune, absque exaininatione et ap-
■'probatione publica, vel privala, vel aliquo alio ^novo principio. regendi atque docendi ubique lo-
frcoruin extra civitateni pra'dictani, liberarii babeat
cffacultatem " C'était un despbis reinanpiables
privilèges de l'Université de Paris. (Voyez Riolan, Curieuses recherches sur les escholes en médecine, p. 11 4.)
62 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PABIS.
mois, École de santé de Paris , là frimaire an m, qui furent peu de temps après rem- placés par ceux-ci : Faculté de médecine de Paris.
Comme dans toutes les bibliotliè(|ues de fondation moderne qui ont pu pos- séder de bonne heure une marque gravée, on i-encontre très-rai-ement des ins- criptions manuscrites sur les livres appartenant à la Faculté de médecine de Paris.
FACULTÉ DE MÉDECINE.
63
PRÉFACE DU CATALOGUE DRESSÉ EN 1770 l'An Kdmo^d-Claidk BOURRU"'.
PRyEFATIO.
Hibliolhecarum pretium in libris manuscriptis oiini constitisso apud onines in coiiiesso est : paiilerqiie fatentur rerum Gallicarum scriptores bibliotliecam saluberrima; F'acultatis Parisiensis, hisce teniporibus, rarioribus fuisse instructam istius modi libris qui ad medicinam spectarent. Neque mirum, quod apud viros lilteratissimos reperiretur librorura rarissimorum copia uberior. Nibilominus tainen non putanduni est eam aut numerosissimam fuisse, aut sumptuosissimain, quippe cum saluberrinius Ordo Parisiensis lalis semper fuerit, qui admirationem bominum in se convertere maluerit quam in suppellectilem suam. Tota itaque bibJiotheca medicorum Pari- siensium duodecim circa manuscriptorum numéro includebatur; quorum unusquisque (fatendum est) tanli erat pretii , quanti difficile emi potuisset vel a rege cbristianissimo lune régnante, Ludovico XL Verum qua inala fortuna acciderit, ut nunc agnosci vix queant vetcris illius splen- doris vestigia , animo non capitur, nisi forsan extraneorum subtilitas in subripiendis clanculum et furtive, vei codicibus integris, vel librorum paginis, par fuerit cum incuria eorum quibus tanti thesauri custodia committebatur. Portasse etiam dum inclaruit ars typica sœculo quinde- cimo, brevi e pretio suc amiserunt medicorum manuscripti, abieruntin desuetudinem, lacileque dissipati sunt.
Multum tamen boni publici interesse videbatur, ut alicubi clarissimorum medicorum opéra congererentur, quo pbiliatri ad artem medicam institui facile quirent, magistroruni libros per- legendo, familiarique versando manu. Neque ullus sane huic aptior iocus quam in greniio salu- berrimae Facultatis Parisiensis, cui medicos efformare et ad imaginem suam effingere semper cordi fuit.
Hœc sensit M. Petrus Bonnetus Bourdelot, régis christianissimi medicus primarius, qui anno 1691 medicis Parisiensibus numerosam librorum supellectilem quam ipse collegerat obtulit. (Juo quidem optimi viri beneficio potiri nondum datum fuit, quod quibusdam impensis tueri ne- cessum fuisset. Timebat etenim Facultas saluberrima ne, propter bellum quod tune femporis ma- gnopere sœviebat, subsidiis vexaretur, si quibusdam sumptibus minus necessariis mentiretur, ut ita dicam, divitias. Causamrecusationis intelligens M. Bourdelot, non satis laudanda largitate, ex suo œre et suismetipsis denariis bibliothecam quam ofl'erebat locavit. Ast eheu, quœnam sunt rerum humanarum vices! Dum nemo bujusce bibliothecœ curam gerit, inde brevi evanuit, jamque ex ea vix quidquam superest, nisi nomen collatoris munificentissimi.
Ab anno itaque 1783, nostrœ bibliotheca) repetenda est origo. Nempe M. Franciscus Picoté de Belestre, vir litteratissimus et pretiosissima librorum collectione dives, divitias hasce litte- rarias, auro cariores, viro consultissimo M. Claudio Joseplio Prévost, in Senatu Parisiensi cau- sarum palrono, amico suo, dum viveret, fidelissimo, legavit, ut in Academia Parisiensi lillera- torum usui consecraretur. Qui quidem M. Prévost commissam fidei suœ bibliotliecam Facultati medicinœ concessit, juxta decretum latum die k julii 1783, M. Hyacintbo Tbeodoro Baron pâtre decano. Libris M. de Belestre accessere, curis ejusdem M. Prévost, libri D. viduœ Amelot.
Huicce librorum collectioni ex liberalitate M. Philippi Hecquet, antiqui Facultatis decani,
Bibliothèque de la Faculté de médecine, manuscrits. Voyez ci-dessus, p. Ixli.
64 LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
adjuncta est nova iibrorum copia ex ejusdem bibliotheca deprompta. Nostram demum biblio- thecam pauiatim adauxerunt libri numéro multi, iegati aut donati a MM. Elia Col de Vilars, Hel- vetius, Jaques, Reneaume, caeterisque doctoribus qui opéra sua typis demandata ut plurimum in Facultatis bibliotheca reponi curant, unde huic quotannis novae fieri possunt, et rêvera fiunt accessiones.
Verum, ut novis deprœdationibus nuUus deinceps daretur locus, Facultas saluberrima unum e suis doctoribus bibliothecae in posterum prœfecturum fore decrevit anno 1787, M. Ludovico Claudio Bourdelin decano : qui doctor in biennium solummodo eligitur, quo perfectissima inter omnes doctores servetur œqualitas. Ut autem tôt et tantse collegarum liberalitates in publicum cédèrent commodum, publici juris factae fuerunt, M. Josepho Guillelmo de l'Epine decano, anno 17/16; statuitque insuper Facultas saluberrima, ut bibliotheca sua litteratis ac philiatris pateret omnibus, diebus jovis totius anni academici, scilicet à die ik septembris ad diem 29 junii, cum facili Iibrorum communicatione.
Inter tôt libros, multi sunt rari, quidam rariores, alii demum rarissimi. E postremorum nu- méro sunt Thèses in saluberrima Facultate Parisiensi propugnatae, quarum coUectio servatur in bibliotheca ab anno iSSg ad nostra usque tempora, nec alibi reperiunda. Cui pretiosissimae coHectioni servandœ ita providit Facultas, ut, decreto 18 octobris 1753, tulerit nemini unquam commissuram fore uHam partem hujusce collectionis , nisi in œdibus ipsis bibliothecae dicatis et praesente bibliothecae praefecto. Quod utinam idem etiam valeret decretum quoad raros et rariores !
Denique cum his nuperrimis annis consliterit multos doctores , incuria videlicet, crédites ipsis bibliothecae libros apud se retinere per longissimum tempus, decrevit saluberrimus Ordo, die 1 6 junii 1770, hosce doctores mulctandos fore , atque in posterum emolumenta iis débita persol- vere pœnes decanun» non fore, usque dum commissos ipsis libros in manus bibliothecae praefecti reponerent.
Dum bibliothecae Catalogum instauro, non potui temperare mihi quia haec omnia cum ad historiam bibliothecae, tum ad praefecti Iibrorum obligationes spectantia non reticerem, ut, si quae instituti jam ordinis perturbatio deinceps irrepat, haec potius redundet in praefectum biblio- thecae quam in Ordinem saluberrimum. Nunc vero paucissima subjungam quae ad distributionem praesentis Catalogi attingunt.
Hicce Catalogus digeritur juxta ordinem authorum alphabeticum; qui ordo et optimus et facil- limus omnium foret, nisi in eo sequendo plurima bibliographis crucem figèrent. Adeo certum est nullam esse methodum quae ab omni parte bona dici queat. Inter authores numéro pene dicam infinités, multi sunt qui nullo, multi qui falso seu potius ficto, multi denique qui simili nomine litteratis quotidie illudunt. Sed et alii sunt non pauci qui, mala impulsi libidine, pa- truorum nomina latino vel graeco verlere idiomate ausi fuerunt, unde novae creantur bibliographe molestiai. Hinc liquet quam malefido gressu ineunda mihi fuerit semita, et vepribus hispida, et syrtibus lubriea, et scopulis aspera : citoque citius manum de Tabula, nisi pluries me edocuisset experientia a labore improbo omnia vinci posse. Itaque insudavi per solidum fere annum et in detegendis anonymorum , et in reformandis pseudonymorum , et in distinguendis homonymorum nominibus. Non is tamen sum, fateor, qui omnis oppido erroris immunem me prestitisse putem; opus inchoavi quod fortasse caeteri perficient. Verum si alicujus rei insimulandus sim in hac parte, cuncla tamen ita disponi curavi, ut ex lapsibus meis nullum nasci queat incommodum. Sic errores si non onmino tollantur, saltem minuentur : necmihiprobro,sed l'ragilitati humanae vertentur.
Aulhores omnes appellandos secundum linguam cujusque vernaculam primo decreveram, se- positis illis graecis et latinis ({uas induerant larvis. Verum exinde plus detrimenti quam emolu-
FACdLTK DK MKDECINK. 65
menti uasciliirmii hicvi aiiiiiio (((iicepi , ciiin iiotiora siiil iioiiiiiia Campanellau v. jf. qiiam Thoiiia' (llocliellc; Pordiilcis, (|iiaiii Hai llioloinœi Ponloux; Scaligeri , (jiiatn .lulii vel Joseplii (II' rEclicHc, elc. Idcirco lioniin omnium nomiiia sorvavi, sivc mutuaronlur a jfiœcis, sive a latinis. Non idcn» l'nil do authoribus pscudonvmis : hos appeilavi et secundum nomina tictitia et secundiim nomina vora. Homonymos distinxi, nomina cognominibus adjiciendo, ut iiutlus sil errori locns. Tandom anonymos (piorum nomina expiscari non polui, ordinavi juxta mate- riarum ordinem.
II.
9
FdC-simile hëliographique.
Plan de LacaïUe ( 1714 ).
COLLÈGE DE TOURS.
Révérend Père en Dieu Stephamis de Burgolio, Etienne de Rourgueil, archevêque de Tours, acheta en i333 une maison dans la rue Serpente, y ajouta une cha- pelle et y installa un collège*'', dont les écoliers devaient tous être originaires de la Touraine'-l Ce petit établissement eut aussitôt un commencement de biblio- thèque. Nous voyons en effet, dans les Statuts qui lui furent donnés, que le prin- cipal était tenu de faire dresser l'inventaire de tous les livres appartenant au col- lège; ceux-ci devaient être enchaînés dans la bibliothèque et ne pouvaient sortir delà maison sous aucun prétexte*^'. Constatons encore que, d'après les mêmes Statuts, chaque chambre était partagée entre deux écoliers, et que l'on confiait une Rible au plus ancien des deux'*'.
Ce collège fut, en 1768, réuni à l'Université.
Dnboulav, Historia Universitatis Parislensis, t. IV, p. -2^0.
J. Dubreul, Théâtre des nntiquitez de Paris, p. 5i8.
rr Item, ordinamus qiiod de omnibus li-
(rbris, ornamentis ecclesiae, ustensilibus et aliis n- rébus dictœ domus in eadem existentibus, fiât in- (fventarium.
"Item, nullus mittat ustensiba et vasa extra
'rdonumi, neque libres, abqua ratione vel causa.... r'Omnesque iibri collegii incathenentur in iibraria, fut nieiius conserventur. 1
"Item, dictus prineipalis caméras assignabit "Scolaril)us, prout sibi melius videbitur faciendum. ffErunlque duo in uno cul)iculo, et anliquior re- "ceptus babebit bibliotbecam in suo cubiculo exis- "tentein.-î (FéHbien, Hisloirc de Paris, t. III, [). 690 et 62 1 .)
9-
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Fac iimile héliograrhique.
PUn de Jouvin, de Hochefort ( 1676 ).
COLLÈGE D'AUTLN.
Ce collège doit son origine à Pierre Bertrand, qui fut successivement conseiller au Parlement de Paris, chanceliei- de Jeanne de Bourgogne, évèque de Nevers, puis d'Autun, et cardinal. Il possédait entre la rue Saint-André-des-Arts et la rue de l'Hirondelle une maison que, dès l'année iBSy, il eut l'idée de convertir en collège. Ce généreux projet fut réalisé quatre ans après''); le cardinal avait alors acquis plusieurs propriétés contiguës à sa demeure primitive, et il les attribua également à l'établissement qu'il créait. Les Statuts qu'il lui donna datent de la même année; un des articles, le vingt-troisième, était consacré à la biblio- thèque, et les termes dans lesquels il est conçu prouvent que le collège possédai! déjà des livres, et que le fondateur attachait un grand prix à cette petite collec- tion : rr J'ordonne, dit-iï, je règle, j'arrête et je prescris que tous les livres pos- rsédés par les boursiers, et tous ceux qu'ils posséderont à l'avenir, seront déposés fret conservés dans la bibliothèque de la maison; ils n'en pourront sortir sous f aucun prétexte, ni être prêtés à personne i^
Le neveu de Pierre Bertrand, Pierre du Colombier, qui fut évêque d'Arras et cardinal , s'intéressa vivement à cette fondation et lui fit d'importantes lil)éralités.
.Taillot. Ilcclicirlirs crilicjiicf; , Instori'jues rt to- pograpliiqucs sur Pai is , quartier Saint- Aiidré-des- Arcs, p. 1 3.
^' rFrœcipio (}uo(jiie. dis|)on() ac nrdino et sla- rrtiio quoil omnes iihri cloimis ejiisdem, qiios lia-
■'bent el liabel)nnt in poslei'iini, ciisloiliaiitur et rrteneanliir iii lihrarin doimis ipsiiis, iiec e\ti'a rrdomuin eamdein qtioquomodo poiianliir, vel alicui -commodenlur. - (Archives de I Kiiipire, série M, carton n" 8o.)
TO LES ANCIENNES BIBLIOTHÈQUES DE PARIS.
Un peu pins tard, le président Oudard de Moulins, mort en 1898, lui légua une somme assez considérable ''l Ni l'un ni l'autre ne semblent lui avoir laissé de livres, et pourtant, à la fin du xv'= siècle, ce petit collège possédait une des biblio- thèques les plus nombreuses et les mieux organisées de Paris; la salle qui lui était affectée était garnie de dix tables doubles, de chaque côté desquelles on pouvait s'asseoir, et qui étaient couvertes de livres enchaînés. La liste de ceux-ci est com- prise dans l'inventaire de tous les biens meubles du collège, qui fut dressé en juillet 1/162 par deux conseillers du roi, et qui est aujourd'hui conservé aux Archives de l'Empire. Il a pour titre ^'^^ :
J. Dubreul, Tliealre ries antiquitez de Paris, p. 626.
Iiii'cntfiire des biens meubles trouvez en l'oslel du colttCfijC d'Aiislun, près Saint André des Ars à Paris. Commancé à faire par nous Jehan Gouge et Guillaume de Vie , conseillers du Roy notre sire en sa court de Parlement et conniissaires en ceste partie, les xxix' et xA-x' jours du mo/js de Juillet, l'an mil quatre cens soixante cl deux. Et icellui avons parachevé, ainsi qu'il appert par la conlinuacion dudit Inventaire, les
x' et ai' jours du inoijs d'Aoust enssuivant, audtlan mil cccc LAU.
ffEt premièrement est assavoir que, en la iibrai- rrrie diidil coliiége, a dix bancs doubles, à se seoir (T d'une pari et d'autre, et ung poupitre; esquelz fr bancs et poupitre ont esté trouvez encbaisnez fries livres qui s'ensuyvent, qui sont intitulez sur ff la couverture d'iceulx. Desquelx le premier s'en- f'suit. » (Arcliives de l'Empire, série M, carton n° 80.)
COLLEGE D'AUTUN. 71
Immédiatement après, suit, en ces termes, le catalop,ue de la collection du collège
Questiones libri Pliisicorum Alberti de Saxonia Comiiiançant ou second fiieillel (ricelhii : Accipitur, '5 et finissant ou penuitiine : trPost remissioneni. n
Item. Liber dictarum universalinni. Commaiiçant ou deuxiesme fueillet : ffEl nature, n et finissant ou penuilime : tfSuniendi.'i
Item. Egidius super libro de Anima'^'. Commançant ou deuxiesme l'ueillet: r-Ad evidenriain et finissant ou j)eniiltiine : rrinformavit. r
Item. Textus Etbicorum Commançant ou deuxiesme fueillet : rPecudum,n et finissant ou penuitiine : trNon habet for. ii
Item. Priscianus minor^^'. Commançant ou deuxiesme fueillet : frVersum,ii et iinissant on penultime : trVero Vi.n
item. Tbomas super posterioruiu et de Anima Commançant ou deuxiesme fueillet : -r Vidua- rccionis,T7 et finissant ou penultime : ffEst levos.-n
Item. Philosophie Aristotilice. Commançant ou deuxiesme fueillet : trDictis,ii et finissant ou penultime: r Corporels."
Item. Grecismus glosatus C*. Commançant ou deuxiesme fueillet ou texte : ffCum Igitur, ii et finissant ou penultime : rrQuerit. ^
Item. Textus Logices Orguani. Commançant ou deuxiesme fueillet : frObmissis,n et finissant ou penultime : ^De dilTinita.n
Item. Textus Logices et textus Etbicorum Commançant ou deuxiesme fueillet : 'fOmissis," et finissant ou penultime : rrMinor extremitas. t) (Non reperitur.)
Item. Albertus super libro Thopicorum Commançant ou deuxiesme fueillet : tcEum nietite," et finissant ou penultime : «Dici at.n (Non reperitur.)
Item. Priscianus minor. Commançant ou deuxiesme fueillet : tr Super astra valis ymago,ii et finissant au penultime : «Ejusdem.»
Item. Textus Aristotilis. Commançant ou deuxiesme fueillet: ffPrimorum sunt,ii et finissant ou penultime : 'fSepe.ii
Prima banca dupla a parte cappelle.
Primo. Questiones super primum librum Sententiarum Incipiens in secundo folio : tf Taxa, 75 et finiens in penultimo : «Eis.T) (Non reperitur.)
Cet inventaire a été déjà publié, mais avec de très-nombreuses variantes, par M. H. Cocheris, dans son excellente édition de YHistoire du Diocèse de Paris, de l'abbé Lebeuf, t. III, p. agi.
Commentaire, encore inédit, sur la Physique d'Aristole , par le dominicain Albert de Saxe.
Gilles Colonna, dit Gilles de Rome [Mgidius Rouianiis) , général de l'ordre des Dominicains. Un commentaire sur le traité De anima d'Arislote a été imprimé à Pavie, ligi, in-folio.
Le sixième livre de VElhique d'Aristote.
On appelait ainsi le recueil des traités les plus élémentaires du grammairien Priscien. Ils ont été réimprimés à Leyde, sous ce titre : Opéra minora.
Conniientaire de saint Thomas d'Aquin sur deux ouvrages d'Aristote.
Grœcismus , de fguris et octo partihns or ado- nis, sire grammaticœ regulœ versilnis lalinis expli- calœ, par le grammairien flamand Ebrard de Bé- thune. Cet ouvrage, alors très-répandu, et dont on rencontre de nombreuses copies, a été imprimé en 1487.
La Logique et YEtliiqve d'Aristote.
Commentaire d'Albert le Grand sur les To- piques d'Aristole; ils sont ordinairement divisés en huit livres.
Sur les Sentences de Pierre fjombard et leurs commentateurs, voyez t. I, p. 1 G et 17.
72 LES ANCIENNES BIBLIOTHEQUES DE PABIS.
lloii). Concordaiicic Biblie Incipiens in secundo folio : (-Ose,ii et finiens in penuitimo: " Infères.
Item. Quidem textus Inslitute sine glosa Incipiens in secundo folio : c'Justicia,-n et finiens in penuitimo : rDe falsis."
Item. Quidem liber de Actibus proplietarum. Incipiens in secundo folio : rrMiclii,w et finiens in penuitimo : tfJuda.ii
Item. Historia scolastica Incipiens in secundo folio : tcTantum,îi et finiens in penuitimo : "Besijjnans.n
Item. Liber Job. Incipiens in secundo folio : tr Maxime," et finiens in penuitimo : rfNon r vincit. ri
Item. Epistole Pauli. Incipiens in secundo folio : «Miror, " et finiens in penuitimo : -f Au- " le m.
Item. Actus Apostolorum. Incipiens in secundo folio : frDei,'5 et finiens in penuitimo : r Amen. r>
Item. Psalterium glosatum. Incipiens in secundo folio : tr AImos,T> et finiens iu penuitimo : Cornu,
Item. Sernio beati Augustini. Incipiens in secundo folio : trLacius,5i et finiens in penuitimo : " In medio. ^
Item. Aliud Psalterium. Incipiens in secundo folio : rrBono in se,n et finiens in penuitimo : tt Cylliara. -n
Item. Invenlorium Siruigie Incipiens in secundo folio : rr01ivaria,n et finiens in penui- timo : crScropliuIatus.li
Item. Textus Sentenciarum. Incipiens in secundo folio : (rSed,ii et finiens in penuitimo : tr Cul. n
Item. Gesselinus de'^'... Incipiens in secundo folio : trQuo casu," et finiens in penuitimo : Petite, n
Item. Liber intitulatus Aqua super Lucam. Incipiens in secundo folio : ffBend ,11 et finiens in penuitimo : f Universum.n
Item. Tabula Pliisicorum. Incipiens in secundo folio : Colores, n et finiens in penuitimo : •• Credunt. n
Item. Liber Hisloriarum scolasticarum. Incipiens in secundo folio : ff Posteriora , n et finiens in penuitimo : ftNavis.n
Item. Tractatus de Jurisdictione temporali et ecclesiastica Pétri Bertrandi in papiro. Inci- |)iens in secundo folio : fflnfersunt,n et finiens in penuitimo : rfPerlinet ad.n
SëCUNDA 15ANCA DUPLA.
S'en suyvent les livbes trouvez ou second banc double
ENSUYVANT.
Primo. Ung livre appelle Prima pars Apparatus super Sexto et Clementinis domini Pelri
Voyez l. I, p. 17, note 10.
Les Inslilutes de Justinien.
Voyez t. I, p. 17, note 9.
Inventariuin partis chtrmgicalis medicinœ , par Gui de Cliauliac. iinj)riin(' pour la pi'eniière l'ois en 1^90.
Il y a eu ici au mot oublié. On a sans doute voulu désiyuer Genseliniis ou Gancelinus de Gas- sanhis, célèbre jurisconsulte, qui fut chanoine de Béziers et professeur à Toulouse et à Montpellier.
Par le cardinal Pierre Bertrand, fondateur du collège. Get ouvrage a e'té imprimé.
COLLEGE D'AUTUN. 73
Berlrandi Coiniuaiirant ou dcuxiesiue fuoillet : rrDiclis,ri et finissaiil ou peiuilliuio : r-Ex rroventu.^
Item. Tercia pars Apparatus domini Pétri Bertrandi super Sexto et Cleineutini.s. Coniiiiançant ou deuxiesine fueillot : rfOmnino in tex,r> et finissant ou penultimc : rfDoniinus.n
Item. Apparatus doinini Matliei super Clementinis et Paulus de Lazaris'"^'. Commançant ou deuxiesine fueillet : 'fTas,ii et finissant ou penultime : ffEi.» (Non reperitur.)
Item. Digeste vieil. Commançant ou deuxiesine fueillet du texte : tcEis,Ti et Unissant ou pe- nultime : tfEssent. ^
Item. Ung livre appelle Azo'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet: rtlla,^ et finissant ou penullime : ft Valebit. v
Item. La Digeste vieille sans glose. Commançant ou deuxiesme fueillet : «De marati,T5 et finissant ou penultime : frDoiiaverit. 11
Item. La Digeste nove. Commançant ou deuxiesme fueillet : rrScripsit,:^ et finissant ou penul- time : frEst. n
Item. Parvum volumen super Jure civili. Commançant ou deuxiesme fueillet : trLaborc,'' et finissant ou penultime : rrSacris.Ti
Item. La Digeste vieille. Commançant ou deuxiesme fueillet : f^Non vis,T) et finissant ou pe- nultime : ffDi.n (Non reperitur.)
Item. La Digeste nove. Commançant ou deuxiesme fueillet : «Paulus," et finissant ou penul- time : fQuod.ii
Item. Lectura'^' Chini super C.'^'. Commançant ou deuxiesme fueillet: rrNitur, n et finissant ou penultime : r- Ypotliecam.i
Item. Lne Inforsade Commançant ou deuxiesme feuillet : ttSunt,fl et finissant ou penul- lime : rr Probant.